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19 septembre 2016 1 19 /09 /septembre /2016 15:55

Dénommé Cacao rivière en Guyane, cet arbre qui peut atteindre presque vingt mètres de hauteur et soixante centimètres de diamètre, a plusieurs autres noms vernaculaires comme Châtaignier de Guyane, Cacaoyer rivière ou encore noisetier de Guyane. Il a encore d'autres appellations dans le monde car on le retrouve aussi en Martinique, Guadeloupe, à La Réunion et même en Polynésie, pour ne parler que de l'Outre-mer français. Provenant de l'Amérique centrale et du Sud, il a été introduit dans plusieurs pays notamment en Asie.

Son nom scientifique est Pachira aquatica (Aublet, 1775). Comme son nom botanique en latin le laisse à penser, cet arbre pousse naturellement dans les zones humides, sur les bords des rivières, près des estuaires ou dans les marécages. Membre de la famille des Malvacea, il a de nombreux synonymes tels que : Pachira glabra, Bombax aquaticum, Pachira grandiflora, Bombacopsis glabra et bien d'autres encore ...

Il a une croissance rapide dans son milieu naturel. Son tronc renflé à la base est mou et lisse, de couleur verdâtre, et gorgé d'eau. Il a un feuillage persistant avec des grandes feuilles palmées pouvant atteindre vingt centimètres, luisantes sur le dessus et grisâtres dessous. Elles comportent entre cinq et huit folioles ovales elliptiques. Mais cet arbre est surtout remarquable par la forme et la grosseur de ses fruits ainsi que par la beauté de ses fleurs ...

Cacao rivière (Pachira aquatica)
Cacao rivière (Pachira aquatica)

Le fruit du cacao rivière est oblong, en forme de cabosse de cacaoyer d'environ trente centimètres de long et 15 cm de diamètre. Au début charnu et vert, il devient ensuite ligneux et prend une couleur brune. Cet arbre ne doit pas être confondu avec le Cacaoyer (Theobroma cacao, Linnaeus 1753) duquel on exploite les fèves de cacao pour fabriquer du chocolat.

Le fruit du caco rivière s'ouvre par cinq valves et contient de grosses graines arrondies entourées d'une pulpe blanchâtre. Ces graines sont d'un brun clair parcourues par des bandes blanches. Comestibles, elles peuvent être mangées crues, bouillies, cuisinées ou grillées sous la cendre. Elles ont un goût qui ressemble pour certains à celui de la cacahuète ou pour d'autres, à celui de la noisette ou de la pistache ... Certains fabriquent même du pain après avoir moulu les graines en farine.

Les fleurs, de couleur blanc crème, mesurent environ vingt centimètres de diamètre. Dotées de pétales longs et lancéolées, elles s'ouvrent comme une peau de banane laissant apparaître des étamines d'une couleur orange tirant sur le jaune formant une structure soudée. Dix phalanges d'étamines proéminentes et soyeuses à extrémité rouge s'épanouissent en un bouquet parfumé, notamment la nuit, et caduque d'une seule pièce. Ephémères, les fleurs du Caco rivière (ou Cacao sauvage) apparaissent à n'importe quelle période de l'année et ne s'ouvrent qu'au petit matin.

L'arbre Pachira aquatica a dans certaines régions des propriétés médicinales. Ses feuilles sont utilisées comme dépuratif, diurétique et contre les infections urinaires.

Cacao rivière (Pachira aquatica)

Le Pachira aquatica figure dans La Notice sur les produits de la Guyane française réunis par les soins du Comité local de la colonie et figurant à l'exposition universelle de 1900. Cette notice fut rédigée par le Dr Gabriel Devez, licencié es-sciences naturelles, ancien professeur d'agriculture à Cayenne. Il y décrit cet arbre comme un faux cacaoyer, surtout recherché pour son écorce fibreuse.

Le Cacao rivière est aujourd'hui utilisé comme plante ornementale d'intérieur et peut se cultiver sous forme de bonzaï. Il est souvent commercialisé avec un tronc tressé de deux ou trois tiges. Il nécessite un arrosage régulier mais modéré et doit être positionné dans un endroit lumineux, sans être toutefois directement exposé au soleil. Il se reproduit par bouture ou semis. Mature à l'âge de quatre ou cinq ans, il produit ses premiers fruits au printemps et à l'automne.

Cacao rivière (Pachira aquatica)

Sources :

Bombacopsis glabra (L'Île de la Réunion et d'ailleurs ...).

Pachira aquatica par Jean-Marie Prévoteau (Walapulu).

Wikipédia (Pachira aquatica).

Pachira aquatica (hortipedia.com).

Pachira aquatica (nature.jardin.free.fr).

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30 septembre 2015 3 30 /09 /septembre /2015 09:27

Hier 29 septembre 2015, le résultat du concours désignant l'Arbre de l'année 2015 en France métropolitaine mais aussi en Martinique, Guadeloupe, à La Réunion et en Guyane est tombé. C'est le fromager de Saül qui a emporté le prix du public avec plus de 30 000 votes certifiés contre 29 000 au Banian de La Réunion ... !

Commencé le 1er octobre 2014, la quatrième édition du concours s'était terminée le 31 août 2015. C'est la première fois qu'un arbre d'outre-mer remporte ce concours. Le fromager de Saül sera donc labellisé "arbre remarquable de France".

Ce concours était organisé par l'Office Nationale de la Forêt, en collaboration avec le magazine Terre sauvage, sous l'égide de la Région Poitou-Charentes. Il faut noter que l'arbre de la Guyane et celui de la Réunion étaient au coude à coude depuis plusieurs semaines. La découverte d'un programme robot informatique attribuant des votes aux deux arbres avait pourtant abouti à retirer 10 000 votes aux deux arbres.

