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  • : Ce blog a pour ambition de décrire nos balades à travers la Planète, nos vacances snorkeling, mais aussi et surtout, la vie en Guyane (petites histoires, monuments, faune et flore) ...
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22 février 2016 1 22 /02 /février /2016 11:09

La Pirogue du rond-point Café ou l'Arche de bienvenue à Kourou est l'œuvre du sculpteur Philippe Blaudeau que j'avais malencontreusement attribué dans la première version de cet article à Jean-Luc Plé. En effet ce dernier a déjà réalisé plusieurs  ronds-points dans notre région. Il faut dire que Philippe Blaudeau travaillait pour J-L Plé et que sa technique est la même : la mousse de polyuréthane (finition, stratification, et peinture  ... ). Vous pouvez découvrir le site internet de Philippe Blaudeau en cliquant "ICI".

La pirogue du rond-point Café a été inaugurée le 21 mai 2015 par le maire de Kourou, François Ringuet, en présence de la délégation de la communauté des villes Ariane, du maire de Macapà (Brésil), présent à Kourou dans le cadre d'un rapprochement touristique et technologique entre les deux villes, du directeur du Centre Spatial Guyanais, Bernard Chemoul, du directeur d'Arianespace Kourou, Patrick Loire, et du chef du bureau de l'Agence Spatiale Européenne. Le CNES/CSG est en effet le principal contributeur de cette œuvre très colorée dont le coût, à en croire la presse de Guyane, est de 145.000 €.

 

La pirogue du rond-point Café à Kourou (Guyane)

Ce décor symbolise la fraternité et le mélange des cultures, selon la municipalité de Kourou. Il fait très directement référence à la nation arc-en-ciel inventée par Desmond Tutu, archevêque anglican qui voulait construire en Afrique du Sud une société multiculturelle. Cette notion sera reprise et souhaitée par Nelson Mandela, premier président noir d'Afrique du Sud.

Le décollage du lanceur Ariane 5 avec l'éjection de ses gaz met en avant le développement économique principal de la ville à travers les activités spatiales, alors que les quatre rameurs représentent les différentes populations de la société kouroucienne : un bushinengué, un créole, un amérindien et un métropolitain.

On peut y voir aussi le symbole de la solidarité des différentes communautés de la ville qui se retrouvent embarquées dans le même "bateau" et qui rament dans la même direction. La pirogue peut aussi faire allusion à la manifestation des Maîtres de la pagaie qui se déroule chaque année sur le lac Bois Chaudat à Kourou. Cette course de pirogues qui rassemble des équipes masculines et féminines de toutes les communautés constitue un évènement sportif très attendu.

Si l'arche de bienvenue porte effectivement les couleurs de l'arc-en-ciel, certains y ont vu les couleurs du drapeau de la communauté lesbienne et gay. D'autres n'aiment pas du tout cette sculpture monumentale, haute en couleur, qu'ils qualifient de kitch ...

Ce rond-point Café, situé à quelques centaines de mètres du pont de Kourou, dessert les routes de Cayenne, de Saint-Laurent du Maroni et bien évidemment de Kourou. Son nom vient de la montagne (mont) du même nom qui surplombe ce giratoire.

La pirogue du rond-point Café à Kourou (Guyane)

Malheureusement et ce, depuis son inauguration en mai 2015, ce décor a fait les frais de plusieurs actes de vandalisme. Décidément, l'arche colorée de bienvenue à Kourou semble ne pas plaire à quelques uns ...

Peu après l'installation, le personnage métropolitain dans la pirogue s'était fait voler sa pagaie durant le week-end suivant l'inauguration. Quelques jours après, dans la nuit du 2 au 3 juin 2015, c'est l'amérindien qui avait disparu de la pirogue. Il fut retrouvé le même jour sur la route du Dégrad Saramaca.

En début de cette année 2016, tous les rameurs ont disparu et la pirogue est sur la point de couler. Il ne s'agit plus cette fois de vandalisme, mais d'une voiture arrivant de la route de Saint Laurent du Maroni et qui est allé tout droit dans le décor (voir la photo ci-dessous). Le conducteur qui avait perdu le contrôle de son véhicule dans la nuit du 10 au 11 janvier, a été légèrement blessé. La pirogue, les rameurs et les gaz d'Ariane 5 ont été endommagés.

La mairie a récupéré les personnages en attendant une coûteuse réparation de cette sculpture monumentale. Aux dernières nouvelles, il semble que ce sont les assurances qui prendront les frais de réparation à leur compte.

Tout a été réparé en ce mois de juin 2016 !

La pirogue du rond-point Café à Kourou (Guyane)

L'arche de bienvenue de Kourou a été réparée courant juin 2016 (Cf. photo ci-dessous)

La pirogue du rond-point Café à Kourou (Guyane)

Sources :

Sites internet (France-Guyane / Guyaweb / Ville de Kourou Facebook / JIK Infos).

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Rédigé et publié par Phil - dans Vie en Guyane
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17 février 2016 3 17 /02 /février /2016 09:40

Dans le cadre du déroulement du Festival des arts et de la culture amazonien qui s'est tenu à Cayenne du 9 juin au 10 juillet 2015, a été inauguré ce premier jour en soirée par Mme Phinera-Horth, maire de la ville, et en présence des représentants des corps constitués, le Cercle des Esclaves, place du Coq à Cayenne.

Le Cercle des esclaves est un monument réalisé par l'artiste guyanais Guy Benth, et représente une spirale symbolisant la vie, le temps, la résistance, les luttes, le marronnage, et la résilience. C'est aussi sur la place du Coq que se trouve le monument aux morts de la ville de Cayenne.

Cette place a changé plusieurs fois de nom depuis la création de la ville de Cayenne au XVII° siècle. Elle s'est appelée successivement place du Port au début du XVIII° siècle à l'époque où la ville était entourée de fortifications, puis au milieu du XIX° siècle, place du Marché, et depuis l'installation du monument aux morts en 1920, place du Coq. Celui-ci est en effet surmonté d'un coq gaulois tout à son sommet.

Depuis l'établissement de la traite atlantique au XVII° siècle, les navires négriers, comme ils étaient appelés, déchargeaient en Guyane leurs cargaisons composées de noirs africains sur cette place du Port de Cayenne afin d'y être vendus. Les esclaves étaient transférés depuis ces navires sur la terre ferme en canot car il n' y avait alors pas de quai.

Le Cercle des esclaves, place du coq à Cayenne

Il n'y avait, jusqu'à très récemment, quasiment pas de monuments dans l'Île de Cayenne, et même en Guyane, pour rappeler la douloureuse époque de l'esclavage, contrairement à d'autres anciennes colonies françaises. Il existe bien quelques lieux de mémoire, mais on ne parle ici que des monuments. Outre ce Cercle des esclaves, on peut donc citer :

- La Statue de Victor Schoelcher et du jeune esclave, élevée sur la place Victor Hugo en 1896-1897 à Cayenne par le sculpteur Etienne-Louis Barrias. Ce n'est que plus tard que cette place prendra le nom de V. Schoelcher. Le côté paternaliste de cette statue, qui était de mise à la fin du XIX° siècle, a aujourd'hui ses détracteurs car elle fait abstraction de la lutte des esclaves eux-mêmes pour leur liberté. Tout cela est vrai mais il s'agissait sans-doute, à l'époque, de valoriser le rôle primordial de V. Schoelcher dans la seconde abolition de l'esclavage. Cette statue, inaugurée le 14 juillet 1897, est classée monument historique par arrêté du 9 mars 1999.

- La Statue des Marrons de la Liberté, au rond-point Adélaïde Tablon à Remire-Montjoly, a été inaugurée le 10 juin 2008. Elle est l'œuvre de Lobie Cognac, un artiste guyanais sculpteur et peintre. Lui-même bushinengué, il a baptisé son œuvre "Fiiman" qui signifie homme libre en langue nenge-tongo. Cette statue rend hommage aux esclaves qui entrèrent en résistance, et se libérèrent eux-mêmes en s'enfuyant des habitations pour fonder de petites communautés dans la forêt.

- Le Monument des chaînes brisées, érigé en mémoire aux victimes de l'esclavage et de la traite négrière à Cayenne, est situé au bout du boulevard Mandela, côté mer, sur l'ex-place Marchoux, aujourd'hui rebaptisée place des chaînes brisées. Inauguré le 9 décembre 2011, ce monument est l'œuvre de Jean-Luc Plé, surtout connu pour ses ronds-points en métropole, mais aussi en Guyane (cliquez "ICI").

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5 février 2016 5 05 /02 /février /2016 08:36

Le premier hydravion amerrit à Cayenne le 12 octobre 1919, dans l'Anse derrière le Palais du gouvernement, en provenance de Saint Laurent du Maroni, devant une foule enthousiaste. Outre le pilote, ce vol inaugural de deux heures était le premier de la nouvelle société des Transports Aériens Guyanais transportant trois passagers. Un premier vol d'une heure avait bien été effectué quelques jours plus tôt le 5 octobre 1919 au-dessus du fleuve Maroni à Saint Laurent par le pilote Bourillon.

Créé en juin 1919 par le Capitaine de frégate Dutertre, la société anonyme des Transports Aériens Guyanais avait son siège social au n° 13 de la rue Notre-Dame des Victoire à Paris, et son site d'exploitation à Saint Laurent du Maroni. C'est avec l'appui du gouverneur de la Guyane, M. Henri Lejeune, du ministre des colonies et du Conseil général de Guyane, que cette initiative avait pu aboutir.

Localement à Saint Laurent du Maroni, le Capitaine Dutertre et son assistant le Lieutenant de vaisseau Poulalion trouveront un appui en la personne du directeur de l'administration pénitenciaire, M. Herménégilde Tell, qui les aidera à trouver un terrain dans cette commune pénitentiaire, deuxième ville de Guyane. Il les épaulera notamment à monter, à partir de juillet 1919, un premier grand carbet pour abriter les hydravions et construire un slip de hissage puis, par la suite, des hangars en leur fournissant de la main d'œuvre constituée de forçats libérés ou en cours de peine, notamment des malgaches. Charles Dutertre devra également aménager les deux autres sites pour ses hydravions, l'un à la pointe Macouria à Cayenne et l'autre, au confluent de l'Inini et du Maroni.

Comme le Capitaine de frégate Dutertre, tous les pilotes, mais aussi nombre de mécaniciens de la société des Transports Aériens Guyanais, étaient issus majoritairement de l'armée et avaient fait en totalité ou en partie la guerre 14-18. Ils se nommaient Bourillon, Nègre, Corouge, Petit, Duramon, Réjon, Dubourg ...

Les premiers hydravions étaient des George Levy, et plus particulièrement des Levy Le Pen avec des moteurs de 220 CV, provenant de la liquidation des stocks de guerre, puis des Breguet 14 T bis à flotteurs dotés de moteurs 300 HP Renault, à coque en métal, spécialement aménagés pour cette nouvelle société guyanaise de transport aérien.

L'éphémère compagnie des Transports Aériens Guyanais (1919 - 1922)

Société anonyme au capital de 600.000 francs, la société des Transports Aériens Guyanais avait à ses débuts cinq pilotes et cinq hydravions. L'objectif officiel était "l'exploitation des lignes de pénétration à l'intérieur de la Guyane de façon à permette la mise en valeur d'un territoire extrêmement riche tant en métaux et pierres précieuses qu'en bois rares et essences de toutes sortes ...".

Aidé financièrement tant localement que par l'Etat, le Directeur-délégué Charles Dutertre, fondateur de la société, s'était expliqué en adressant un courrier au journal La Lanterne du 20 mars 1921 qui l'avait précédemment attaqué sur le montant des subventions reçues par cette société et qui dépassait largement son capital. Le sous-titre de l'article paru le 10 mars 1921 précisait : " L'Etat est généreux avec une société qu'administre M. Galmot". Ce journal politique parisien relayait un article de l'hebdomadaire le Petit Guyanais qui parlait alors de scandale en s'interrogeant sur le montant et l'utilisation de ces subventions et le rôle joué par le député de la Guyane Jean Galmot. Ce dernier, lui-même pilote d'avion, avait investi dans cette société aérienne sur laquelle il portait beaucoup d'espoir.

Dans sa réponse, Charles Dutertre en détaillait le montant exact : le total, soit 675.000 francs, portait sur les deux années 1919 et 1920, à hauteur chaque année de 30.000 francs votés par le Conseil général de la Guyane, et de 300.000 francs émanant du sous-secrétariat de l'aéronautique. Les 15.000 francs restants provenaient d'un trop-perçu sur le fret par les Douanes. Il expliquera aussi que Jean Galmot, actionnaire de la société, n'était pas intervenu pour l'obtention de ces subventions.

Dans ce même courrier, le Capitaine de frégate expliquait les raisons qui l'avaient poussé à fonder cette société de transport aérien outre-mer : La Guyane, dit-il, est de toutes nos colonies, celle qui se prête le mieux à une exploitation aérienne parce que :

- 1) Il n'y a aucun autre moyen de communication, pas de routes et pas de fleuves navigables, donc pas de concurrence ;

2) Les matières exploitées sont des matières précieuses : or, balata, essence de rose, susceptibles de payer un fret élevé ;

3) De toutes les régions équatoriales, seule la Guyane n'a jamais de tornades, ni typhons, possède un régime de vents réguliers, faibles, peu de brumes, par conséquent des conditions atmosphériques éminemment favorables;

4) Les fleuves, bien que non navigables, présentent entre leurs "sauts" de magnifiques bassins d'eau calme sur lesquels un hydro peut toujours amerrir et, en même temps, des routes visibles et faciles à suivre, par conséquent les conditions de sécurité sont aussi fortes que possibles ;

5) L'organisation des lignes aériennes en Guyane française a une répercussion énorme au Brésil, au Venezuela, et dans toute l'Amérique du sud et augmente l'expansion de l'idée française.

Les Transports Aériens Guyanais furent la première compagnie aérienne commerciale créée dans les colonies françaises.

Affiche publicitaire de la Compagnie des Transports Aériens Guyanais, datée de 1921, et réalisée par l'atelier Frip de Paris (comme celle plus haut à gauche du paragraphe)

Affiche publicitaire de la Compagnie des Transports Aériens Guyanais, datée de 1921, et réalisée par l'atelier Frip de Paris (comme celle plus haut à gauche du paragraphe)

Durant sa courte existence, la Société des TAG (Transports Aériens Guyanais) exploitera deux lignes régulières :

- Saint Laurent du Maroni - Cayenne, via Mana et Sinnamary soit 250 km.

- Saint Laurent du Maroni - Inini, via Abounamy soit 250 km.

Le gain de temps gagné par l'hydravion était considérable. En effet, il fallait compter plus de 22 jours de pirogue sur le fleuve Maroni en saison des pluies pour se rendre depuis Saint Laurent à Inini dont la distance se situe autour de 250 km. Par hydravion, la société des TAG ne mettait pas plus de deux heures. De même, la durée du voyage en bateau pour aller de Cayenne à Saint Laurent du Maroni à Cayenne était à l'époque entre 36h et 48h. L'hydravion n'en mettait que deux !

Ces deux lignes seront effectuées à raison de deux départs par semaine dans chaque sens durant la belle saison. Pendant la saison des pluies, le nombre de voyages était réduit à un par semaine. Par ailleurs, des pourparlers seront engagés avec le gouvernement de la Guyane hollandaise (actuel Suriname) pour établir une ligne régulière entre Saint Laurent du Maroni et Paramaribo. Un autre projet de la société sera de relier Cayenne à Saint Georges de l'Oyapock.

M. Henri Lejeune, gouverneur de la Guyane, prendra une Décision (N° 707 du 8 juillet 1921) fixant l'organisation du service aérien, en particulier du fret postal. Celle-ci sera publiée au journal officiel de la colonie : " Un service de transport aérien de dépêches est organisée entre Cayenne, Saint Laurent du Maroni, l'Inini et vice-versa" (article 1°).

Les tarifs pour les passagers en 1922 seront de 300 francs par personne pour un aller simple de Saint Laurent du Maroni à Cayenne, et de 500 francs pour un aller-retour. Quant au voyage de Cayenne à l'Inini, il est de 500 francs pour un aller simple et de 800 francs pour un aller-retour.

Le premier hydravion assemblé en Guyane devant le "carbet" provisoire à Saint Laurent du Maroni. En Guyane, un "carbet" est un abri en bois, souvent sommaire, couvert de palmes ou de tôles ondulées.

Le premier hydravion assemblé en Guyane devant le "carbet" provisoire à Saint Laurent du Maroni. En Guyane, un "carbet" est un abri en bois, souvent sommaire, couvert de palmes ou de tôles ondulées.

