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22 mars 2016 2 22 /03 /mars /2016 10:40

Œuvre du sculpteur Jacques Raybaud, la statue de Jean Galmot a été inaugurée le vendredi 30 avril 2004 à Cayenne non loin du village chinois sur le rond-point communément nommé rond-point Galmot. L'inauguration a eu lieu en présence de M. Rodolphe Alexandre, à l'époque président de la Communauté de Communes du Centre Littoral-Guyane et de son Conseil communautaire :

M. Jean-Claude Lafontaine, maire de la ville de Cayenne, M. Antoine Karam, président du Conseil Régional, de M. Pierre Désert, président du Conseil Général, de M. François Martin, président directeur général de la Générale des Eaux, de M. Roger-Michel Loupec, président du Conseil Économique et Social Régional. Cette sculpture monumentale en bronze a été offerte à la ville de Cayenne par la Communauté de Communes du Centre-Littoral ainsi que par la Société Guyanaise des Eaux.

Jean Galmot fut homme politique, industriel, chercheur d'or, écrivain, pilote d'avion, journaliste, publiciste et sans-doute, aventurier. Je ne vais pas décrire ici toutes ses activités ni sa vie en Guyane, ni même les circonstances de son décès, car tout a été dit, écrit, et commenté dans la presse de l'époque. Nombre d'articles plus récents sur des blogs ou autres sites Internet retracent la vie pour le moins aventureuse et originale de cet homme d'exception qui fut député de la Guyane de 1919 à 1924, et apprécié d'une large majorité de la population guyanaise qui le surnommait affectueusement Papa Galmot.

Rappelons simplement que Jean Galmot était né le 2 juin 1879 à Monpazier en Dordogne et décédera le 6 août 1928 à l'hôpital Saint Paul de Cayenne à l'âge de 49 ans. La rumeur de son assassinat par empoisonnement déclencha des émeutes dans les rues de Cayenne les 6 et 7 août aboutissant à la mort brutale de six personnes, amis ou partisans d'Eugène Gober, ancien maire de la ville, et opposant politique de Galmot. Eugène Gober avait en effet "lâché" Galmot après l'affaire des Rhums, pour soutenir la candidature d'Eugène Lautier lors des élections législatives de mai 1924, puis ensuite celle d'avril 1928 contre le galmotiste Georges Anquetil.

Suite à ces très graves incidents, trente six personnes furent arrêtées, mais seules quatorze d'entre elles dont deux femmes furent inculpées pour pillages, crimes et complicité de meurtres lors d'un procès retentissant délocalisé à Nantes (Loire-Inférieure) en mars 1931. Les insurgés de Cayenne, comme ils étaient appelés, seront tous acquittés le 21 mars. L'on prête cet acquittement à la brillante plaidoirie de Gaston Monnerville, l'un de leurs avocats. A la suite de cette affaire Galmot, Gaston Monnerville se présentera aux élections législatives de 1932 en Guyane contre le député sortant Eugène Lautier. Il gagnera avec une très large majorité.

Jean Galmot repose au cimetière de Cayenne (voir les photos de sa sépulture en fin d'article).

La statue de Jean Galmot à Cayenne

Alors qu'il est rédacteur à Nice au journal le Petit Niçois depuis 1904, Jean Galmot fait la connaissance, lors d'une réception chez M. André de Joly, préfet des Alpes-Maritimes, du diplomate américain Heydecker, ancien vice-consul des Etats-Unis à Saint-Pétersbourg en Russie. Alexandre William Heydecker lui parle de la Guyane et notamment du placer Elysée (Mine d'or) dont il est le propriétaire. Le courant passe bien entre les deux hommes, tant et si bien que J. Galmot sera invité au domicile niçois du diplomate.

A cette occasion, J. Galmot fera la connaissance de Marianne Heydecker, sa fille, âgée de huit ans de moins que lui, et de laquelle il s'éprendra. Le coup de foudre réciproque entre les deux jeunes gens aboutira à leur mariage, d'abord civil, à la mairie de Nice le 24 octobre 1905, puis à l'église américaine du boulevard Victor Hugo. Lors de son mariage, Jean Antoine Galmot se déclare publiciste, demeurant boulevard Cimiez à Nice. Ses parents, absents mais consentants à ce mariage, Jean-Baptiste et Anne Galmot, habitent à Qilleboeuf dans l'Eure.

Marianne Antoinette Heydecker est née le 28 septembre 1887 à Paris, de nationalité américaine, sans profession, demeurant Villa Heydecker, boulevard de la Mantega à Nice, fille mineure de Heydecker William Alexander, rentier, et de Pain Marie Étiennette, sans profession.

Leur union donnera naissance à leur fils Robert William, né le 16 juillet 1906 à Nice. Malheureusement leur fils souffrira rapidement de maladie, maladie qui était alors nommée "folie précoce". Jean Galmot restera jusqu'à son dernier souffle très attaché à son épouse Marianne malgré de longues et fréquentes périodes d'éloignement.

En 1927-1928, l'adresse des époux Galmot en métropole était Château de Soriac à Soriac en Dordogne et au numéro 4 de la rue Parrot à Paris dans le 12° arrondissement. A son retour en Guyane en 1928, J. Galmot occupait une chambre à la rue Malouet, et une autre transformée en bureau, rue des Marais (actuelle rue du Lieutenant Becker) à Cayenne.

