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  • : Marie-Odile et Philippe
  • : Ce blog a pour ambition de décrire nos balades à travers la Planète, nos vacances snorkeling, mais aussi et surtout, la vie en Guyane (petites histoires, monuments, faune et flore) ...
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Météo en Guyane

28 décembre 2015 1 28 /12 /décembre /2015 16:03

Une balade sympa et quelque peu dépaysante à faire lorsque l'on vit en Guyane est d'aller faire un tour au Brésil, dans la petite ville d'Oiapoque (Etat d'Amapa) qui se trouve presqu'en face la commune de Saint-Georges-de-l'Oyapock le long du fleuve du même nom.

Le plus difficile est en réalité d'effectuer la distance séparant Cayenne de Saint-Georges (192 km) par la route nationale 2, car même si celle-ci est assez belle bien que sinueuse, elle est un peu monotone car l'on ne traverse aucun hameau ou village jusqu'à destination finale. On laisse en effet sur sa droite après environ 60 km la route menant au village hmong de Cacao, et plus loin après 110 km, celle sur la gauche allant à la commune de Régina.

Seul le poste de contrôle de la gendarmerie installé quelques centaines de mètres avant le pont traversant le fleuve Approuague vient nous divertir, si l'on peut dire, sur cette longue route bordée des deux côtés par la forêt amazonienne et ponctuée de nids de poule. Une vérification des papiers d'identité de tous les passagers du véhicule est alors effectuée ainsi que l'ouverture du coffre de la voiture.

Ce poste de contrôle permanent dont l'objectif est d'intercepter les clandestins (étrangers en situation irrégulière / orpailleurs illégaux) se situait auparavant au croisement de la piste de Bélizon toujours sur cette route nationale. Depuis le 1er mars 2013, il a été déplacé avant le pont de l'Approuague en direction de Saint-Georges, peu après l'embranchement conduisant à Régina.

Cette route nationale 2 est peu fréquentée même durant la journée et il est préférable de l'utiliser de jour plutôt que la nuit. Des problèmes d'insécurité ont été relevés ces dernières années sur cette route.

Entrée de l'hébergement Chácara Du Rona  depuis la ville brésilienne d'Oiapoque.

Entrée de l'hébergement Chácara Du Rona depuis la ville brésilienne d'Oiapoque.

Après 2h30 de route, nous arrivons dans le bourg de Saint-Georges-de-l'Oyapock, il faut garer son véhicule le mieux possible pour la nuit près du cimetière. C'est ce que les policiers de la PAF en poste dans cette commune nous ont conseillé. Il y a de nombreuses autres voitures déjà stationnées à cet endroit. On peut penser que des rondes sont effectuées dans la journée et la nuit car il y a eu dans le passé, à plusieurs reprises, des problèmes de vols à l'intérieur des voitures. On nous a indiqué qu'il y avait aussi quelques parkings privés surveillés moyennant la somme de 10 € pour la nuit.

Dans le bourg de Saint-Georges, il y a en permanence des piroguiers brésiliens qui attendent les clients avec leur pirogue couverte au bord du fleuve. Le prix moyen pour se rendre du côté brésilien était fin octobre 2015 de 5 € par personne pour un aller simple. Tous ces piroguiers, plus de 150, sont membres d'une association à Oiapoque et portent un numéro bien apparent sur leur maillot. Ce numéro doit permettre de reconnaître leur appartenance officielle à l'association, mais aussi de retrouver le piroguier pour vous ramener du côté français si vous voulez prendre le même et enfin, de pouvoir éventuellement le signaler si celui-ci n'a pas été correct.

C'est effectivement ce qui nous est arrivé. N'étant pas allé au Brésil via Saint-Georges depuis plus de trente ans, nous n'avions pas d'informations sur le montant de la traversée. Arrivés à Oiapoque sur la petite plage de Chácara Du Rona, là où se trouve notre hébergement, le piroguier nous a demandé 16 € par personne. Sentant la tentative d'arnaque, nous ne lui avons donné que 10 € chacun, Il n'a du reste pas protesté sur ce montant.

Ayant raconté notre histoire à Rona qui parle très bien français, celui-ci nous a dit que le prix était de 5 € par personne et non 10 €. Ayant noté le numéro de notre piroguier, Rona nous a dit qu'il informerait l'association et que celui-ci pourrait être suspendu de ses activités pendant plusieurs jours. Finalement, ayant rencontré notre piroguier par hasard dans la ville d'Oiapoque le lendemain, et l'ayant traité d'arnaqueur, ce dernier s'est engagé à nous ramener gratuitement à Saint-Georges. Il a tenu parole mais a malgré tout eu quelques mots doux sur la plage avec notre hébergeur Rona qui nous a précisé qu'il serait surprenant que ce piroguier recommence ce type d'arnaque !