Malheureusement, un accident aérien surviendra le 14 août 1922 (1) à Saint Jean du Maroni lors d'un vol de réglage d'un hydravion Breguet sortant de montage. Cet accident, le premier depuis l'existence de la société des Transports Aériens Guyanais, causa la mort du pilote aviateur Pierre Réjon, de son frère Maurice Réjon, venu spécialement de Fort de France pour assister à son mariage, de Fénelon Canavi et de Émile Joseph, mécaniciens. Pierre Réjon devait se marier quelques jours plus tard, le 19 août, avec Mlle Alice Ho-Si-Fat.

La population civile et militaire de Saint Laurent du Maroni fera d'émouvantes funérailles. Aviateur durant la première guerre mondiale à partir de juillet 1917, le martiniquais Pierre Réjon, décoré de la médaille militaire et de la croix de guerre, fut l'un des quatre premiers pilotes noirs militaires de l'histoire (Voir sa photo ci-dessus). Originaires de La Trinité, une rue porte encore aujourd'hui le nom des deux frères Réjon dans cette localité martiniquaise.

Outre cet accident aérien qui aggravait la situation, le bilan de la société des Transports Aériens Guyanais à la fin du mois d'août 1922 n'était guère brillant. Les résultats présentés laisseront peu d'espoir à ses dirigeants pour une poursuite de leurs activités :

Octobre 1919 - Mai 1920 : 24 voyages effectués, 5665 km parcourus, 42 passagers transportés, 0 kg de marchandises, et 0 kg de poste.

Octobre 1920 - Mars 1921: 22 voyages effectués, 5020 km parcourus, 38 passagers, 0 kg de marchandises, et 0 kg de poste.

Avril 1921 - Décembre 1921 : 69 voyages effectués, 18310 m parcourus, 56 passagers, 53 kg de marchandises et 10 kg de la poste.

Janvier 1922 - Août 1922 : 23 voyages effectués, 6231 km parcourus, 30 passagers, 0 kg de marchandises, et 0 kg de poste.

Malgré une nouvelle subvention de l'Etat en juin 1922 (Décret du 26 mai 1922) accordée dans le cadre de l'application de la convention signée le 14 mars 1922 entre le directeur du service de la navigation aérienne, représentant l'Etat, et M. Poulalion, directeur de la société, les Transports Aériens Guyanais seront mis en liquidation le 30 octobre 1922 mettant ainsi un coup d'arrêt définitif aux espoirs que cette aventure aérienne guyanaise avait fait naître !

(1) Les Annales coloniales du 07/11/1922 indiquent que l'accident aérien de Saint Jean du Maroni a eu lieu le 18 août. En réalité, cet accident est survenu le 14 août, car cette date figure en mention marginale à l'acte de naissance de Pierre Réjon à la mairie de La Trinité en Martinique. En effet, cette mention signale le décès de Pierre le 14 août 1922 à Saint Laurent du Maroni.

cliquer sur une des photos pour l'agrandir (Texte à droite : Annonce officielle de l'accident de Pierre Réjon dans le Journal officiel de la Guyane française).cliquer sur une des photos pour l'agrandir (Texte à droite : Annonce officielle de l'accident de Pierre Réjon dans le Journal officiel de la Guyane française).

cliquer sur une des photos pour l'agrandir (Texte à droite : Annonce officielle de l'accident de Pierre Réjon dans le Journal officiel de la Guyane française).

Sources :

http://www.une-autre-histoire.org/pierre-rejon-biographie/

Les Annales coloniales (1900-1949)

L'Aérophile (1893-1949)

L'Aéronautique (1919-1940)

Journal Officiel de la République Française

Hydoretro.net (Vers les Sommet - BREGUET - par Gérard Hartmann)

La Lanterne, journal politique quotidien (1873-1938)

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Rédigé et publié par Phil - dans Vie en Guyane
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28 décembre 2015 1 28 /12 /décembre /2015 16:03

Une balade sympa et quelque peu dépaysante à faire lorsque l'on vit en Guyane est d'aller faire un tour au Brésil, dans la petite ville d'Oiapoque (Etat d'Amapa) qui se trouve presqu'en face la commune de Saint-Georges-de-l'Oyapock le long du fleuve du même nom.

Le plus difficile est en réalité d'effectuer la distance séparant Cayenne de Saint-Georges (192 km) par la route nationale 2, car même si celle-ci est assez belle bien que sinueuse, elle est un peu monotone car l'on ne traverse aucun hameau ou village jusqu'à destination finale. On laisse en effet sur sa droite après environ 60 km la route menant au village hmong de Cacao, et plus loin après 110 km, celle sur la gauche allant à la commune de Régina.

Seul le poste de contrôle de la gendarmerie installé quelques centaines de mètres avant le pont traversant le fleuve Approuague vient nous divertir, si l'on peut dire, sur cette longue route bordée des deux côtés par la forêt amazonienne et ponctuée de nids de poule. Une vérification des papiers d'identité de tous les passagers du véhicule est alors effectuée ainsi que l'ouverture du coffre de la voiture.

Ce poste de contrôle permanent dont l'objectif est d'intercepter les clandestins (étrangers en situation irrégulière / orpailleurs illégaux) se situait auparavant au croisement de la piste de Bélizon toujours sur cette route nationale. Depuis le 1er mars 2013, il a été déplacé avant le pont de l'Approuague en direction de Saint-Georges, peu après l'embranchement conduisant à Régina.

Cette route nationale 2 est peu fréquentée même durant la journée et il est préférable de l'utiliser de jour plutôt que la nuit. Des problèmes d'insécurité ont été relevés ces dernières années sur cette route.

Entrée de l'hébergement Chácara Du Rona  depuis la ville brésilienne d'Oiapoque.

Entrée de l'hébergement Chácara Du Rona depuis la ville brésilienne d'Oiapoque.

Après 2h30 de route, nous arrivons dans le bourg de Saint-Georges-de-l'Oyapock, il faut garer son véhicule le mieux possible pour la nuit près du cimetière. C'est ce que les policiers de la PAF en poste dans cette commune nous ont conseillé. Il y a de nombreuses autres voitures déjà stationnées à cet endroit. On peut penser que des rondes sont effectuées dans la journée et la nuit car il y a eu dans le passé, à plusieurs reprises, des problèmes de vols à l'intérieur des voitures. On nous a indiqué qu'il y avait aussi quelques parkings privés surveillés moyennant la somme de 10 € pour la nuit.

Dans le bourg de Saint-Georges, il y a en permanence des piroguiers brésiliens qui attendent les clients avec leur pirogue couverte au bord du fleuve. Le prix moyen pour se rendre du côté brésilien était fin octobre 2015 de 5 € par personne pour un aller simple. Tous ces piroguiers, plus de 150, sont membres d'une association à Oiapoque et portent un numéro bien apparent sur leur maillot. Ce numéro doit permettre de reconnaître leur appartenance officielle à l'association, mais aussi de retrouver le piroguier pour vous ramener du côté français si vous voulez prendre le même et enfin, de pouvoir éventuellement le signaler si celui-ci n'a pas été correct.

C'est effectivement ce qui nous est arrivé. N'étant pas allé au Brésil via Saint-Georges depuis plus de trente ans, nous n'avions pas d'informations sur le montant de la traversée. Arrivés à Oiapoque sur la petite plage de Chácara Du Rona, là où se trouve notre hébergement, le piroguier nous a demandé 16 € par personne. Sentant la tentative d'arnaque, nous ne lui avons donné que 10 € chacun, Il n'a du reste pas protesté sur ce montant.

Ayant raconté notre histoire à Rona qui parle très bien français, celui-ci nous a dit que le prix était de 5 € par personne et non 10 €. Ayant noté le numéro de notre piroguier, Rona nous a dit qu'il informerait l'association et que celui-ci pourrait être suspendu de ses activités pendant plusieurs jours. Finalement, ayant rencontré notre piroguier par hasard dans la ville d'Oiapoque le lendemain, et l'ayant traité d'arnaqueur, ce dernier s'est engagé à nous ramener gratuitement à Saint-Georges. Il a tenu parole mais a malgré tout eu quelques mots doux sur la plage avec notre hébergeur Rona qui nous a précisé qu'il serait surprenant que ce piroguier recommence ce type d'arnaque !

Au fond, l'on aperçoit le pont reliant la Guyane au Brésil au-dessus du fleuve Oyapock.

Au fond, l'on aperçoit le pont reliant la Guyane au Brésil au-dessus du fleuve Oyapock.

Le pont reliant les deux pays est terminée depuis août 2011 mais n'est toujours pas ouvert à la circulation. La raison officielle est que les infrastructures routières du côté brésilien, en particulier la route reliant Oiapoque à Macapa, la capitale de l'Etat d'Amapa, ne sont toujours pas terminées. On parle maintenant d'une inauguration et d'une ouverture de ce pont avant les jeux olympiques qui auront lieu au Brésil début août 2016 ...

Au bout de quinze minutes de pirogue depuis Saint-Georges, et après avoir dépassé la ville d'Oiapoque sur la gauche après le pont, on arrive sur la petite plage privée de la Chácara Du Rona. Il s'agit d'un petit établissement qui comprend des hébergements et un restaurant au milieu des arbres.

Cette petite structure hôtelière dispose de plusieurs carbets où l'on peut accrocher son hamac ou d'un bungalow avec deux chambres séparées par un petit espace avec salon en bois. Chaque chambre dispose de deux lits de deux personnes, de toilettes propres et d'une douche (eau froide) ainsi que d'un petit ventilateur. Il y a des moustiquaires aux fenêtres. Quant aux carbets, vous pouvez venir avec votre propre hamac. Chaque carbet dispose de sanitaires et de douches.

Comme nous étions deux couples, nous avons opté pour le bungalow avec ces deux chambres. Notre réveil matinal s'est fait aux petits cris aigus des singes Tamarins à mains jaunes que l'on pouvait voir sauter de branche en branche et d'arbre en arbre depuis notre lit et aux cris rauques d'un couple d'aras rouges qui s'était installé dans un grand arbre à une centaine de mètres.

La cuisine est bonne et copieuse, notamment après avoir bu en apéritif une excellente Caïpirinha. La bière locale Bohemia est, de notre point de vue, elle-aussi excellente. Mais il est préférable de réserver pour être sûr d'avoir une place. Vous pouvez appeler Rona directement au téléphone (tél portable : 005596 9965 6516) car lui et sa fille parlent couramment français, ce qui est bien pratique, ou lui adresser un courrier électronique à l'adresse : rona16@uol.com.br.

Rona peut aussi vous organiser une promenade de 15 minutes en pirogue jusqu'au saut Maripa, haut lieu touristique du coin. Il s'agit d'un des plus grands sauts de Guyane avec une dénivellation d'environ 14 mètres étalée sur deux kilomètres. Il est aussi possible de s'y rendre directement en pirogue depuis Saint-Georges-de-l'Oyapock ou même en voiture. En effet, une piste de 25 km sur votre droite juste avant d'arriver à Saint-Georges vous conduit en haut du saut. S'agissant d'une piste en latérite, il est alors recommandé d'y aller en 4X4 surtout si c'est la saison des pluies ...

Quelques photos de la Chácara Du Rona :

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Oiapoque est une petite ville de 25000 habitants qui a la réputation d'être le point d'arrivée et de départ des orpailleurs illégaux venant en Guyane et aussi d'abriter un grand nombre de prostituées, l'un n'allant pas sans l'autre ! En réalité, si cela est toujours vrai, on le remarque beaucoup moins qu'auparavant. La vie est moins chère qu'en Guyane et on peut encore y faire quelques petites affaires. Il y a de nombreux commerces et autres bars-restaurants. Le marché couvert en bas de la ville près du fleuve mérite une visite.

Depuis chez Rona, le centre-ville d'Oiapoque est à environ 20 minutes à pied. Nous l'avons fait en plein cagnard sous le soleil de midi en saison sèche ... Nous sommes revenus en taxi. Il faut compter 20 reals ou 5 € pour la course. Le taxi peut même vous récupérer devant le bungalow avec chambres et vous y ramener. Il y a en effet une piste derrière chez Rona qui permet aux voitures d'accéder jusqu'aux carbets et bungalow.

Lorsque l'on se rend à Oiapoque pour une journée, il n'est pas nécessaire d'obtenir un visa. Par contre, si vous y passer une nuit, il est recommandé de se rendre peu après votre arrivée au siège de la police fédérale pour se faire délivrer un visa d'entrée. De même à votre départ, il faut retourner au même endroit pour obtenir le visa de départ. Cette démarche ne prend pas plus de dix minutes à chaque fois dès lors que vous êtes au poste de police et vous évitera quelques déboires si vous voulez revenir un jour dans cette petite ville brésilienne frontalière de la Guyane.

Quelques photos d'Oiapoque :

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19 décembre 2015 6 19 /12 /décembre /2015 09:12

Les vieilles colonies que sont la Guyane, la Réunion, la Guadeloupe et la Martinique deviennent des départements en mars 1946, notamment sous l'impulsion de Gaston Monnerville. Ces nouveaux départements peuvent donc élire un représentant de la Chambre haute.

Depuis la Constitution de la IV° République du 27 octobre 1946, la Chambre haute est appelé Conseil de la République. Ses membres se nommaient alors les Conseillers de la République. Par une résolution adoptée le 16 décembre 1948, les conseillers de la République décident qu'ils porteront dorénavant le nom de "sénateurs, membres du Conseil de la République". Il est à noter que sous la III° République, la chambre haute du Parlement était déjà appelé Sénat.

Avec la constitution du 4 octobre 1958 instituant la V° République, on retrouve officiellement deux Chambres : le Sénat dit "Chambre haute" au Palais du Luxembourg et l'Assemblée nationale dite "chambre basse" au Palais Bourbon.

La loi organique n° 2003-696 du 30 juillet 2003 a réduit la durée du mandat des sénateurs et a réformé la composition du Sénat afin de mieux représenter la réalité démographique et les collectivités territoriales. Cette réforme de 2003, complétée par celle de 2007, a prévu un accroissement graduel de l’effectif sénatorial. Ainsi depuis 2008, la Guyane a maintenant deux sénateurs.

À la différence des élections législatives, où un élu député correspond à une circonscription, les sénateurs sont élus pour l’ensemble d’un département. Ils sont élus au suffrage universel indirect par ce qu'on appelle les grands électeurs (députés, conseillers régionaux, conseillers généraux, et des représentants des conseils municipaux).

Après avoir rédigé un article sur ce blog sur les députés de la Guyane depuis 1900 à ce jour, celui-ci est dédié aux sénateurs de la Guyane depuis la IV° République d'octobre 1946 jusqu'à aujourd'hui.

Les sénateurs de la Guyane depuis 1946 à ce jour ...

QUATRIEME REPUBLIQUE (1946-1958) :

Gaston Monnerville

Gaston Monnerville est né le 2 janvier 1897 à Cayenne et décédé le 7 novembre 1991 à Paris.

Ses parents sont originaires de Case-Pilote en Martinique ; son père était fonctionnaire de l'administration coloniale en Guyane. Boursier du gouvernement, il quitte la Guyane pour terminer ses études secondaires à Toulouse et poursuivre de brillantes études jusqu'à l'obtention d'une licence en droit, et d'une autre en lettres. Il deviendra avocat dès 1918 poursuivant en parallèle ses études supérieures afin de décrocher son titre de docteur en droit en 1921.

Sur le plan professionnel, il s'est notamment illustré en défendant avec brio les quatorze guyanais jugés pour meurtres et pillages devant la cour d'assises de Nantes en mars 1931 à la suite des émeutes étant survenues à Cayenne peu après la mort suspecte du candidat-député Jean Galmot en 1928, battu aux élections sur fond de fraude électorale. Ils seront tous acquittés.

Gaston Monnerville sera élu député de la Guyane de 1932 à 1942 comme radical socialiste puis du 21 octobre 1945 au 27 novembre 1946. Il sera aussi maire de Cayenne entre mai 1935 et novembre 1940. Il fut également nommé sous-secrétaire d'Etat aux colonies du 22 juin 1937 au 13mars 1938.

Grand résistant durant la seconde guerre mondiale, il recevra à la Libération la croix de guerre 1939-1945 et la rosette de la Résistance en récompense de son courage et de son dévouement.

Aux élections législatives de novembre 1946 en Guyane, il est battu au premier tour par René Jadfard, obtenant 3 007 voix contre 3372 à son adversaire. Alors qu'il se trouve en France et qu'il n'a pas fait acte de candidature, il est cependant élu le 15 décembre 1946 au Conseil de la République de la Guyane à l'unanimité des 10 votants.