Au décès de Jean Galmot, sa veuve désignera le nouveau maire de Cayenne Auguste Quintrie comme exécuteur testamentaire car c'était un ami du défunt. Celui-ci fut soupçonné peu après d'avoir extrait une grande partie des affaires personnelles de Galmot dans une grande malle qu'il amena chez lui. Mme Veuve Galmot fut en effet déçue de ne recevoir que quelques objets personnels de son mari alors qu'il avait beaucoup de dossiers à Cayenne.

La statue de Jean Galmot à Cayenne

Ce qu'on sait moins de la vie de Jean Galmot, c'est qu'il fut aussi écrivain. Il a rédigé plusieurs ouvrages : La fille de Faust (1901), Nanette Escartefigue - histoire de brigands (1906), Quelle étrange histoire ... (1918), Un mort vivait parmi nous (1922). Son dernier manuscrit, non encore publié, qu'il avait fini d'écrire peu de temps avant sa mort, ne fut jamais retrouvé dans ses affaires personnelles à Cayenne ... Ce brouillon de livre, si l'on peut dire, fut semble-t-il lui-aussi subtilisé comme beaucoup d'autres de ses documents après son décès. Son titre était "Double existence". Seules quelques pages éparses furent retrouvées.

Mandaté par son beau-père pour examiner les conditions d'exploitation de son placer Elysée sur la Mana, Jean Galmot effectuera son premier voyage en Guyane à cheval entre les années 1906 et 1907. Il obtiendra aussi pour l'occasion, sur les recommandations de son beau-père, une mission d'études sur le commerce en Guyane française par le ministère des colonies. A son retour, il fera plusieurs conférences dont une à la société de géographie le 21 juin 1907 où il rendra compte de son périple dans la Guyane anglaise, hollandaise et française. A cette occasion, il exposa un grand nombre de photographies notamment de chercheurs d'or prises sur les fleuves Maroni et Mana. Un compte-rendu sera publié dans le Journal Officiel de la République Française du 11 juillet 1907.

Suite à une décision ministérielle prise le 2 avril 1915, Jean Galmot sera chargé d'une nouvelle mission d'études par le ministre des colonies portant sur les débouchés offerts aux produits français dans les Antilles anglaises et françaises ainsi qu'en Amérique centrale.

Jean Galmot continuera occasionnellement à alimenter par quelques articles quelques périodiques de métropole.

La statue de Jean Galmot à Cayenne

La vie tumulteuse de Jean Galmot inspira de nombreux auteurs, aussi bien avant qu'après sa mort. Louis Chadourne, qui avait rencontré Jean Galmot et qui fut son secrétaire lors d'un voyage aux Caraïbes, écrira deux romans dans lesquels il décrit le personnage controversé de J. Galmot dans " Terre de Chanaan" chez Albin Michel paru en 1921, et "Le Pot au noir" chez le même éditeur en 1922. Cependant, l'un des plus célèbres est sans-doute le roman de Blaise Cendrars intitulé "Rhum. L'aventure de Jean Galmot", paru chez Grasset en 1930.

Plus récemment André Bendjebba publia aux éditions Le Cherche midi en 2010 "Le prophète de la Guyane - La vie aventureuse de Jean Galmot". Un autre écrivain Jacques Magne a publié aux Éditions Caribéennes "Jean Galmot, l'homme des tropiques" en 1990. Michèle Touret fit paraître aux Presses Universitaires de Rennes en 1998 "Cendrars au pays de Jean Galmot : roman et reportage".

Un écrivain guyanais, Georges Othily, qui deviendra sénateur de la Guyane en 1989, rédigea aux Éditions Caribéennes en 1987 un ouvrage nommé : "1928, tragédie à Cayenne : les émeutes, la mort du Dr Jean". On peut aussi citer "Guyane à fleur de mots : essai littéraire : la représentation du milieu naturel guyanais dans les œuvres de Jean Galmot, René Jadfard et Micheline Hermine" d'Hervé Vignes paru aux éditions Aguer en 1995.

Le cinéaste Alain Maline tourna un film "Jean Galmot, aventurier" avec, dans le rôle principal, Christophe Malavoy. Sorti en octobre 1990, il fut principalement tourné en Guyane. Un documentaire destiné à la télévision intitulé "les insurgés de Cayenne, le premier procès colonial à Nantes" de l'auteur André Bendjebbar, fut réalisé par Barcher Bauer en 2009.

Sa sépulture au cimetière de Cayenne :

Photographies de la sépulture de Jean Galmot au cimetière de Cayenne : celle de gauche a été prise quelques années après sa mort, l'autre date de mars 2016 (cliquer sur une photo pour l'agrandir). .Photographies de la sépulture de Jean Galmot au cimetière de Cayenne : celle de gauche a été prise quelques années après sa mort, l'autre date de mars 2016 (cliquer sur une photo pour l'agrandir). .

Photographies de la sépulture de Jean Galmot au cimetière de Cayenne : celle de gauche a été prise quelques années après sa mort, l'autre date de mars 2016 (cliquer sur une photo pour l'agrandir). .

Sources :

http://data.bnf.fr/12128019/jean_galmot/studies

Archives Nationales d'Outre-Mer (IREL).

Journal Officiel de la République Française du 11 juillet 1907.

http://data.bnf.fr/12128019/jean_galmot

La Revue Hebdomadaire de 1934 (La vie véridique et cruelle de Jean Galmot).

Différents articles de la Presse de l'époque (Gallica).

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