Au fond, l'on aperçoit le pont reliant la Guyane au Brésil au-dessus du fleuve Oyapock.

Au fond, l'on aperçoit le pont reliant la Guyane au Brésil au-dessus du fleuve Oyapock.

Le pont reliant les deux pays est terminée depuis août 2011 mais n'est toujours pas ouvert à la circulation. La raison officielle est que les infrastructures routières du côté brésilien, en particulier la route reliant Oiapoque à Macapa, la capitale de l'Etat d'Amapa, ne sont toujours pas terminées. On parle maintenant d'une inauguration et d'une ouverture de ce pont avant les jeux olympiques qui auront lieu au Brésil début août 2016 ...

Au bout de quinze minutes de pirogue depuis Saint-Georges, et après avoir dépassé la ville d'Oiapoque sur la gauche après le pont, on arrive sur la petite plage privée de la Chácara Du Rona. Il s'agit d'un petit établissement qui comprend des hébergements et un restaurant au milieu des arbres.

Cette petite structure hôtelière dispose de plusieurs carbets où l'on peut accrocher son hamac ou d'un bungalow avec deux chambres séparées par un petit espace avec salon en bois. Chaque chambre dispose de deux lits de deux personnes, de toilettes propres et d'une douche (eau froide) ainsi que d'un petit ventilateur. Il y a des moustiquaires aux fenêtres. Quant aux carbets, vous pouvez venir avec votre propre hamac. Chaque carbet dispose de sanitaires et de douches.

Comme nous étions deux couples, nous avons opté pour le bungalow avec ces deux chambres. Notre réveil matinal s'est fait aux petits cris aigus des singes Tamarins à mains jaunes que l'on pouvait voir sauter de branche en branche et d'arbre en arbre depuis notre lit et aux cris rauques d'un couple d'aras rouges qui s'était installé dans un grand arbre à une centaine de mètres.

La cuisine est bonne et copieuse, notamment après avoir bu en apéritif une excellente Caïpirinha. La bière locale Bohemia est, de notre point de vue, elle-aussi excellente. Mais il est préférable de réserver pour être sûr d'avoir une place. Vous pouvez appeler Rona directement au téléphone (tél portable : 005596 9965 6516) car lui et sa fille parlent couramment français, ce qui est bien pratique, ou lui adresser un courrier électronique à l'adresse : rona16@uol.com.br.

Rona peut aussi vous organiser une promenade de 15 minutes en pirogue jusqu'au saut Maripa, haut lieu touristique du coin. Il s'agit d'un des plus grands sauts de Guyane avec une dénivellation d'environ 14 mètres étalée sur deux kilomètres. Il est aussi possible de s'y rendre directement en pirogue depuis Saint-Georges-de-l'Oyapock ou même en voiture. En effet, une piste de 25 km sur votre droite juste avant d'arriver à Saint-Georges vous conduit en haut du saut. S'agissant d'une piste en latérite, il est alors recommandé d'y aller en 4X4 surtout si c'est la saison des pluies ...

Quelques photos de la Chácara Du Rona :

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Oiapoque est une petite ville de 25000 habitants qui a la réputation d'être le point d'arrivée et de départ des orpailleurs illégaux venant en Guyane et aussi d'abriter un grand nombre de prostituées, l'un n'allant pas sans l'autre ! En réalité, si cela est toujours vrai, on le remarque beaucoup moins qu'auparavant. La vie est moins chère qu'en Guyane et on peut encore y faire quelques petites affaires. Il y a de nombreux commerces et autres bars-restaurants. Le marché couvert en bas de la ville près du fleuve mérite une visite.

Depuis chez Rona, le centre-ville d'Oiapoque est à environ 20 minutes à pied. Nous l'avons fait en plein cagnard sous le soleil de midi en saison sèche ... Nous sommes revenus en taxi. Il faut compter 20 reals ou 5 € pour la course. Le taxi peut même vous récupérer devant le bungalow avec chambres et vous y ramener. Il y a en effet une piste derrière chez Rona qui permet aux voitures d'accéder jusqu'aux carbets et bungalow.

Lorsque l'on se rend à Oiapoque pour une journée, il n'est pas nécessaire d'obtenir un visa. Par contre, si vous y passer une nuit, il est recommandé de se rendre peu après votre arrivée au siège de la police fédérale pour se faire délivrer un visa d'entrée. De même à votre départ, il faut retourner au même endroit pour obtenir le visa de départ. Cette démarche ne prend pas plus de dix minutes à chaque fois dès lors que vous êtes au poste de police et vous évitera quelques déboires si vous voulez revenir un jour dans cette petite ville brésilienne frontalière de la Guyane.

Quelques photos d'Oiapoque :

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