Il représentera la Guyane au Conseil de la République (Chambre haute) de 1946 à 1948. Le 14 mars 1947, suite au décès d'Auguste Champetier de Ribes le 6 mars, Gaston Monnerville est élu à la présidence de la Haute Assemblée.

Bien que Sénateur du Lot à partir de 1948, Gaston Monnerville, loin de rompre tout lien avec l'outre-mer, reste très attaché aux questions coloniales. Il obtient notamment en 1949 le transfert au Panthéon des cendres de Victor Schoelcher et de celles de Félix Eboué.

Jules Patient

Jules Patient est né le 15 janvier 1905 à Cayenne et décédé le 27 juillet 1985 à Cayenne.

Jules Charles Eugène est le fils naturel d'Hernance Eliette Patient, âgée de 28 ans, couturière, demeurant à Cayenne. Il s'est marié le 20 septembre 1930 à Cayenne avec Dolor Espérance Solange Derbès.

Devenu instituteur puis directeur d'école publique, il sera en mai 1948 secrétaire général du syndicat des instituteurs de la Guyane. Il est aussi l'un des responsables du Mouvement de la Renaissance guyanaise, parti apparenté à la SFIO et fondé par le député René Jadfard.

Il sera élu sénateur, conseiller de la République, le 7 novembre 1948. Son mandat prendra fin le 2 juin 1952, après sa défaite contre Auguste Baudinot du rassemblement des gauches républicaines.

 

Auguste Boudinot

Auguste Boudinot est né le 27 avril 1891 à Cayenne et décédé le 12 avril 1970 à Cayenne.

Son père Ernest Boudinot, âgé de 31 ans, était gendarme à cheval et sa mère Marie Joséphine Louis Demont, 33 ans, sans profession. Auguste Frédéric est né au domicile de ses parents au numéro 67 de la rue Lallouette à Cayenne. Il s'est marié le 3 juillet 1919 à Cayenne avec Françoise Joséphine Blé.

Après des études primaires, Auguste Boudinot est mobilisé en 1915 et est blessé en 1916. A son retour, il travaille un temps à la Banque de Guyane comme chef comptable avant de devenir fondé de pouvoirs de la Maison Gougis à Saint Laurent du Maroni. Il dirigera ensuite en 1928 les agences commerciales et d'assurances d'Auguste Quintrie.

Après un séjour en Martinique, il revient en Guyane en 1936 et fonde à Cayenne la maison de commerce Boudinot. La Chambre de Commerce de Guyane l'accueillit en 1937. Il est démissionné d'office en 1940 par le gouvernement de Vichy et est rétabli dans ses fonctions après le ralliement de la Guyane aux forces françaises combattantes.

A la libération, il entre dans la vie politique et devient conseiller général du canton d'Approuague-Oyapoc le 14 octobre 1945. Il est nommé vice-président du Conseil général (1945-1948), puis président (1948-1955). Il est réélu le 2 octobre 1949 pour représenter le canton de l'Oyapoc. Il n'est pas réélu en 1955.

Il est nommé chevalier de la Légion d'honneur en 1948 ; il était également commandeur du Mérite et titulaire de la médaille du Combattant

Elu conseiller municipal de Cayenne le 19 octobre 1947, il en devient maire le 23 octobre jusqu'en mars 1953. Il ne sera pas réélu comme maire mais restera membre du Conseil municipal jusqu'en 1959.

Il se présente aux élections du 18 mai 1952 comme candidat sénateur au Conseil de la République contre Jules Patient. Il est élu au deuxième tour avec l'étiquette Rassemblement des Gauches Républicaines. Il recueille 38 voix sur 71 suffrages exprimés. Il est reconduit au premier tour, le 8 juin 1958, avec 40 voix sur 74 suffrages exprimés.

Battu aux élections sénatoriales du 26 avril 1959 par Georges Guéril, Auguste Boudinot se retire de la vie politique.

CINQUIÈME RÉPUBLIQUE (1958- ....) :

Georges Guéril

Georges Guéril est né le 28 octobre 1909 à l'Approuague (actuellement Regina) et décédé le 2 mars 1977 à Cayenne.

Né sur les bords du fleuve Approuague d'une famille métisse installée depuis longtemps en Guyane, Georges Judé Guéril suit des études secondaires au collège de Cayenne jusqu'à son baccalauréat avant de poursuivre une première année de droit au lycée Victor Schoelcher de Fort-de-France en Martinique.

Il fera une longue carrière comme fonctionnaire dans la douane d'abord à Saint Nazaire, puis à Paris et enfin à Madagascar. Entre-temps il effectuera une année de service militaire comme simple soldat en 1931-1932. Il revient en Guyane le 1er mars 1938 et sera affecté à Saint Laurent du Maroni à partir du 1er juillet 1939 où il exercera à la fois les fonctions de chef de bureau des douanes et de délégué du gouvernement pour le Maroni.

Comme nombre de ses compatriotes, il décide de continuer la lutte contre l'ennemi allemand dès le 19 juin 1940. Dès mars 1941, il est rétrogradé par le gouvernement de Vichy qui l'envoie d'office en France. Georges Guéril est nommé contrôleur des douanes à Marseille en mars 1942 puis est affecté en Martinique en janvier 1943.

Revenu en Guyane en septembre 1943, il fonde le Comité de résistance et de vigilance du Maroni, et crée le journal Liberté à forte tonalité gaulliste. Il est réintégré vérificateur le 20 avril 1945.

Son attitude courageuse lui vaut d'être fait chevalier de l'Etoile noire du Bénin par décret du 28 mai 1947.

Gravissant les échelons de la hiérarchie dans les douanes pour atteindre le niveau d'inspecteur central, il débute parallèlement une carrière politique. On le retrouve conseiller municipal de Cayenne le 26 avril 1953, et est réélu en 1959. Dans La Guyane républicaine où il écrit jusqu'en mars 1959, Georges Guéril signe plusieurs articles approuvant le retour du général de Gaulle à la présidence du Conseil et le référendum constitutionnel de l'automne 1958.

Le vice-président du Comité de résistance et de vigilance du Maroni soutient les candidats gaullistes à tous les scrutins qui préparent l'installation de la Ve République en 1958. Lors de sa candidature pour l'élection sénatoriale du 26 avril 1959, il est soutenu par l'Union républicaine de Guyane et par l'Union pour la nouvelle république (UNR).

Candidat isolé face à Robert Vignon, Auguste Boudinot et Roland Verderosa, il l'emportera au second tour par 42 des 78 suffrages exprimés. Le désistement de Boudinot et de Verderosa lui fait gagner l'élection.

Inscrit au groupe UNR (Union pour la Nouvelle République), il sera battu dès le premier tour le 22 septembre 1962 par Robert Vignon qui s'inscrira également au groupe UNR ... Georges Guéril sera à nouveau élu au Conseil municipal de Cayenne de 1965 à 1971.

Poursuivant sa carrière dans les douanes en Guyane, il prendra sa retraite en octobre 1974. Il sera alors nommé chevalier dans l'ordre de la Légion d'honneur.

Robert Vignon

Robert Vignon est né le 17 novembre 1910 à Constantine (Algérie) et décédé le 9 octobre 1989 à Saint Germain en Laye (Yvelines).

Son père, directeur d'école, est originaire de l'Hérault et a épousé en Algérie une institutrice née dans les Vosges. Robert Vignon poursuit ses études secondaires à Constantine puis à Oran. Il gagne ensuite la métropole et fréquente l'Université de Toulouse tout en travaillant comme maître d'internat. Il obtient une licence en droit et une autre en lettres en 1933.

Ayant réussi le concours de chef de cabinet de préfet, il est affecté à Albi, dans le Tarn où il restera de 1934 à 1939. Nommé chef de cabinet du préfet de la Haute-Vienne au moment de la campagne de France, il poursuit sa carrière sous l'Occupation, d'abord en Vendée puis à Orléans, comme directeur de cabinet du préfet de région désigné par le gouvernement de Vichy. A la Libération, il est secrétaire général de la préfecture du Loir-et-Cher.

De décembre 1945 à juillet 1947, il est chef-adjoint du cabinet du ministre de l'Agriculture François Tanguy-Prigent. Il est ensuite nommé en Guyane à l'été 1947 où il devient le premier préfet après que le territoire soit devenu département. Passionné par l'avenir de la Guyane, Robert Vignon y restera 8 ans avant de poursuivre ses activités d'abord au cabinet du ministre de l'intérieur avant d'être nommé préfet de l'Allier. En août 1956, il est nommé préfet de Tizi-Ouzou en Kabylie. Refusant le coup d'Etat du général Salan après les évènements du 13 mai 1958, il est arrêté et transféré au camp d'Aïn-Taya.

Après le rétablissement de l'ordre en Algérie avec l'investiture du général de Gaulle le 1er juin 1958, Robert Vignon est libéré mais ne reprend pas son poste à Tizi-Ouzou. Il est mis à la disposition du ministre de l'Intérieur en juillet 1958, puis placé en disponibilité à l'automne. Il décide d'entrer dans l'arène politique en novembre 1958 lors des élections législatives en Guyane. Il est battu par Justin Catayée qui profitera de la division de la droite et notamment du refus d'Edouard Gaumont de se désister au profit de Robert Vignon qui avait cinq voix d'avance.

Robert Vignon se présente ensuite aux élections sénatoriales en Guyane du 26 avril 1959. Il est là-aussi battu par le gaulliste Georges Guéril qui est élu avec 42 suffrages contre 34 à Robert Vignon. Le canton d'Iracoubo le choisit toutefois comme conseiller général de 1961 à 1973.

Candidat une nouvelle fois aux élections sénatoriales du 23 septembre 1962 en Guyane. Robert Vignon est cette fois élu dès le premier tour avec le soutien de 40 grands électeurs guyanais sur 73. Il siègera au Sénat jusqu'en 1971 dans le groupe Gaulliste (Union pour la Nouvelle République) comme son prédécesseur Georges Guéril.

Robert Vignon est élu maire de Maripasoula, la plus grande commune de France par son étendue, de 1969 à 1976. Il ne se représente pas aux élections sénatoriales du 26 septembre 1971.

Il était officier de la Légion d'honneur.

Léopold Héder

Léopold Héder est né le 16 août 1918 à Cayenne et décédé le 9 juin 1978 à Cambo-les-bains (Pyrénées Atlantique).

Fils de négociant, il fait ses études secondaires au lycée Félix Éboué de Cayenne où il obtient le baccalauréat, puis un baccalauréat en droit en Martinique. Entre 1938 et 1940, il devient instituteur de l'école publique mais perd son poste sous le régime de Vichy. Il travaille alors dans des emplois peu qualifiés dans une usine de rhum ou sur les quais de la Compagnie Générale Transatlantique.

Après le ralliement de la Guyane aux forces françaises libres, il est nommé chef de section des services du Gouvernement en charge de la direction des services économiques en Guyane. Entre 1945 à 1950, il est attaché de préfecture puis ayant réussi un concours dans l'administration hospitalière, il devient économe des hôpitaux de 1950 à 1961, puis directeur-économe de 1961 à 1972, et enfin attaché de direction des hôpitaux.

Il débute une carrière politique en devenant député de la Guyane en juin 1962 suite au décès accidentel de Justin Catayée dont il était le suppléant depuis 1958. Il est réélu le 25 novembre 1962 à la suite de la dissolution de l'Assemblée nationale. Il siège au Parlement en tant qu'apparenté socialiste. Battu par Hector Rivierez lors des élections législatives de 1967, il se consacre alors à ses mandats locaux.

Elu au conseil municipal de Cayenne depuis 1963, il en devient le maire en 1965 et le restera jusqu'à son décès en 1978. Conseiller général depuis 1964 du canton de Montsinéry-Tonnégrande, il est élu président de ce Conseil entre 1970 et 1973 et restera conseiller général jusqu'à sa mort en 1978.

Candidat socialiste aux élections sénatoriales de septembre 1971 alors que Robert Vignon ne se représente pas, il est élu dès le premier tour en obtenant 76 voix sur 107 suffrages exprimés.

Atteint d'une grave maladie, il décède en 1978 alors qu'il est encore sénateur.

Henri Agarande

Henri Agarande est né le 13 septembre 1920 à Fort-de-France (Martinique) et décédé le 6 août 1983 à Cayenne.

Issu d'un milieu modeste d'origine antillaise, il poursuit des études en Guyane obtenant un brevet élémentaire puis supérieur. Il devient instituteur à la Malmanoury, un hameau aujourd'hui disparu suite à l'installation du Centre Spatial Guyanais.

Il part en congé à Paris en 1950 et s’inscrit à l’université pour préparer un certificat de sciences. A son retour en Guyane, il continue à enseigner comme instituteur au lycée Félix Éboué. Après avoir été nommé surveillant général dans ce même lycée, il deviendra directeur du Collège d'Enseignement Technique féminin Marchoux jusqu'en 1970, puis adjoint au principal du collège République. A l'ouverture du CES de la Madeleine (actuellement Paul Kapel), il est nommé directeur de ce collège.

Henri Agarande entre en politique à l'occasion de la création du Parti socialiste guyanais (PSG), fondé par Justin Catayée en février 1956. Elu en 1964 conseiller général du canton de Cayenne Sud-Est, il s'impose comme un des principaux responsables du PSG.

Au décès de Léopold Héder, il lui succède le 10 juin 1978 en application de l'article 319 du code électoral qui permet au ministre de l'Intérieur de remplacer un parlementaire décédé. Membre du groupe socialiste, Henri Agarande qui a de gros problèmes de santé depuis 1976 ne fréquente pas assidûment le sénat durant les deux années de son mandat.

Ses problèmes de santé l'obligent à abandonner le Conseil général de Guyane en avril 1980, et renonce, pour les mêmes motifs, à solliciter le renouvellement de son mandat de sénateur lors des élections du 28 septembre 1980.

Raymond Tarcy

Raymond Tarcy est né le 18 novembre 1936 à Saint Laurent du Maroni.

D'origine modeste, il fait ses études à Cayenne à partir de 1952 et obtient un baccalauréat en sciences expérimentales. Il part en métropole à Bordeaux poursuivre ses études à l'école normale d'instituteurs.

De retour en Guyane, il exercera au Petit Collège de Cayenne entre 1958 et 1960 avant d'effectuer son service militaire entre 1960 et 1962. A l'issue de sa période militaire, il est affecté à Saint Laurent du Maroni d'abord comme instituteur puis devient rapidement le directeur de l'école. Il y restera de 1962 à 1980. En 1989, il est nommé Principal du collège n° 1 de Kourou.

Parallèlement à son activité professionnelle, et alors qu'il avait adhéré jeune au Parti Socialiste Guyanais, Raymond Tarcy se présente aux élections municipales de 1971 à Saint Laurent du Maroni. Il est élu maire et le restera durant deux mandats, avant d'être battu par Léon Bertrand aux élections municipales de 1983.

Elu en 1970 au Conseil général de la Guyane pour la canton de Saint Laurent, il siègera dans le groupe du parti socialiste guyanais jusqu'en 1982. Il sera élu conseiller général de 1985 à 1994 dans le canton de Cayenne centre.

Candidat aux élections sénatoriales de 1980, il sera élu le 28 septembre et siègera au palais du Luxembourg dans les rangs du groupe socialiste. Il ne sera pas réélu en 1989.

Raymond Tarcy est décoré des Palmes académiques et est Chevalier dans l'ordre national du Mérite. Il est également membre de l'Amicale des anciens sénateurs.

Georges Othily

Georges Othily est né le 7 janvier 1944 à Cayenne.

Après avoir effectué ses études secondaires au lycée Félix Éboué de Cayenne, puis au lycée Pierre d'Ailly à Compiègne (60), il poursuit des études supérieures en obtenant une licence en droit et un diplôme de l'école de notariat de Paris. Alors qu'il est étudiant à Paris, il va présider pendant trois ans l'Association des Etudiants Guyanais (AEG).

A son retour à Cayenne, il devient le président en 1972 de la Fédération des œuvres laïques. Il organise en 1965 à Cayenne le 2ième Festival Culturel Antilles-Guyane. Durant ce festival, il publie son recueil de poèmes "Harmonie d'Ebène".

Ecrivain, il a écrit de nombreux ouvrages dont certains sur l'histoire de la Guyane. Administrateur de biens, Georges Othily se lance en politique en devenant Conseiller général du canton d'Iracoubo entre 1979 et 1985, puis Conseiller régional de 1982 à 2010. Il deviendra président du Conseil régional de 1983 à 1992. Il sera élu maire de la commune d'Iracoubo entre 1995 et 2001.

Il se présente aux élections sénatoriales en Guyane et est élu sénateur le 24 septembre 1989. Il sera réélu le 27 septembre1998 au premier tour de scrutin et siègera dans le Groupe du Rassemblement Démocratique et Social Européen. Il sera aussi membre titulaire de la Haute Cour de justice entre 2001 et 2007.

Candidat pour un troisième mandat de sénateur et malgré l'augmentation de la représentation guyanaise avec un poste supplémentaire, il ne sera pas réélu le 21 septembre 2008. Cependant, après dix huit ans de mandat, il est élevé à la dignité de sénateur honoraire.

Georges Othily est Chevalier dans l'ordre national de la Légion d'honneur (Décret du 31 décembre 2009) et Chevalier des arts et des lettres (Promotion du 11/03/1986). Il est aussi membre de l'Amicale des anciens sénateurs.

Jean-Etienne Antoinette

Jean-Etienne Antoinette est né le 29 janvier 1966.

Enseignant de formation, il est élu maire de Kourou en 1996 à l'âge de 30 ans et le restera durant trois mandats jusqu'en 2014, battu par la liste conduite par François Ringuet (DVD). Il reste conseiller municipal dans l'opposition de la commune de Kourou.

Jean-Etienne Antoinette est membre du parti Walwari, fondé par Christiane Taubira et Roland Delannon à la fin de l'année 1992.

Candidat aux élections législatives de juin 2002, il est battu par Léon Bertrand (UMP), maire de Saint Laurent du Maroni qui est réélu. Il est élu conseiller régional de Guyane de mars 2004 sur la liste Walwari dont la tête de liste est Christiane Taubira et y restera jusqu'en 2010.

Jean-Etienne Antoinette est élu aux élections sénatoriales de 2008 et siègera au Palais du Luxembourg comme apparenté au groupe Socialiste. Il ne sera pas réélu aux élections sénatoriales de septembre 2014.

Par décret du 6 novembre 2015 du Premier ministre sur proposition du ministre des outre-mer , Jean-Etienne Antoinette a été nommé au Conseil Economique, Social et Environnemental pour une durée de 5 ans. Ce Conseil est actuellement présidé par Jean-Paul Delevoye, ancien ministre.

Georges Patient

Georges Patient est né le 1er avril 1949 à Cayenne.

Fils d'Yves Patient, ancien maire de la commune de Mana, et d'Eugénie Aimable, Georges Patient effectue ses études secondaires au lycée à Cayenne, et part pour Bordeaux à la faculté de droit. Il obtient une maitrise à la faculté de droit à Bordeaux et un diplôme du CESB (Centre d’Etudes Supérieures de Banque). Il rentre en Guyane et commence une carrière dans le secteur bancaire. En 1994, il s’installe en indépendant et travaille comme consultant financier.

En 1983 suite à diverses sollicitations, il se lance dans la politique et devient premier adjoint au maire de Mana. Il est élu maire en mars 1989 et est constamment réélu premier magistrat de la commune depuis cette date.

Parallèlement, il est élu vice-président du Conseil Général de la Guyane entre 1985 et 1998. Il est nommé Président de la Communauté des Communes de l’Ouest Guyanais entre 1994 et 2001 et est conseiller de la CCOG depuis 2001.

Il se présente avec succès aux élections sénatoriales de 2008 en Guyane et siège dans le groupe Socialiste. Il sera réélu aux élections suivantes de septembre 2014.

Depuis le 26 avril 2013, il est Président de l’Intergroupe parlementaire des outre-mer. Il est aussi vice-président du Conseil représentatif des français d'outre-mer (CRFOM).

Georges Patient est Chevalier du Mérite agricole et Chevalier de l’Ordre national du Mérite.

Antoine Karam

Antoine Karam est né le 21 février 1950 à Cayenne.

Fils d'Eliasse Karam, fonctionnaire d'origine libanaise, et de Mme Victoire Mathurin, d'origine Sainte Lucienne, Antoine Karam poursuit des études secondaires au lycée Félix Éboué à Cayenne puis en métropole. A l'issue de ses études supérieures, il revient en Guyane avec une maîtrise d'histoire.

Sur le plan professionnel, il a enseigné dans plusieurs collèges et lycées de Cayenne entre 1975 et 1998, notamment au collège Paul Kapel. Il a aussi été chargé de mission au rectorat de la Guyane en 2002 et 2003. Puis, il est devenu professeur d'histoire à l'Institut d'Etudes Supérieures de la Guyane à partir d'octobre 2003.

Antoine Karam commence une carrière politique en étant élu au Conseil municipal de Cayenne en 1977 et y restera jusqu'en 2002. Il occupera durant toute cette période différentes fonctions comme Adjoint au maire.

En 1975, il sera membre de la direction de l'Union des Travailleurs Guyanais (UTG) jusqu'en 1981. Membre du Parti Socialiste Guyanais, il en sera le secrétaire général de 1989 jusqu'en 1993, puis une nouvelle fois en 2003 jusqu'en 2011. Il était suppléant du député Elie Castor de 1988 à 1993.

Conseiller Régional de 1983 à 1986, il sera également élu au Conseil général du canton Nord-Est de Cayenne de 1985 à 2015. Il est surtout resté Président du Conseil régional de la Guyane de 1992 à 2010. A ce titre, il demeure Président honoraire de ce Conseil.

Candidat aux élections sénatoriales de septembre 2014, Antoine Karam a été élu, battant largement Jean-Etienne Antoinette au second tour. Il siège au Palais du Luxembourg dans le groupe Socialiste et Républicains.

Antoine Karam a reçu plusieurs distinctions : Officier de l'ordre de la cruzeiro do soul (distinction du brésil) - Chevalier de l'Ordre National du Mérite (Décret du 24 juin 1993), - Médailles d'Argent et de Bronze de la Jeunesse et des Sports, - Chevalier dans l'ordre national de la Légion d'honneur (Décret du 31 décembre 2012).

Sources :

http://www.senat.fr/

http://www.redris973.fr/

Wikipedia

https://www.cr-guyane.fr/

http://www.georgespatient.fr/

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8 décembre 2015 2 08 /12 /décembre /2015 10:47

Lors d'un article précédent sur ce blog, nous évoquions l'activité du sculpteur Jean-Luc Plé, dernièrement baptisé le "Rodin des ronds-points" dans un article du Nouvel Obs daté du 22 juillet 2015. Il en a en effet réalisé un très grand nombre de sculptures monumentales sur des ronds-points, notamment en métropole, mais aussi quelques unes en Guyane. Dans ce petit article accessible en cliquant "ICI", je décris ce que j'ai personnellement appelé " les ronds-points animaliers " de Jean-Luc Plé.

Mais si sa première œuvre en Guyane fut le Monument des chaînes brisées situé sur la place renommée à cette occasion Place des chaînes brisées, en front de mer tout au bout du boulevard Nelson Mandela à Cayenne, et inauguré en décembre 2011.

Préalablement à l'installation de la statue, la mairie de Cayenne avait déjà voulu honorer, dans le cadre du cinquantenaire de la mort de Justin Catayée, une portion de l'avenue entre le rond-point communément nommé rond-point des trois races et le rond-point Padovani dit rond-point de la Madeleine, en les dénommant Avenue et Place Justin Catayée.

L'inauguration de ces dénominations, présidée par Mme Marie-Laure Phinera-Horth, maire de Cayenne, avait eu lieu le vendredi 29 juin 2012 en présence de Jean et de Patrice, fils et petit-fils de Justin Catayée. Rappelons qu'une rue (ex rue Voltaire) du centre-ville, un collège, et un pont portent également son nom à Cayenne.

Il ne restait donc plus qu'à installer une statue de J. Catayée sur ce rond-point comme l'avait déclaré Mme le maire de Cayenne lors de cette inauguration du 29 juin 2012.

La statue de Justin Catayée à Cayenne

Commandée par la mairie de Cayenne, la statue a été réalisée dans les ateliers de Jean-Luc Plé en Charente-Maritime selon sa technique habituelle. Ces sculptures sont en effet fabriquées en mousse de polyuréthane puis stratifiées avec de la résine et de la fibre de verre, selon le modèle des coques des bateaux. Enfin, après différentes couches de peinture, elles reçoivent une dernière pellicule de protection anti-UV. Garanti sans entretien particulier, ces sculptures monumentales semblent intéresser nombre de municipalités car elles sont moins chères que des œuvres en bronze même si elles résisteront, de toute évidence, beaucoup moins à l'usure du temps !

Cette sculpture monumentale a été inaugurée le samedi 22 juin 2013 par Mme Phinera-Horth, en présence de nombreuses personnalités dont Mme Christiane Taubira, ministre de la justice, Mr Gabriel Serville, député de la première circonscription de la Guyane, Mr Jean-Pierre Roumillac, maire de Matoury et président de l'association des maires de Guyane, Mr Raymond Saint Louis Augustin, maire de Fort-de-France, Mr Antoine Karam, conseiller général du canton Nord-Est, de Mme Evelyne Ho Coui Youn du Conseil régional, de Mr Denis Rolland, recteur de l'Académie de Guyane et des représentants de la Préfecture et du Conseil municipal de Cayenne. La famille Catayée était aussi présente, et en particulier son fils Jean.

Cette manifestation d'inauguration qui s'est déroulée 51 ans jour pour jour après le crash de l'avion d'Air France qui ramenait Justin Catayée en Guyane le 22 juin 1962, avait débuté par une messe célébrée par Mgr Emmanuel Lafont, évêque de Guyane.

La statue de Justin Catayée à Cayenne

Fils de parents martiniquais, Justin Catayée naît à Cayenne le 30 mai 1916. Son père comptable dans une entreprise commerciale est contraint de regagner la Martinique pour raisons de santé. C'est donc en Martinique que Justin Catayée finira ses études secondaires et passera son baccalauréat. En 1939, il veut s'engager dans l'armée française mais est réformé pour cataracte traumatique à l'œil gauche. Il parvient finalement à s'engager au début de l'année 1942 et intégre au printemps 1943 l'école militaire de Cherchell en Algérie comme élève aspirant, école qu'il quittera volontairement en juin 1943 pour aller combattre dans l'armée de libération. Le 8 octobre 1944, il est gravement blessé lors de la bataille de Belfort et sera alors élevé au grade de sergent-chef. Il recevra la croix de guerre 1939-1945 et la médaille militaire.

Démobilisé en juillet 1945, Justin Catayée poursuivra des études de mathématiques à Bordeaux. Ayant obtenu une licence, Justin Catayée qui souhaitait revenir en Guyane, obtiendra un poste de professeur de mathématiques au lycée Félix Éboué de Cayenne.

C'est à partir de son retour que débutera véritablement son engagement dans la vie politique guyanaise. Outre son initiation à la franc-maçonnique dans la loge la France Equinoxiale de Cayenne, il se prononcera dès le début des années 1950 en faveur d'un nouveau statut pour la Guyane contre une logique d'assimilation. Il deviendra membre du Conseil municipal de Cayenne lors des élections de début mai 1953.

Après la dissolution de l'assemblée nationale par Edgar Faure et la réélection du gaulliste Edouard Gaumont aux élections législatives de janvier 1956 en Guyane, Justin Catayée qui était alors en métropole pour des problèmes de santé revient en Guyane, démissionne de son mandat de conseiller municipal et fonde le Parti Socialiste Guyanais pour en devenir rapidement le secrétaire général.

Ayant finalement décidé de voter pour le "oui" au référendum sur la Vème république lors du scrutin du 28 septembre 1958 après avoir rencontré André Malraux qui s'était déplacé en Guyane, Justin Catayée se portera candidat aux élections législatives de novembre 1958. Il l'emportera au second tour avec 40,9 % des voix face à Robert Vignon, ancien préfet de la Guyane et Edouard Gaumont.

Il siègera parmi les non-inscrits à l'Assemblée Nationale jusqu'à sa mort survenu le 22 juin 1962 dans le crash de l'avion sur les contreforts de la colline de Deshaies en Guadeloupe.

La statue de Justin Catayée à Cayenne

Alors qu'il se trouvait en pleine session parlementaire, Justin Catayée apprend qu'une manifestation organisée par le Front Démocratique Guyanais doit avoir lieu le 25 juin 1962 à Cayenne afin de protester contre la sévère répression menée par le préfet de Guyane René Erignac (père de Claude, préfet de Corse, assassiné le 6 février 1998 à Ajaccio) suite à une manifestation qui s'était tenue le 14 juin 1962 contre l'implantation en Guyane de la Légion étrangère.

Justin Catayée décide alors d'écourter son séjour et de rentrer rapidement en Guyane pour participer à la manifestation du 25 juin. Malheureusement, le Boing 707-331 d'Air France baptisé Château de Chantilly dans lequel il avait pris place le 22 juin 1962 s'écrase sur la colline de la commune de Deshaies à 4h30 peu de temps avant son atterrissage sur l'aéroport de Pointe à Pitre (Guadeloupe).

Il n'y eut aucun survivant parmi les 103 passagers et les 10 membres d'équipage de ce vol AF 117 qui reliait Paris à Santiago du Chili via Lisbonne et les Açores. Outre le député Justin Catayée, il y avait aussi à bord de l'avion un militant autonomiste guadeloupéen Albert Béville, connu comme écrivain poète sous le nom de Paul Niger.

La présence de ces deux fortes personnalités et l'absence d'explications techniques claires sur les causes de ce crash donnent encore lieu, aux yeux de quelques uns et plus de cinquante ans après cette tragédie, à la thèse d'un attentat ou d'un sabotage. D'ailleurs, un nouvelle commission d'enquête présidée par l'historien Benjamin Stora et créée par arrêté ministériel le 22 avril 2014 notamment sur cet évènement, mais aussi sur deux autres manifestations sanglantes de décembre 1959 en Martinique, et de mai 1967 en Guadeloupe, a été mise en place au début de l'année 2015.

En novembre 2016, la commission d'enquête présidée par Benjamin Stora a invalidé la thèse de l'attentat en ce qui concerne le crash de l'avion (Vol 117). Le rapport d'enquête de l'époque a, en classifiant ce rapport "Secret", rajouté de la consistance à cette thèse. C'est un ensemble de circonstances malheureuses qui ont abouti à ce drame : - responsabilité de l’équipage du Boeing 707, - insuffisances des services au sol en Guadeloupe, - ainsi que les manquements de la compagnie nationale ...

 

 

Sépulture de Justin Catayée au cimetière de Cayenne

Sépulture de Justin Catayée au cimetière de Cayenne

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28 novembre 2015 6 28 /11 /novembre /2015 12:12

Créé le 13 septembre 2011 par l'ancien ministre de la culture Frédéric Mitterrand, le label "Maisons des Illustres" signale par un logo spécifique (voir l'image ci-dessous) à l'attention du public les lieux dont la vocation est de conserver et de transmettre la mémoire des femmes et d'hommes qui les ont habités et se sont illustrés dans l'histoire politique, sociale ou culturelle de la France.

Les Maisons des Illustres constituent un ensemble patrimonial composé de différents édifices (appartements, maisons, domaines, ateliers ...) situés aussi bien en métropole que dans les territoires ultra-marins, et dont le ministère de la culture et de la communication entend faire reconnaître la valeur culturelle.

Le label est attribué aux maisons qui ouvrent leurs portes aux visiteurs plus de quarante jours par an et qui n'ont pas pour objectif une finalité essentiellement commerciale. Attribué pour cinq ans, il est renouvelable sur demande selon une grille de critères conformes à la charte du label.

L'attribution du label "Maisons des Illustres" garantit un programme culturel de qualité avec l'organisation de manifestations régulières, la présentation d'un contenu muséographique original et authentique. Ces lieux labellisés doivent notamment être accessibles à un public scolaire et aux personnes en situation de handicap.

Chaque année, et ce depuis 2011, une nouvelle campagne de labellisation est lancée et les dossiers de candidature sont examinés par la direction des affaires culturelles de la région concernée qui juge de leur pertinence, puis adressés au ministère de la culture et de la communication, pour être enfin analysés par la commission nationale d'attribution du label "Maisons des Illustres".

A ce jour, plus de 200 maisons ont été labellisées. En Guyane, trois édifices possèdent ce label "Maisons des Illustres" depuis 2011 : La maison-musée Félix Eboué à Cayenne, la maison-musée Alexandre Franconie également à Cayenne, et la maison de la sœur Anne-Marie Javouhey à Mana.

Édifices labellisés "Maisons des Illustres" en Guyane

Maison-musée Félix Éboué à Cayenne

Félix Éboué était un administrateur colonial, un résistant de la première heure durant la seconde guerre mondiale et un homme politique. Né le 26 décembre 1884 à Cayenne, fils d'Yves Urbain Éboué et de Marie Joséphine Léveillé, il poursuivra de brillantes études à Cayenne aboutissant à l'obtention d'une bourse en octobre 1901 qui lui permettra de poursuivre ses études au lycée Montaigne de Bordeaux. Après avoir obtenu son baccalauréat es-lettres, il se rendra à Paris pour mener de front des études à la faculté de droit où il obtiendra sa licence en 1908, et à l'école coloniale d'où étaient issus à l'époque l'élite des administrateurs de la France d'outre-mer.

Située à l'angle des rues Christophe Colomb et Félix Éboué à Cayenne, la maison a été construite par Yves Urbain Éboué sur un terrain qu'il avait acheté le 23 juillet 1883. Elle comporte un rez-de-chaussée, un étage et, comme toutes les maisons créoles de Cayenne à l'époque, une cuisine dans la cour.

A son décès, il lègue la maison à sa veuve et à ses enfants. Son épouse Marie Joséphine Léveillé décèdera à son tour le 23 mars 1926 et la maison sera alors vendue par les héritiers aux demoiselles Merckel. Celles-ci la cèderont aux enfant Lony en 1929. Maurice Bernardine Lony épouse Bertrand en deviendra l'unique propriétaire le 8 mai 1848 jusqu'à son achat le 20 février 1989 par le Conseil général de Guyane.

Occupée un temps par l'Office de l'eau, la maison natale de Félix Éboué fera l'objet d'importants travaux de restauration en 2012 pour finalement être transformée en musée, avec en particulier la présentation de nombreux objets lui ayant appartenu. Ce musée sera officiellement inauguré et ouvert au public le mardi 18 juin 2013.

Labellisée "Maison des Illustres" en 2011, cette maison-musée, sous tutelle du musée départemental Franconie, est dédiée à la vie et à l'histoire de ce grand homme.

Informations pratiques : Musée Félix Éboué, 102 rue Christophe Colomb, 97300 Cayenne. Téléphone : 05 94 29 59 13.

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Maison-musée Alexandre Franconie à Cayenne

Humaniste et érudit, Alexandre Franconie est le descendant d'une riche famille de négociants installés en Guyane depuis le XVIII° siècle. Né le 3 juin 1808 à Cayenne, fils d'Antoine et d'Elisabeth Duclos, Alexandre se mariera le 27 juillet 1853 à Cayenne avec Marie Geneviève Gertrude, mulâtresse, qui décèdera le 18 mai 1858 à Cayenne à l'âge de 42 ans.

Le couple aura deux fils, Frédérick Elie, né le 3 juin 1833 à Cayenne, négociant - qui fut maire de la ville entre juillet 1880 et juin 1882 - et Paul Gustave, né à Cayenne le 14 janvier 1845. Ce dernier, peu intéressé par le négoce, mènera une belle carrière politique puisqu'il deviendra député de la Guyane de 1878 à 1898, puis de 1906 à 1910 soit durant 23 ans. Les deux fils Franconie ne seront reconnus officiellement par le couple que le jour de leur mariage le 27 juillet 1853.

Alexandre décèdera à Cayenne le 20 septembre 1873 à l'âge de 65 ans dans la grande maison de style créole de la famille Franconie située au numéro 1 de la rue de Choiseul (actuelle avenue du Général de Gaulle), et qui deviendra le musée départemental et la bibliothèque portant son nom.

Construit entre 1824 et 1842 par la famille Franconie, cet immeuble est construit en U avec un petit jardin intérieur. Il est posé sur un socle de 1, 60 m fabriqué de moellons en pierre et en briques. Le bâtiment est bâti sur une ossature en bois avec un remplissage en briques. Les parois des murs sont des planches montées à clin. A l'époque, le magasin, très grand, était au rez-de-chaussée et l'habitation se situait à l'étage.

Gustave vendra la maison familiale devenue aujourd'hui musée départemental Alexandre Franconie à l'administration. Conformément au testament de son père, il fera don en 1883 de la bibliothèque de son père, et de différents objets lui ayant appartenu, à la colonie.

Labellisée "Maison des Illustres" en 2011, cette maison-musée, propriété du département, est aussi classée Monument Historique par arrêté du 14 février 1986.

Informations pratiques : Musée départemental Alexandre Franconie, 1 avenue du Général de Gaulle, 97300 Cayenne. Téléphone : 05 94 29 59 13.

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Maison de la Soeur Anne-Marie Javouhey à Mana

Née le 10 novembre 1779 à Jallanges en Côte d'Or, fille de Balthazar et de Claudine Parisot, Anne Javouhey, et ses trois autres sœurs deviendront religieuses le 12 mai 1807 dans l'église Saint-Pierre de Chalon. Anne deviendra sœur Anne-Marie en religion, Pierrette née en 1785 sera nommée sœur Marie-Thérèse, Marie-Françoise née en 1787 s'appellera sœur Marie-Joseph, et la plus jeune Claudine, née en 1790 choisira le nom de sœur Rosalie.

Anne-Marie est la fondatrice de la congrégation qui prendra le nom des sœurs Saint Joseph de Cluny le 29 mai 1812, premier ordre des religieuses missionnaires en France. En effet, au fil des années, la congrégation qui a pour but principal l'éducation s'implantera sur les cinq continents. A partir de 1817, les premières religieuses s'installeront à l'Île Bourbon (ancien nom de l'île de la Réunion jusqu'à la révolution), puis au Sénégal en 1821, en Guinée, en Martinique et en Guyane en 1822, et en Guadeloupe en 1823 ...

Anne-Marie Javouhey elle-même arrivera en Guyane fin août 1828 et édifiera à Mana un établissement agricole avec, durant les deux premières années, l'aide financière du gouvernement. Elle dispensera une instruction générale et professionnelle aux esclaves, en récupérant jusqu'à 520 qui travaillaient alors à Cayenne, et en les préparant progressivement à la liberté. En 1838, elle présidera l'émancipation de 185 d'entre eux et 85 familles recevront un demi-hectare de terre en totale propriété.

Ayant quitté la Guyane en juin 1843, les relations de la Congrégation des sœurs de Saint Joseph de Cluny en Guyane se détériorèrent quelque peu, aboutissant à la reprise en main le 1er janvier 1847 de l'Etablissement de Mana par l'administration coloniale (Arrêté concernant l'établissement de Mana du 22 décembre 1846).

Bien que la Mère Anne-Marie Javouhey n'ait jamais habité cette maison des sœurs de Mana, car elle fut construite en 1845 (Cf. base Mérimée), elle n'en demeure pas moins un symbole majeur de l'abolitionnisme en Guyane porté par une personnalité hors du commun. Elle décédera le 15 juillet 1851 à Paris. La Révérende mère sera béatifiée à Rome par le Pape Pie XII le 15 octobre 1950.

Propriété de la congrégation Saint Joseph de Cluny, la maison des sœurs de Mana est classée Monument Historique par arrêté du 22 septembre 1987 et a été labellisée "Maison des Illustres" en 2011. Elle a fait l'objet d'une importante restauration aussi bien intérieure que des façades extérieures entre février et décembre 2010.

Informations pratiques : Maison de sœur Anne-Marie Javouhey, Communauté Saint-Joseph, 1 rue Patrice Bourguignon, 97360 Mana. Téléphone :05 94 34 82 70.

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Sources :

Sites du Ministère de la culture de de la communication ( Maisons des Illustres, base Mérimée).

Bulletins officiels de la GF.

Sites du Conseil Général de la Guyane (https://bibliotheques.cg973.fr/).

Site du Comité National pour la Mémoire et l'Histoire de l'Esclavage (CNMHE).

Maison natale de Félix Eboué (http://musee.cg973.fr/ws/collections/app/report/le-musee.html?id=5).

Archives Nationales d'Outre-Mer (ANOM).

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Rédigé et publié par Phil - dans Vie en Guyane
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19 novembre 2015 4 19 /11 /novembre /2015 11:28

Sur la place des Palmistes à Cayenne, se dresse en son milieu une colonne célébrant le centenaire de la Révolution française de 1789. Appelée Colonne de la République, elle porte à son sommet un buste de Marianne, symbole qui représente la République Française et ses valeurs contenues dans la devise " Liberté, Égalité, Fraternité ". Marianne, qui porte un bonnet phrygien, est la contraction de Marie-Anne, prénom féminin très répandue et populaire au XVIII° siècle ...

Les cayennais décidèrent de commander un monument commémoratif du centenaire de la grande révolution. Ce monument porte plusieurs inscriptions latines comme "Nepotes Gloriae Avorum 1889" (Les descendants à la gloire de leurs ancêtres), "Coeperunt cives libertatem 1789" (Les citoyens ont conquis leur liberté), ainsi que d'autres mots latins sur les quatre côtés du support de la colonne tels que : Pax, Lux, Jus, Lux (Paix, Loi, Justice, Lumière). Une gueule de lion, grande ouverte, représente la force du peuple.

Le monument ne fut inauguré que le 14 juillet 1890, soit un an après l'anniversaire du centenaire de la Révolution du 14 juillet 1789, jour de la fête nationale, qui commémore la prise de la Bastille et la fin de la monarchie absolue.

Mais la petite histoire en Guyane nous apprend que le fondeur Maurice Denonvilliers, débordé par les commandes pour la commémoration du centenaire de la révolution, n'avait plus de bustes de Marianne disponibles, tout son stock étant épuisé. Aussi, décida-t-il d'utiliser un buste de Charlotte Corday qui, après quelques petites retouches comme l'ajout d'un bonnet phrygien, faisait une "Marianne" très honorable.

Les guyanais ayant appris ce subterfuge, et loin de s'en offusquer, trouvèrent l'affaire cocasse et baptisèrent du nom de "Charlotte" le buste de la République, place des Palmistes. Certains lui rajoutèrent même le titre de reine d'où l'appellation encore répétée aujourd'hui de "Buste de la reine Charlotte" pour nommer la colonne commémorative du centenaire de la Révolution française ...

Pour mémoire, Marie-Anne Charlotte Corday d'Armont assassina à Paris le 13 juillet 1793 dans sa baignoire le député à la Convention Jean-Paul Marat. Après un jugement expéditif, elle fut guillotinée le 17 juillet 1793 à l'âge de 25 ans.

L'autre histoire de la Colonne de la République à Cayenne ...

Autres photos de la Colonne de la République :

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Sans vouloir remettre en doute la belle histoire guyanaise du buste de la reine Charlotte, dont la source semble être de tradition orale, mais le proverbe nous apprend que "Lafimé pa ka maché san difé" (Il n'y a pas de fumée sans feu) ...

L'autre histoire, à défaut de se substituer à la première, pourrait sans problème la compléter. Elle trouve son origine dans les noms gravés à la base du monument soutenant la colonne, comme vous pouvez le constater sur la mini photo à gauche de ce texte (vous pouvez l'agrandir en cliquant dessus). Ces noms représentent les acteurs qui ont participé à la création - élaboration de ce monument commémoratif de 1789 :

Maurice Denonvilliers (1848-1907), à qui l'on attribue la "transformation" du buste de Charlotte Corday en buste de Marianne, était le directeur de la fonderie installée à Sermaize-sur-Saulx (51), commune devenue à la fin du XIX° siècle Sermaize-les-Bains.

Charles Gauthier (1831-1891) était un sculpteur ayant réalisé de nombreuses œuvres monumentales. Récompensé à de multiples reprises, il fut nommé chevalier dans l'ordre de la Légion d'honneur en juillet 1872.

Jacques France, pseudonyme de Paul Lecreux (1826-1894), est un sculpteur franc-maçon qui a notamment réalisé une Marianne parée d'attributs maçonniques début 1881. Membre de la loge L’Étoile Polaire à Paris, Paul LECREUX s’était fait connaître par des oeuvres patriotiques.

Edmond Guillaume (1826-1894) était un architecte des monuments et des palais nationaux. Il reçut lui-aussi de nombreuses récompenses durant sa carrière et fut également nommé chevalier de la Légion d'honneur en décembre 1866.

L'Union Statuaire, entreprise de fonderie qui était située à Asnières et dirigée par Paul Lecreux, également connu comme sculpteur sous le pseudonyme de Jacques France (voir plus haut).

L'autre histoire de la Colonne de la République à Cayenne ...

La photo ci-dessus représente le buste de Marianne paru en première page du "Le Petit Journal - supplément illustré - daté du samedi 21 février 1891" avec en sous-titre : Le nouveau buste officiel de la République (projet de MM Jacques France et Charles Gauthier). L'article à l'intérieur du journal précise que ce buste peut être réellement considéré comme le nouveau buste officiel de la République, bien qu'aucune décision ministérielle ne soit intervenue.

On apprend aussi dans cet article de février 1891 que le gouvernement a préféré s'en rapporter au jugement des députés de la nation et voici le vœu que ceux-ci ont émis :" Attendu que depuis bientôt vingt ans que la République est proclamée, il n'existe d'autre buste officiel de la République que celui du gouvernement du 16 mai, les députés soussignés émettent le vœu de voir confirmer le suffrage de la majorité des républicains de France et des colonies, qui ont adopté, comme la figure personnifiant le mieux la République, le buste de Jacques France et Charles Gauthier." (suit la signature de 166 députés).

L'article poursuit: "La belle œuvre de MM Jacques France et Charles Gauthier avait précédemment reçu une importante consécration. L'original en fut inauguré au banquet des maires le 14 juillet 1888 ..." et notamment par le président de la République en personne. Bien que de nombreux autres projets furent présentés à la Chambre des députés, une commission se constitua en dehors du Parlement et adopta le 6 mars suivant, le projet présenté par le sculpteur Jacques France.

Un autre extrait de l'article du petit Journal précise: "Ce projet n'étant qu'une maquette, Jacques France s'adjoignit pour l'exécution son confrère Charles Gauthier, puis les deux collaborateurs firent appel aux connaissances techniques d'Edmond Guillaume, l'érudit architecte du Louvre, et de cette triple collaboration sortait le monument complet ...".

Et c'est ainsi que le nouveau buste de Marianne se retrouva en 1889 au sommet de la colonne de la République sur la Place des Palmistes à Cayenne ... S'agissant d'une nouvelle Marianne que nul ne connaissait, ne fut-elle pas confondue avec le buste de Charlotte Corday ? Peu importe après tout, les deux histoires, à défaut de se substituer, peuvent se compléter !

D'autres monuments, très nombreux, réalisés par ces mêmes artistes, y compris fondus par Maurice Denonvilliers, s'élevèrent, avec une ressemblance troublante avec notre Reine Chalotte, en de très nombreux autres lieux de la métropole et des colonies, afin de commémorer le centenaire de la grande révolution comme on peut en voir quelques unes ci-dessous ...

Source : Base Palissy du ministère de la cultureSource : Base Palissy du ministère de la cultureSource : Base Palissy du ministère de la culture

Source : Base Palissy du ministère de la culture

Sources :

Conseil Général de la Guyane - Lieux patrimoniaux guyanais - La place des Palmistes.

Le Petit Journal - supplément illustré - 21 février 1891 (Gallica).

Ministère de la culture - Base Palissy

http://www.linternaute.com/actualite/magazine/musee-franc-maconnerie/marianne-jacques-france.shtml

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Rédigé et publié par Phil - dans Vie en Guyane
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11 novembre 2015 3 11 /11 /novembre /2015 10:30

Si l’on habite Saint Laurent du Maroni, ou en simple visiteur, il est quasiment impossible de ne pas avoir vu ou remarqué l’imposante statue du bagnard qui s’élève au bord du fleuve Maroni, à côté de l’office du tourisme, et non loin de l’entrée du Camp de la Transportation.

Habitant la Guyane depuis de nombreuses années, j’avais bien évidemment, et comme tout le monde oserais-je dire, admiré cette sculpture monumentale et l’avais photographié à chacune de mes visites dans cette ville, m’interrogeant sur son histoire …

Quelques recherches sur Internet me permirent cependant, et rapidement, d’obtenir quelques informations complémentaires sur le « coupable » de cette magnifique sculpture en bronze. Il s’agit de Bertrand Piéchaud, un artiste bordelais qui, dois-je l’avouer, m’était jusqu’à présent totalement inconnu. Son nom figure d’ailleurs dans un coin sur la plaque de bronze.

Son site Internet (www.bertrandpiechaud.fr/) nous donne une idée de ses multiples talents car l’homme est à la fois peintre, graveur et sculpteur. Quelques-unes de ses œuvres sont exposées sur son site.

La statue du bagnard à Saint Laurent du Maroni (Guyane)

Malgré mes recherches, je n’ai rien trouvé sur Internet si ce n’est le nom donné à cette sculpture par les touristes qui, sur leurs blogs, légendent la photographie de différents noms comme « Le penseur » ou « Le désespéré », mais celui qu’on retrouve le plus souvent est « La peine du bagnard » …

Finalement, je décidais d’envoyer un mail à l’auteur avec quelques questions, espérant qu’il m’éclaire quelque peu sur son histoire. Quelle ne fut pas ma surprise de recevoir dès le lendemain une réponse de Bertrand Piéchaud me remerciant de l’intérêt que je portais à sa sculpture et me demandant de lui communiquer mon numéro de téléphone afin qu’il me raconte l’histoire de la statue !

Dès le lendemain, je recevais un coup de fil d’un homme qui m’apparût, d’emblée, d’une grande amabilité et qui me parlait de son attrait pour Saint Laurent du Maroni, de la gentillesse du maire Léon Bertrand, de son bonheur de se promener sur le fleuve à bord d’une pirogue … Bref, il me parlait de tout, et occasionnellement, lorsque je revenais à mon questionnement sur la statue, me dévoilait par bribes les circonstances ayant abouti à la réalisation de cette œuvre et à son installation sur les bords du Maroni.

Voilà ce que j’en ai retenu …

La statue du bagnard à Saint Laurent du Maroni (Guyane)

Venus passer quelques jours de congés courant 1991 avec son épouse Marie pour venir voir leur fils David qui vit sur un bateau dans la région de Saint Laurent, et alors qu’ils étaient attablés en famille dans un bistrot du coin – sa belle-fille Jeannette, une authentique femme du fleuve de l'ethnie Paramaca, m’a-t-il alors précisé, et qu’il aime beaucoup, sait aussi manier la pirogue avec dextérité - il émit l’idée de faire une sculpture pour cette ville qu’il admirait tant. Son fils lui répondit que si sculpture il voulait faire, ce ne pouvait être dans cette ville de Saint Laurent que la statue d’un bagnard …

Aussi dit aussitôt fait, la nuit même dans sa chambre d’hôtel, Bertrand Piéchaud dessinait les contours de la statue, esquisse qui, en réalité, n’évoluera pas et deviendra, après bien des péripéties et autres aléas, la statue que chacun peut aujourd’hui admirer.

Le lendemain même, il se présentait à la mairie et rencontrait le maire Léon Bertrand - un homme affable et fort sympathique (sic) - pour lui présenter son projet et lui montrer l’ébauche de sa future sculpture. Léon Bertrand accepta aussitôt et le projet devint ainsi réalité.

Comme toute œuvre, le monument fut d’abord réalisé en plâtre dans l’atelier bordelais de l’artiste, avant d’être coulé en bronze dans une fonderie appartenant à l’un de ses amis médecins.

Cette pièce en bronze fut tirée par Laurent inquimbert, fils de l'ami médecin dont le nom est Philippe Inquimbert, un des premiers "amateurs éclairés" à retrouver les gestes et techniques de la fonderie d'art à cire perdue. Quant à Laurent Inquimbert, il créa la "Fonderie du Barrou" d'où a été tirée la statue du bagnard de St Laurent-du-Maroni. Celui-ci est maintenant fondeur dans le Var, à l'atelier "ATELIER960" et est l'un des deux meilleurs ouvriers de France (fondeur d'art statuaire, cire perdue). Vous pouvez consulter son site : www.inquimbert.com.

La statue du bagnard à Saint Laurent du Maroni (Guyane)

Interrogé sur les dates de réalisation, d’expédition et d’installation de la statue à Saint Laurent du Maroni, Bertrand Piéchaud a dû faire appel à son épouse Marie qui, m'a-t-il semblé, assure officieusement les fonctions de documentaliste au profit de son artiste de mari dont la chronologie ne constitue pas, à juste raison, le plus important dans ses œuvres …

Toujours est-il que j’ai pu apprendre, grâce aux extraits d’articles de presse conservés précieusement par son épouse, que la statue avait quitté Bordeaux par bateau le 13 avril 1993, qu’elle était arrivée en Guyane le 19 juin 1993 et à Saint Laurent du Maroni le 21 juin. Le maire Léon Bertrand présentera la sculpture au public Saint Laurentais à la mi-août 1993.

Bertrand Piéchaud, un artiste internationalement reconnu qui a exposé dans de nombreuses villes du monde, a également réalisé deux autres sculptures liées à la Guyane : Les trois enfants à Saint Laurent du Maroni et le buste de Guillaume Seznec.

Disons-le tout de suite, et pour reprendre une expression que j’ai adoptée il y a bien des années pour distinguer un type sympathique d’un autre : « j’irai bien boire un verre avec lui » ! Bertrand Piéchaud fait sans aucun doute partie de ces hommes charmants, simples et, à l’en croire la presse bordelaise, discret. Nous pourrions ainsi, attablés au bord d’une terrasse de la plus belle ville de Guyane, parler de l’air du temps, de la beauté des femmes, de la Guyane si attachante, de la vie à Saint Laurent, mais aussi du temps qui passe … vite, trop vite !

La statue du bagnard à Saint Laurent du Maroni (Guyane)

Sources :

Conversation avec Bertrand Piéchaud, et support de son épouse Marie.

Site Internet : (www.bertrandpiechaud.fr/)

Echange de mails avec Laurent Inquimbert (fin octobre 2016)

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Rédigé et publié par Phil - dans Vie en Guyane
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2 octobre 2015 5 02 /10 /octobre /2015 15:22

L'hôpital Jean Martial, situé au numéro 2 de l'avenue Léopold Héder et au 9 de la rue Fiedmont à Cayenne, tombait progressivement en ruine depuis son abandon en 1991 comme centre hospitalier. Le Conseil général l'utilisa jusqu'en 1995 pour y abriter certains de ses services. Inscrit à l'inventaire des Monuments Historiques par arrêté du 9 décembre 1992, un nouvel arrêté du 22 avril 2013 le classe Monument Historique dans sa totalité, y compris son sous-sol.

Eu égard à l'emplacement de ce site qui est en prolongement de la place des Palmistes, et à son caractère historique, de nombreux projets de réhabilitation ont été envisagés mais sans qu'aucun d'entre eux n'aboutisse. Ce ne sera finalement que le 3 septembre 2010 qu'une convention-cadre sera signée entre le Conseil Régional, le Conseil Général, propriétaire du site, et l'Etat (Ministère de la Culture) avec comme objectif de restaurer et de valoriser le site de l'ancien hôpital Jean Martial pour y créer la Maison des Cultures et des Mémoires de la Guyane. L'originalité de cette convention réside dans son montage financier puisque la parité est totale entre les trois signataires.

Cette convention a aussi permis de réaliser les premiers travaux de conservation comme les toitures en tuiles des deux bâtiments principaux, la réfection des charpentes et la construction d'une dalle de béton sous les toitures. Le projet complet est estimé à environ 50 millions d'euros répartis entre les deux sites que sont l'ancien hôpital Jean Martial (29 millions) et le nouveau site du Moulin à vent en cours de construction à Remire-Montjoly situé près de RFO, face à la mairie.

L'ancien hôpital Jean Martial abritera le musée départemental, le musée des cultures guyanaises, les archives départementales, une cinémathèque, des expositions temporaires et permanentes, le dépôt des fouilles archéologiques et un espace dédié aux enfants. Quant au site du Moulin à vent de Remire-Montjoly, il comprendra des salles de lecture des archives, un atelier de restauration, des magasins et les réserves des musées.

Déjà le 24 octobre 2014 avait été inauguré l'Espace culturel Joseph Ho-Ten-You dans le Pavillon séparé par le porche d'entrée de l'ancien hôpital, en hommage à l'ancien président du Conseil général. Cet Espace de plus de 400 m2, qui préfigure la future Maison des Cultures et des Mémoires de la Guyane, abrite des expositions temporaires des fonds patrimoniaux appartenant aux différents musées de la Guyane.

Rappelons que Joseph Ho-Ten-You décédé le 31 août 2014 à l'âge de 72 ans, chirurgien-dentiste de profession, avait été conseiller général du canton de Remire-Montjoly depuis le milieu des années 80 et conseiller municipal. Il fut président du Conseil général entre 2001 et 2004.

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Jean Martial, médecin militaire

Le nom de Jean Martial, médecin militaire ayant le grade de lieutenant-colonel, a été donné à cet hôpital lors d'une inauguration le 18 juin 1946 en présence du gouverneur Jean Peset, de Gaston Monnerville, et des autorités civiles et militaires. Originaires de la Guyane, Jean Martial et Gaston Monnerville étaient non seulement de la même génération mais ils étaient aussi amis. Ils ont fait tous les deux leurs études à la même époque au collège de Cayenne, puis à Toulouse, tout en poursuivant des chemins professionnels différents.

Jean Raphaël Olivier Eugène Martial est né le 28 mai 1896 à Cayenne au domicile de ses parents, rue des remparts. Il est le fils de Léon Mirtil Martial qui avait alors 27 ans et était employé au télégraphe, et de Pauline Victoire Caroline Monrose, 25 ans, sans profession. Jean Martial aura six autres frères et sœurs : Charles ( 1895-1942), Emilie (1897- 1985), Victor (02/1900-08/1900), Armande (1901-1982), Léonie (1903-2003) et Rose (1908-1934).

Il est à noter que ses parents Léon Martial (né le 13 novembre 1868 à Sainte Anne en Guadeloupe / décédé le 16 janvier 1949 à Aix-en-Provence) et Caroline Monrose (née le 17 novembre 1869 à Cayenne / décédée le 8 février 1955 à Aix-en-Provence) deviendront tous les deux instituteurs. Déjà, lors de la naissance de sa fille Emilie en novembre 1897, Léon avait embrassé la profession d'instituteur. On retrouve ainsi la trace de leur mutation commune à l'école primaire d'Iracoubo en 1913 (Décision du 13 octobre 1913 portant mutations dans le personnel de l'Enseignement primaire). En septembre 1916, ils reviennent tous les deux à Cayenne.

Après de brillantes études au collège de Cayenne, Jean Martial poursuit ses études supérieures à Toulouse. Il participe à la première guerre mondiale dans les troupes des tirailleurs sénégalais. Ayant intégré l'école de santé de la marine en 1920, il obtient son diplôme de docteur en médecine en 1922.

Affecté en Afrique occidentale française, puis en Indochine, on le retrouve chef du service de santé de la côte française des Somalis en 1939. Jean Martial meurt du Typhus le 18 juin 1939 à Djibouti à l'âge de 44 ans. Il était détenteur de nombreuses distinctions honorifiques : Chevalier de l'Ordre de l'Etoile noire en 1928, Chevalier de la légion d'honneur en 1931 et Chevalier de l'Ordre du Dragon d'Annam en 1936.

Marié le 1er juin 1933 à Paris avec Simone Marie Binkert (née le 17 février 1906 à Montélimar / décédée le 1er avril 2000), Il aura trois enfants nés à Lang-Son au Vietnam : Philippe (1934) et les deux sœurs jumelles Claudine et Brigitte (1936).

Autres photos de l'ancien hôpital Jean Martial aujourd'hui

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Historique de l'hôpital de Cayenne au XVIIe et XVIIIe siècle

Un premier "hôpital" avait été sommairement construit en 1698 mais détruit par un incendie : "Ainsi la ville de Cayenne compte, en 1698, un hangar recouvert de feuilles de palmiers, pompeusement appelé l’hôpital" (A. Henry)". Celui-ci fut reconstruit en pierre dans les années 1716-1717, sous le gouverneur Claude Guillouet, seigneur d'Orvilliers, capitaine de frégate, à l'emplacement des anciennes douanes en direction de l'actuel vieux port, bâtiment aujourd'hui réhabilité et occupé par la Direction des Affaires Culturelles.

Le Révérend Père Labat, de l'Ordre des Frères prêcheurs, raconte dans le Tome III de l'ouvrage intitulé "Voyage du chevalier Des Marchais, en Guinée, Isles voisines, et à Cayenne : fait en 1725, 1726 et 1727" qu'en 1726, l'hôpital des malades est au pied du port. C'est le troisième bâtiment de pierre qui est dans la ville. Une carte de la ville de Cayenne dressée par le chevalier Des Marchais positionne l'hôpital près du port au pied du fort Saint Michel maintenant nommé fort Cépérou (cliquez sur l'image à gauche pour l'agrandir).

Quatre sœurs de la congrégation de Sant Paul de Chartres, à l'époque nommées sœurs grises, arriveront en Guyane dès 1727 pour s'occuper de l'hôpital. Elles seront une trentaine à se succéder jusqu'en 1789. Mais après quelques décennies, l'hôpital royal n'est plus adapté, mal ventilé et doit être refait en urgence.

Pierre-Victor Malouet, commissaire général de la marine et ordonnateur en Guyane entre 1776 et 1778, demande en 1777 à l'ingénieur géographe du Roi Jean-Baptiste Tugny de réaliser un projet de nouvel hôpital et de présenter les devis d'après les dessins réalisés. Malouet confiera à Jean-Baptiste Tugny la réalisation de ce nouvel hôpital en 1778.

Plan du projet de l'hôpital royal dressé par Jean-Baptiste Tugny le 1er Octobre 1777, ingénieur géographe du Roi, arpenteur (Source ANOM)

Plan du projet de l'hôpital royal dressé par Jean-Baptiste Tugny le 1er Octobre 1777, ingénieur géographe du Roi, arpenteur (Source ANOM)

Histoire contemporaine de l'ancien hôpital Jean Martial

Il est difficile de savoir si ce projet d'hôpital ci-dessus a été réalisé ou non, en totalité ou en partie, en 1789 sur l'emplacement actuel de l'ancien hôpital Jean Martial. De nombreux autres plans de construction ou d'amélioration de l'hôpital militaire à partir de 1819 sont accessibles dans les archives nationales d'outre-mer. De même, de nombreux édifices de l'hôpital ont été démolis, d'autres construits et certains modifiés depuis le début du XIXe siècle ...

En 1808, il ne restait que trois sœurs de Saint Paul de Chartres à l'hôpital. Elles reviendront après le départ des Portugais de la Guyane en 1817. En avril 1842, il y aura dix sœurs affectés aux soins des malades dont une sœur supérieure. En 1865, 13 sœurs sont affectés au service de l'hôpital militaire. Un bâtiment servant de logement leur avait été construit en 1856, auquel sera rajouté une chapelle.

Les bâtiments en bois seront reconstruits en maçonnerie durant l'époque du gouverneur Jean-Louis Loubère entre 1870 et 1877. Des éléments métalliques ont été utilisés dans la maçonnerie et les galeries. Le plan de l'hôpital qui fut dénommé "colonial", puis "militaire" avant qu'on le baptise en 1946, comme déjà précisé, du nom du médecin militaire Jean Martial, n'a pas tellement évolué depuis 1879, comme on peut le voir sur le plan ci-dessous.

Plan émanant des archives nationales d'outre-mer (modifié pour y ajouter les fonctions des bâtiments)

Plan émanant des archives nationales d'outre-mer (modifié pour y ajouter les fonctions des bâtiments)

Cartes postales anciennes et gravure de l'hôpital colonial de Cayenne

Ancien hôpital Jean Martial à CayenneAncien hôpital Jean Martial à Cayenne
Ancien hôpital Jean Martial à CayenneAncien hôpital Jean Martial à Cayenne

Sources :

Bulletins officiels de la Guyane Française.

Archives Nationales d'Outre-Mer (ANOM).

Voyage du chevalier Des Marchais en Guinée, Isles voisines, et à Cayenne: fait en 1725, 1726 et 1727 "parle R.P Labat - publié en 1730.

Jean-Baptiste Tugny, géographe du Roi (Généalogie et Histoire de la Caraïbe / Numéro 64 - Octobre 1994).

Association Amicale Santé Navale et d'Outre-Mer (ASNOM).

Site du Conseil Général de la Guyane : Ancien hôpital jean Martial

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16 septembre 2015 3 16 /09 /septembre /2015 08:20

Le zoo de Guyane est situé sur les communes de Macouria et de Montsinéry, sur la route CD5 en direction de Montsinéry. Lorsque l'on vient de Cayenne, il faut tourner à gauche après la station essence un peu avant d'arriver dans le bourg de Macouria. Avec ses 450 animaux et ses soixante dix espèces, le parc zoologique et botanique possède quasiment toutes les espèces que l'on rencontre en Guyane.

Le zoo est ouvert de 9h30 à 17h30 tous les jours de l'année, y compris les jours fériés. Les dernières visites autorisées dans la journée le sont avant 16h30. Le tarif est de 16,50 € pour un adulte et de 10 € entre 3 et 12 ans, gratuit pour les moins de trois ans. Un ticket d'entrée est valable un an, ce qui est très intéressant pour les résidents en Guyane, qui peuvent ainsi revenir durant la même année sans avoir à débourser le moindre centime ...

Véritable attraction touristique en Guyane, la visite se fait en suivant un sentier balisé au milieu de la forêt et avec quelques abris en cas d'averses. Il faut compter environ deux heures pour faire la balade. Il existe en outre un parcours sportif de type accrobranche au milieu de la canopée et également une aire de jeux pour les enfants de plus de deux ans. Une boutique avec des souvenirs et autres babioles termine la promenade dans ce magnifique parc zoologique.

Le zoo abrite aussi un centre de soins, non ouvert au public, qui intervient pour soigner les animaux sauvages blessés ou en détresse, amenés par des organismes comme l'office national de la chasse et de la faune sauvage (oncfs) ou même par des particuliers.

Les propriétaires de la SARL Parc animalier de Guyane vivent en Guadeloupe. Localement, le zoo est dirigé par un vétérinaire aidé par une petite équipe composée notamment de soigneurs animaliers.

Origine et visite du zoo de Guyane

Excepté trois ou quatre espèces d'animaux que l'on ne rencontre pas en Guyane, notamment les Loriquets que l'on découvre au début de la visite dans la grande serre Eugène Bellony, le zoo permet de découvrir la faune sauvage guyanaise. Près de chaque espèce, figure un panneau descriptif avec des informations utiles sur sa répartition géographique, sa longévité ou encore ses mensurations (taille et poids) et même son nom en créole guyanais ...

Les animaux sauvages, notamment les mammifères, se trouvent dans de grands enclos qui ressemblent à leur milieu naturel. On y trouve par exemple plusieurs espèces de félins, mais aussi des serpents comme les boas ou même des anacondas, et tous les primates de Guyane excepté le Saki Satan (Chiropotes satanas). Outre les différentes espèces de caïmans, on trouve aussi des oiseaux ou encore de gros rapaces, et beaucoup d'autres espèces d'animaux qui vivent en Guyane ...

La visite est aussi l'occasion d'admirer la nature. Là-aussi, des panneaux précisent les noms et spécificités des arbres ou des plantes rencontrées durant le parcours.

La particularité de ce zoo entouré de savane et de forêt est qu'il y a beaucoup d'animaux sauvages en liberté qui se rapprochent des enclos où se trouvent leurs congénères captifs !

La dernière photo en bas de cet article montre deux primates "Capucin brun" qui posaient en pleine journée à proximité des capucins dans leur enclos ... Mais il en va de même pour les autres espèces, y compris des félins qui, eux, préfèrent s'approcher nuitamment du zoo.

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Le 23 juillet 2014, le zoo et la Région Guyane ont inauguré la serre tropicale baptisée du nom d'Eugène Bellony. Né en 1911, Eugène Bellony est le premier à avoir créé chez lui sur son terrain près de la source de Baduel à Cayenne ce qui deviendra le premier mini-zoo de Guyane. Passionné par la faune sauvage, il a d'abord commencé par accueillir les animaux blessés ou en détresse qu'il soignait et nourrissait lui-même. Puis, il a ouvert son petit parc animalier de Baduel aux visiteurs car l'entretien de tous ces animaux lui coûtait fort cher ! A son décès en janvier 1984, les animaux seront recueillis au Jardin botanique de Cayenne.

En 1983, Rodolphe Watshinger, ethnologue de formation, créé en 1983 une société Fauna Flora Amazonica qui est un centre d'acclimatation et d'élevage pour les colibris qu'il destine à la vente à un industriel allemand. La réglementation du 15 mai 1986 portant sur des statuts de protection des espèces l'oblige à changer d'activité. Soutenu par les élus de l'époque qui y voyait un grand intérêt touristique, R. Watshinger créé alors la Réserve animalière Macourienne à vocation récréative qui deviendra le zoo de Guyane.

Bien avant le décès de R. Watshinger survenu le 24 mars 2009 à l'âge de 76 ans, le zoo de Macouria aura connu bien des péripéties, principalement financières. Ce parc animalier sera sauvé in extremis par son rachat en 2002 par les communes de Macouria et de Montsinéry. Mais les problèmes financiers continueront à s'aggraver et aboutiront au dépôt de bilan en 2007.

Le Parc animalier de Guyane sera finalement racheté à cette époque par le zoo des Mamelles de Guadeloupe, représenté par Monsieur et Madame Chaulet. Il sera fermé pendant plus d'un an pour cause de travaux après d'importants investissements aussi bien en fonds privés qu'en subventions.

Aujourd'hui, le Parc zoologique et botanique est, avec les Îles du Salut et le Centre Spatial, l'un des sites les plus visités de Guyane avec plus de 44 000 entrées en 2013 (17 000 en 2004) ...

Ce Capucin brun et son petit se trouvaient à l'extérieur du zoo dans la forêt mais à une dizaine de mètres de l'enclos de leurs congénères captifs !

Ce Capucin brun et son petit se trouvaient à l'extérieur du zoo dans la forêt mais à une dizaine de mètres de l'enclos de leurs congénères captifs !

Sources :

site Internet du zoo de Guyane (http://www.zoodeguyane.com/

Site Internet de la Région Guyane sur l'inauguration de la serre tropicale Eugène Bellony au zoo de Guyane (https://www.cr-guyane.fr/inauguration-serre-eugene-bellony-au-zoo-guyane/

Site Internet de Macouria (http://www.macouria.fr/tourisme-et-decouverte/le-zoo-de-guyane/

Site Internet de Montsinéry-Tonnégrande (http://montsinery-tonnegrande.mairies-guyane.org/

http://www.franceguyane.fr/actualite/economie-consommation/zoo-la-frequentation-s-envole-205643.php/

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Rédigé et publié par Phil - dans Vie en Guyane
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9 juillet 2015 4 09 /07 /juillet /2015 11:41

L'Acarouany est une rivière, affluent du fleuve Mana dont l'embouchure est proche de celle du fleuve Maroni dans l'est de la Guyane. C'est aussi un lieu-dit où fut installé en 1833 une léproserie, proche du village de Javouhey.

Ce village de Guyane fut créé par la Révérende Mère Anne-Marie Javouhey, fondatrice de la congrégation des sœurs de Saint Joseph de Cluny, dont les premières représentantes arrivèrent en Guyane en 1822. Javouhey est depuis 1979 principalement peuplé de réfugiés hmongs originaires du Laos et constitue le deuxième village hmong de Guyane après Cacao.

En 1950, l'ancienne léproserie deviendra Sanatorium hansenien de l'Acarouany - du nom du médecin norvégien Hansen qui découvrit en 1873 la bactérie responsable de la lèpre - jusqu'en 1979, année de fermeture définitive de cet établissement. Plus tard, le site devint l'un des quatre camps en Guyane à accueillir des réfugiés du Suriname fuyant la guerre civile à partir de 1986 jusqu'en 1992, sous l'égide des Nations Unies.

Non entretenu, les alentours de l'ancien sanatorium ont rapidement été recouverts par la végétation. Quelques bâtiments et autres cases des anciens lépreux sont encore occupés aujourd'hui par des familles d'immigrés en situation irrégulière.

L'association culturelle SARPA de la commune de Mana a récemment entrepris d'organiser des "Mayouri (1)" afin de nettoyer et de valoriser le vieux cimetière de la léproserie de l'Acarouany qui comprend a priori autour de 400 tombes.

D'abord appartenant à l'Etat, puis au département, le site de l'Acarouany est depuis 2013 sous la responsabilité de la commune voisine de Mana. L'ancienne léproserie, et son terrain d'assiette, sont protégés par un arrêté du 20 décembre 1999 les classant Monument Historique.

(1) Mayouri : En langage créole, un mayouri est un rassemblement ponctuel de volontaires qui participent bénévolement à l'exécution d'un gros travail agricole ou autre, pour un particulier ou dans le cadre d'une association, et cela dans la bonne humeur et dans une ambiance festive.

Ancienne léproserie de l'Acarouany près de Mana (Guyane)

Nul ne sait précisément à quelle date la lèpre a fait son apparition en Guyane, ni comment elle est arrivée. Il semble qu'elle n'existait pas dans cette partie du monde avant l'arrivée des colons européens ni avant le début de l'importation des esclaves en provenance d'Afrique.

Un rapport des commissaires de la société royale de médecine sur le Mal Rouge de Cayenne ou éléphantiasis, daté de 1784, présente une étude sur la lèpre et les moyens de l'arrêter et de guérir ceux qui en sont touchés. En effet, à cette époque, la lèpre et l'éléphantiasis étaient associés. Ces deux maladies, aujourd'hui bien identifiées et différenciées, étaient à l'époque appelées en Guyane " le mal rouge ".

Dans ce rapport de 1784, on apprend également qu'en Guyane, les lépreux étaient isolés depuis déjà sept ans sur une petite île au large de Cayenne. Il s'agit bien évidemment de l'Îlet la Mère sur lequel, à l'initiative de Pierre-Victor Malouet qui fut commissaire ordonnateur en Guyane entre 1776 et 1778, fut installé un établissement pour recevoir les ladres. Dès l'ouverture de la léproserie courant 1777, on y amènera quarante deux noirs et quatre blancs atteints par le mal rouge.

En 1823, le gouverneur de la Guyane, Pierre-Clément de Laussat, fit déplacer la léproserie de l'îlet la Mère sur les îles du Salut, plus précisément sur l'île Royale. Le 14 novembre 1823, un règlement pour la léproserie transférée aux Îles du salut fut institué par le nouveau gouverneur Milius.

Le 30 mars 1829, le Gouverneur DE FREYCINET avait désigné une commission pour visiter la léproserie des îles du Salut. Plus tard, et eu égard au délabrement des constructions de cette léproserie, une commission fut nommée le 28 mai 1832 par le gouverneur Jubelin pour faire un état des lieux et émettre un avis sur le meilleur endroit où cet établissement pourrait être déplacé, s'il devait l'être.

Case de lépreux à l'Acarouany (Source : Musée de la France d'outre-mer / Ministère de la culture)

Case de lépreux à l'Acarouany (Source : Musée de la France d'outre-mer / Ministère de la culture)

Le 18 mars 1833, et tenant compte de l'avis de la dernière commission d'inspection, le gouverneur Jubelin signera un arrêté ordonnant le transfert de la léproserie des Îles du Salut à l'Acarouany sur l'emplacement de l'ancien chantier d'exploitation de bois de marine (Extrait de cet arrêté à gauche). En avril 1833, le docteur Bayol, chirurgien de 1ère classe de la marine, et chef du service de santé à Cayenne, offrira un don de soixante quinze paillasses, d'une valeur d'environ 500 francs, à la nouvelle léproserie.

Deux des cases pour les lépreux ayant déjà été construites à l'Acarouany, le gouverneur donnera l'ordre le 14 décembre 1833 de transférer tous les lépreux des Îles du Salut au nouvel établissement qui leur a été préparé sur la rive gauche de la rivière.

Le 15 décembre 1833, un règlement concernant l'organisation et la police de la léproserie de l'Acarouany est validé par le gouverneur. Il y est précisé que la gestion de l'établissement sera assurée par Anne-Marie Javouhey, supérieure générale des sœurs de Saint Joseph, qui avait sollicité ce transfert et qui s'était engagée à se charger des soins et de la surveillance des lépreux en y affectant deux sœurs de sa congrégation. L'établissement continuera cependant à être administré en régie comme précédemment et à recevoir toutes les délivrances et prestations allouées aux Îles du Salut.

Le marché passé le 6 avril 1836 entre l'administration coloniale et la Supérieure de l'ordre de Saint Joseph pour l'entretien des lépreux au camp de l'Acarouany sera dénoncé par le gouverneur qui fera établir un nouveau règlement pour le service et la police de la léproserie le 5 janvier 1840. L'administration reprendra la main sur les bâtiments et les matériels en remettant en vigueur le système de régie. Au 31 décembre 1836, il y avait 117 lépreux dans le camp.

Un régisseur (Pierre-Auguste Huard) sera officiellement nommé le 20 février 1840 avec une prise de fonction au 1er mars. Outre les deux sœurs de la congrégation de Saint Joseph, un officier de santé et un ecclésiastique seront également affectés à la léproserie, ainsi que deux noirs de l'atelier colonial.

Ancienne léproserie de l'Acarouany près de Mana (Guyane)

En 1865-1866, la léproserie de l'Acarouany est transférée à la Montagne d'argent. Les constructions et le terrain de l'ancien établissement de l'Acarouany sont cédés à titre gratuit au service pénitentiaire. En mai 1866, l'état des lieux de l'établissement de l'Acarouany réalisé pour la cession se décompose comme suit :

- du logement du docteur (bâtiment principal à étage composé de trois pièces correspondantes, galeries sur la rue, peint et blanchi) ;

- logement des sœurs (maison principale à étage ayant trois pièces en bas et un dortoir au premier, petites réparations au faîtage, badigeonné, à étage, avec servitude servant de magasin et de cuisine, en bon état, non peint, barrière d'entourage neuve, platine montée sur maçonnerie, appartenant aux sœurs ;

- une chapelle (bâtiment à rez-de-chaussée, ayant une chambre pour sacristie et une pour le logement du curé, la toiture est en mauvaise état, les faîtages sont en partie disjoints, ce bâtiment est généralement surplombé ;

- premier hôpital (bâtiment à rez-de-chaussée, divisé en quatre pièces dont une chambre à punition, contient trois lits de camp, toiture mauvaise) ;

- Deuxième hôpital (bâtiment à rez-de-chaussée divisé en six chambres, toiture mauvaise ;

- Troisième hôpital (bâtiment à rez-de-chaussée divisé en six chambres, toiture entièrement défoncée) ;

Ces trois bâtiments ont besoin de fortes réparations.

- Deux cases couvertes en paille : la première est un peu ancienne, et l'autre est un construction neuve.

Finalement, la léproserie de la Montagne d'argent sera elle-aussi fermée début 1868 en raison des inconvénients posés par sa situation pour le bien-être des personnels internés mais aussi dû à l'évacuation de la partie du domaine occupé par le service pénitentiaire. La léproserie devait être transférée sur un terrain domanial occupé par les Jésuites sur la crique de Saint-Régis, affluent de la rivière Comté, dans le quartier de Roura.

Mais la léproserie reviendra s'installer sur le site de l'Acarouany dès 1869 pour y rester jusqu'à sa fermeture définitive en 1979. Cependant, après d'importants travaux de modernisation et d'amélioration, cette léproserie deviendra en 1950 un sanatorium hansenien moderne et bien équipé, rattaché au département.

Outre l'Acarouany, une léproserie fut installée un temps sur l'île du Diable pour les bagnards, puis transférée sur l'îlot Saint Louis, sur le fleuve Maroni, non loin de Saint Laurent.

Toutefois, la lèpre n'a pas complètement disparu en Guyane puisqu'une dizaine de cas sont encore diagnostiqués chaque année ...

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Ancienne léproserie de l'Acarouany près de Mana (Guyane)

Sources :

Bulletins officiels de la GF.

France-Guyane, article du 2 juillet 2015 : "Maladie peu contagieuse, la lèpre reste un problème".

France-Guyane, article du 29 avril 2015 : "Le cimetière de l'Acarouany ressort de la végétation".

Rapport des commissaires de la Société royale de médecine sur le mal rouge de Cayenne ou Eléphantiasis : imprimé sur ordre du Roi (1785).

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Rédigé et publié par Phil - dans Vie en Guyane
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22 juin 2015 1 22 /06 /juin /2015 11:16

Cacao est un village hmong rattaché à la commune de Roura qui compte un peu plus de 3000 habitants au total. Le bourg de Roura, situé sur la rive droite de l'Oyak, est quant à lui spécifiquement créole. L'église de Roura et ses alentours méritent largement une visite.

Cacao, situé à environ 75 km de Cayenne, est maintenant accessible par une belle route bitumée, ce qui n'était pas le cas il y a encore quelques années. Il n'y avait alors qu'une piste en latérite difficilement praticable en saison des pluies, et il n'était alors pas rare de crever un pneu de voiture, et même parfois deux, lorsque nous nous y rendions pour une balade dominicale.

Le marché de Cacao se tient tous les dimanches matin et vous y trouverez aussi bien des fruits et légumes que de l'artisanat local (vêtements/accessoires brodés ou tissés), ainsi que des fleurs et autres plantes. Si vous avez une petite faim ou soif durant votre passage au marché, des spécialités culinaires et autres jus de fruits frais vous y attendent.

Les Hmongs sont des montagnards originaires du Sud de la Chine qui se sont installés dans le nord du Laos. Persécutés par les armées vietnamiennes et laotiennes, ils se sont réfugiés pour une bonne partie en Thaïlande. En effet, lors des guerres d'Indochine et du Vietnam, les Hmongs avaient choisi d'aider les français, puis les américains.

En 1977, le gouvernement français a décidé d'accueillir des réfugiés hmongs et créé un village à vocation agricole sur le site de Cacao en Guyane sur des terres appartenant à l'Etat. Ce sont autour de 500 personnes qui arriveront progressivement courant septembre 1977 et qui seront transportés en camions militaires bâchés jusqu'au site de Cacao où ils seront hébergés dans des baraquements prêtés par l'armée.

Leur installation a été facilitée par la création d’une association locale pour le développement du site de Cacao (A.D.E.S.CA) créée par Mme Ho-A-Chuck, épouse du Dr Claude Ho-A-Chuck, chirurgien ORL, lui-même d'origine asiatique, et qui était à l'époque maire de la commune de Roura.

Cacao, un village hmong en Guyane

En 1979, soit deux ans après l'arrivée des premiers hmongs à Cacao, c'est près de Mana que sera construit l'autre village agricole hmong de Javouhey, avec là-aussi l'arrivée d'environ 500 personnes, non loin de l'ancienne léproserie de l'Acarouany. Aujourd'hui, un peu plus de 2000 Hmongs vivent en Guyane et sont donc répartis dans les deux villages de Cacao (Roura) et de Javouhey (Mana), mais aussi dans deux autres plus petites communautés fondées dans les années 1990, l'une au lieu-dit Rococoua (Iracoubo), et l'autre au lieu-dit Corossony (Regina).

Les hmongs ont construit eux-mêmes leurs maisons sur pilotis et les infrastructures communes du village (école, infirmerie, salle de réunion, église ....). Un peu plus tard, seront également construits un temple protestant, une garderie, et des locaux pour la coopérative agricole ...

Sur les 1350 hectares concédés par l'Etat à la Coopérative agricole pour une période de 99 ans, seuls 600 hectares exploitables seront défrichés et transformés en terres cultivables. Les premières années de leur implantation en Guyane, ils ont évité tout contact avec la population guyanaise. Il a fallu attendre plusieurs années avant qu'ils ne viennent vendre leur production sur les différents marchés. C'est le préfet qui les a convaincus même s'il y a eu au tout début quelques réactions d'hostilité à leur présence sur les marchés de Guyane.

Outre le maraîchage, les hmongs élèvent aussi des buffles et autres zébus. De plus, chaque famille a sont petit élevage de canards, de poules et de porcs qui sont vendus sur le marché de Cacao le dimanche matin et sur les autres marchés de Guyane. L'apport de la production maraîchère des Hmongs, ajouté à celui des agriculteurs guyanais, couvre pratiquement les besoins de la Guyane, alors qu'auparavant il était nécessaire d'importer de métropole ou du Surinam voisin.

Outre la Guyane, environ 10.000 réfugiés hmongs sont installés dans les différentes régions de la France métropolitaine alors que d'autres choisiront les Etats-Unis, l'Australie ou le Canada ...

Maison hmong de Cacao, en bois et sur pilotis.

Maison hmong de Cacao, en bois et sur pilotis.

Quelques photos du marché dominical de Cacao :

Cacao, un village hmong en GuyaneCacao, un village hmong en GuyaneCacao, un village hmong en Guyane
Cacao, un village hmong en GuyaneCacao, un village hmong en GuyaneCacao, un village hmong en Guyane

L'accueil de cette population à l'époque en Guyane a été mitigé pour ne pas dire hostile. La gauche, et notamment les indépendantistes, y voyaient une volonté de peuplement colonialiste et certains n'hésitaient pas à parler de "génocide (de la population guyanaise) par substitution (en les remplaçant par des hmongs)" pour reprendre les mots du poète et homme politique martiniquais Aimé Césaire au début des années 1970.

Il faut aussi préciser que leur implantation s'était faite dans une certaine confusion car des rumeurs circulaient sur l'arrivée de 40 000 hmongs, alors que la population guyanaise n'était alors constituée que d'un peu plus de 50 0000 habitants ...

Tout cela est maintenant bien loin et aujourd'hui l'implantation des Hmongs, même si ceux-ci restent encore à l'écart de la population guyanaise, ne pose plus a priori aucune interrogation ni critique. La nouvelle génération intègre même pour certains l'administration française ou le centre spatial guyanais.

Les Hmongs ont organisé leur vie dans leurs villages en conservant l'organisation clanique et leurs traditions. Chaque année, des festivités sont organisées aussi bien à Cacao qu'à Javouhey pour le nouvel an hmong et la fête du Ramboutan.

Le nouvel an hmong qui dure environ une semaine en fin d'année correspond aussi à la fin de la récolte. Les habitants revêtent leurs costumes traditionnels et des danses sont présentées par des jeunes enfants et des jeunes gens. C'est aussi l'occasion pour les célibataires, garçons et filles, de s'adonner à un jeu de séduction qui consiste à se lancer une balle.

Fête du nouvel an hmong à Cacao :

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Le village de Cacao est également accessible par la rivière Comté. De nombreuses familles possédant un bateau se rendent en fin de semaine à Cacao par la rivière. Il est à noter qu'il y eut trois établissements pénitentiaires à l'époque du bagne le long de la Comté. Un service de pilotage maritime effectuait chaque semaine des allers et retours entre Cayenne et ces camps agricoles et forestiers.

Les deux camps de Sainte Marie et de Saint Augustin, ouverts en 1854, furent construits à Cacao dans le quartier (commune) de Roura. Un chantier militaire avait déjà été installé sur la montagne de Cacao sur l'ancienne habitation Bordes quelques mois avant l'installation d'un établissement pénitentiaire. C'est le Capitaine Loubère, aide de camp du gouverneur Bonard, qui sera chargé des travaux d'installation du pénitencier forestier de Sainte Marie. Le Capitaine Jean-Louis Loubère deviendra plus tard gouverneur de la Guyane entre 1870 et 1877.

Le pénitencier de Saint Augustin fut construit sur les terres de l'ancienne habitation L'Eléonore aux abords de l'Etablissement Sainte Marie en expropriant les héritiers Power car l'administration n'avait pu s'entendre avec les propriétaires. Un autre établissement pénitentiaire dénommé Saint Philippe sera créé par arrêté du gouverneur le 19 juillet 1856 sur la rivière Comté dans la crique du même nom, mais celui-ci sera fermé quelques mois après.

Autres photos du village de Cacao :

Cacao, un village hmong en GuyaneCacao, un village hmong en GuyaneCacao, un village hmong en Guyane
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Sources :

Site web de l'ANAI (Association Nationale des Anciens et Amis de l'Indochine et du souvenir Indochinois).

http://ecoledecacao.free.fr/marche.html

https://sites.google.com/site/lemanoadeldorado/le-village-hmong-de-javouhey

Bulletins officiels de la GF

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Rédigé et publié par Phil - dans Vie en Guyane
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7 juin 2015 7 07 /06 /juin /2015 10:35

La fontaine Merlet était située Place des Palmistes à Cayenne, qui s'appelait à l'époque Place de l'Esplanade. Elle avait été finalisée début 1867 pour alimenter la ville en eau courante. Trois autres fontaines furent construites en même temps à Cayenne, la fontaine à l'angle du Boulevard Mandela (ex Boulevard Jubelin) et de l'avenue de Gaulle, toujours présente mais qui n'est plus alimentée en eau depuis bien longtemps, la fontaine Tardy de Montravel sur la place Léopold Héder et qui fonctionne encore et la fontaine Paul Dunez, aujourd'hui disparue, qui se trouvait à l'angle de l'avenue de Gaulle et de la rue du 14 juillet.

Ces quatre fontaines publiques étaient alimentées par un gros réservoir situé sur le Mont Cépérou qui lui-même recevait l'eau par des canalisations en provenance du lac du Rorota sur le Mont Mahury de Remire. Un deuxième réservoir fut construit un peu plus tard en 1893 sur la colline de Montabo.

Le projet d'alimenter en eau courante la ville de Cayenne fut initié par le gouverneur Tardy de Montravel qui mobilisa les services pénitentiaires en utilisant les bagnards comme main d'oeuvre, puis les travaux furent poursuivis sous la gouvernance de son énergique successeur, le Colonel Jean-Louis Loubère.

Mais c'est un autre gouverneur de la Guyane, A. Hennique, qui inaugurera ces fontaines en 1867 et qui proposera à l'administration de Napoléon III que l'une d'entre elles, celle située sur la Place de l'Esplanade, soit nommée Merlet afin de perpétuer dans le souvenir de la population de Cayenne le nom de l'ancien maire, décédé le 6 avril 1867 à son domicile du n° 12 de la rue de Choiseul (actuelle avenue du Général de Gaulle).

L'arrêté promulguant en Guyane les deux décrets impériaux du 28 avril 1868 désignant sous les noms de Tardy de Montravel, la fontaine de la Place du Gouvernement, et de Merlet, celle située Place de l'Esplanade, est daté du 4 juin 1868.

Cette fontaine Merlet restera sur cette place pendant 90 ans soit jusqu'en 1957 où elle fut enlevée pour y construire le monument érigé en l'honneur de Félix Eboué. Cette fontaine se trouvait précisément à cet emplacement comme on peut le voir sur l'ancienne carte postale ci-dessous où l'on voit aussi l'école maternelle Joséphine Horth.

Histoire de la fontaine Merlet à Cayenne, également disparue

Pierre Merlet, né à Saint Jean le Blanc (Loiret), et Magdelaine Deblois se sont mariés le 13 avril 1779 à Cayenne. Pierre Merlet dit Saint Louis était aubergiste. Magdelaine Deblois était veuve de Jean Viaud, charpentier à Cayenne. Le couple Merlet a eu six enfants dont Nicolas, né le 27 octobre 1783 à Cayenne.

Nicolas Merlet s'est marié le 27 janvier 1814 à Cayenne avec Jeanne Angélique Monach, née le 26 juin 1783 à Cayenne, fille de jean-Baptiste Monach, Capitaine du port et de Marie Elisabeth Grimard. Ils auront cinq enfants. Jeanne Angélique Monach décèdera le 13 août 1838 à Paris à l'âge de 55 ans.

Un de ses fils, Louis Augustin Nicolas Merlet, né le 14 mars 1821 à Cayenne, se mariera le 2 mai 1855 à Cayenne avec Anne Eugénie Douillard. Il exercera la profession de receveur de l'enregistrement dans l'administration en Guyane.

Avant d'entrer dans l'administration de la colonie, Nicolas Merlet était négociant propriétaire à Cayenne. Il devient lieutenant-commissaire-commandant, en charge de l'Etat-civil, adjoint à Jean-Baptiste Tonat qui était le commissaire-commandant de la ville de Cayenne. Jean-Baptiste Tonat (1775-1837) laissera son nom au bourg de Tonate où était établi son habitation La Béarnaise.

Histoire de la fontaine Merlet à Cayenne, également disparue

Nicolas Merlet démissionnera le 5 septembre 1833 de sa fonction de capitaine des Milices en raison de la multiplicité des devoirs qui lui incombaient.

Déjà en 1829, il avait été nommé membre suppléant du Conseil Général de la colonie puis, en 1830, désigné comme membre d'une commission chargée de l'inventaire de tous les biens de l'administration. Une Ordonnance royale du 18 avril 1830 le nommera, avec d'autres, membre du Collège des assesseurs appelés à faire partie des Cours d'assise à la Guyane. Il sera en outre désigné Conseiller privé suppléant pour les années 1833, 1834, 1835 et 1836.

Le 3 avril 1833, Nicolas Merlet avait été officiellement reçu chevalier dans l'ordre de la Légion d'honneur. Le 10 novembre 1835, il devient membre du Conseil municipal suite au décret colonial concernant l'organisation municipale du 30 juin 1835 organisant le territoire de la Guyane en treize quartiers ou communes, et en instituant un maire, deux adjoints et un conseil municipal à Cayenne. Le 24 décembre 1835, un arrêté du Gouverneur le nommera 1er adjoint au maire.

Par décision du 12 juin 1837, il obtient un congé d'un an pour la France en sa double qualité d'adjoint au maire de Cayenne et de conseiller privé suppléant. C'est durant ce congé en France que son épouse Jeanne Angélique décédera à Paris le 13 août 1838.

Nicolas Merlet, 1er adjoint dans le conseil municipal, sera nommé provisoirement maire de Cayenne par arrêté du 21 juin 1844 en attendant que le maire Roubaud, malade, revienne aux affaires.

Ce dernier, qui s'était remis de sa maladie, obtiendra un congé d'un an en France en 1845 mais décèdera le 19 Janvier 1845 en mer à bord de la Gabare d'Etat La Provençale. Ce décès ne sera retranscrit sur le registre des décès de Cayenne que le 12 décembre 1877 à la demande de son fils Charles Marie Roubaud, horloger à Cayenne.

Suite au décès de François Marie Roubaud, Nicolas Merlet sera nommé maire de la ville de Cayenne par arrêté du gouverneur daté du 18 juin 1845. Il restera maire jusqu'à son décès survenu le 6 avril 1865 à Cayenne à l'âge de 82 ans. Ses funérailles seront payées par le budget local.

C'est Alexandre Couy (1806-1881) qui lui succédera comme maire de Cayenne.

Histoire de la fontaine Merlet à Cayenne, également disparue

Sources :

Bulletins officiels de la GF

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25 mai 2015 1 25 /05 /mai /2015 07:47

Le monument des Chaînes brisées à Cayenne a été érigé en mémoire aux victimes de l’esclavage et de la traite négrière. Il est situé sur l'ex-Place Marchoux à Cayenne maintenant renommée Place des Chaînes brisées.

Cette place se situe tout au bout de l'ex-Boulevard Jubelin côté mer, renommé Boulevard Nelson Madiba Mandela le 18 juillet 2014, à l'angle avec la rue Schoelcher, et non loin du kiosque du même nom également rebaptisé le 17 janvier 2013 : Kiosque Léon Gontran Damas.

Ce monument a été inauguré le vendredi 9 décembre 2011 à 11 h en présence de Mme Marie-Laure Phinera-Horth, maire de Cayenne et de son conseil municipal. Le préfet de la Guyane Denis Labbé et le président du Conseil régional Rodolphe Alexandre étaient aussi présents, de même qu'Antoine Karam, professeur d'histoire et homme politique de Guyane.

Monument des Chaînes brisées à Cayenne

Cette œuvre, réalisée en mousse de polyuréthane stratifiée en fibres de verre, est l'œuvre de Jean-Luc Plé, créateur de ronds-points. Il a déjà réalisé plusieurs ronds-points en Guyane et notamment la Tortue Luth face à la mairie de Remire-Montjoly, les Toucans à Kourou, les Ibis à Sinnamary, les Portes de la forêt à l'entrée de Roura.

Outre ce monument des chaînes brisées, Jean-Luc Plé a également réalisé une statue de Justin Catayée, ancien député de Guyane et fondateur du Parti Socialiste Guyanais, mise en place sur le rond-point de la Madeleine et inaugurée le 20 juin 2013 en présence de Mme Christiane Taubira, du maire de Cayenne Marie-Laure Phinéra-Horth et de nombreux élus.

Monument des Chaînes brisées à Cayenne

Le coût des œuvres de Jean-Luc Plé se situe en moyenne, à l'en croire Guyaweb qui a consacré un article sur le créateur de ronds-points, autour de 80 000 €. Il faut dire que ces créations originales déchaînent les passions et pas uniquement en Guyane... On aime ou on déteste !

L'article du site mentionné ci-dessus fait aussi état de la ressemblance du monument des Chaînes brisées de Cayenne avec l'oeuvre spectaculaire du plasticien Driss Sans-Arcidet, financée par la ville de Paris, qui représente des fers d’esclaves brisés de plus de cinq mètres de haut, pesant plusieurs tonnes.

Cet important monument installé Place du Général Catroux dans le 17ième a été érigé en hommage au général Alexandre Dumas et inauguré le 4 avril 2009. Si vous voulez voir à quoi ressemble l'œuvre de Driss Sans-Arcidet, cliquez "ICI".

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Si vous voulez agrandir les photographies ci-dessus, cliquez au milieu de chaque image.Si vous voulez agrandir les photographies ci-dessus, cliquez au milieu de chaque image.Si vous voulez agrandir les photographies ci-dessus, cliquez au milieu de chaque image.

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