Tous les lauréats régionaux ont été invités le 30 septembre au Parc floral de Vincennes pour inaugurer l'exposition des photos des arbres qui ont concouru. Pour rappel, c'est le Parc Amazonien de Guyane qui avait proposé le Fromager de la commune de Saül.

Arbre de l'année 2015 : Le fromager de Saül en Guyane a gagné !

Roi de la forêt par ses gigantesques dimensions, le fromager peut en effet atteindre les 60 mètres de hauteur, il représente pour certaines populations de Guyane un symbole fort en fonction de leurs croyances. Si vous voulez en savoir un peu plus sur cet arbre majestueux, vous pouvez lire ce petit article dédié au fromager sur ce blog en cliquant "ICI".

Quant à la petite commune de Saül, en plein centre de la Guyane, elle n'est accessible que par avion, et constitue la porte d'entrée du grand Parc amazonien de Guyane. Si vous voulez obtenir également quelques informations supplémentaires sur Saül, cliquez "ICI".

Photo du fromager siamois de l'ïlet la Mère, face aux plages de Remire-Montjoly.

Photo du fromager siamois de l'ïlet la Mère, face aux plages de Remire-Montjoly.

Sources :

Arbres de l'année (ONF)

 

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2 juin 2015 2 02 /06 /juin /2015 08:38

C'est en me rendant à Kourou depuis Cayenne que j'avais déjà observé de magnifiques arbres rouges alignés le long d'un chemin de terre à la sortie de la savane Matiti. Plusieurs fois, je me suis dit qu'il fallait m'arrêter et prendre quelques photos afin d'en identifier l'espèce.

Les photos furent donc prises par une belle matinée ensoleillée de début avril 2015. Cela me permit, en furetant sur Internet, d'identifier cet arbre comme étant un Tulipier du Gabon, au nom scientifique de Spathodea campanulata (Palisot de Beauvois, 1805). Son nom vient de sa fleur en forme de tulipe.

Membre de la grande famille des Bignoniacea, le Tulipier du Gabon qui a une écorce de couleur gris-vert est originaire de l'Afrique de l'ouest. Les anglo-saxons le nomment " African tulip tree" ou " Fountain tree", et les brésiliens "Tulipeira-do-gabão". La hauteur de l'arbre varie entre 7 m et 25 m et on ne le trouve qu'en zone tropicale et subtropicale.

Par contre, il figure sur la liste de l'IUCN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature) comme l'une des 100 espèces les plus invasives sur la planète. Les espèces exotiques envahissantes sont des espèces dont l'introduction ou/et la distribution en dehors de leur aire de distribution naturelle présente ou passée menace la diversité biologique.

Le Tulipier du Gabon (Spathodea campanulata)

Spathodea campanulata est un arbre à feuillage persistant qui préfère les habitats humides et les zones abritées. Il est largement planté dans les régions tropicales où il est considéré comme un envahisseur, notamment au Brésil mais aussi dans les départements et territoires français d'outre-mer comme la Polynésie, la Nouvelle Calédonie et les Antilles.

L'origine de son implantation en Guyane n'est pas définie, même si on peut légitimement penser qu'il a été introduit pour ses qualités ornementales. Il n'est pas encore présent partout sur le territoire mais on le trouve dans certains jardins de la presqu'île de Cayenne, à l'aéroport Félix Eboué et dans la savane Matiti.

La dispersion de ses graines par le vent facilite sa propagation sur des distances importantes. Contrairement à la Polynésie ou à la Nouvelle Calédonie, cette espèce ne fait pas l'objet d'une réglementation en Guyane même s'il est conseillé de ne pas l'utiliser comme plante ornementale dans des zones où elle pourrait être rapidement envahissante.

Le Tulipier du Gabon (Spathodea campanulata)

Les fleurs sont assez grosses, entre 7 et 13 cm avec une corolle campanulée à cinq lobes arrondis, ondulés et dentelés avec quatre étamines. Elles sont de couleur rouge-écarlate orange à rebord jaune doré. Le feuillage de l'arbre est vert sombre, brillant avec de très grandes feuilles. Les fruits ont la forme de longues capsules marrons, oblongues, et pourvues d'une grande quantité de graines ailées dispersées par le vent.

Son bois très cassant est utilisé en Afrique pour sculpter des talismans. Quand il est fraîchement coupé, il a une odeur d'ail et brûle difficilement. Quant aux fleurs et aux graines, elles sont utilisées dans la médecine traditionnelle africaine. Les fleurs auraient des propriétés pour traiter les problèmes de peau et les graines sont traditionnellement utilisées pour empoisonner les flèches.

Les fleurs individuelles de Spathodea campenulata ont une durée de vie courte, mais l’ensemble des fleurs successives s’étale sur une longue période. Dans de bonnes conditions, le tulipier du Gabon peut fleurir tout au long de l’année.

Le Tulipier du Gabon (Spathodea campanulata)

Sources :

http://www.lesarbres.fr/spathodea.html

http://inpn.mnhn.fr/espece/cd_nom/448228/tab/taxo

http://nature.jardin.free.fr/arbre/nmauric_spathodea_campanulata.html

Les invasions biologiques en Guyane (Direction Régionale de l'Environnement - Guyane, Juillet 2010)

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22 janvier 2015 4 22 /01 /janvier /2015 17:40

Les palmiers font partie de la famille des Arecacées et compte plus de 2500 espèces dans le monde principalement dans les régions intertropicales. On trouve 459 espèces en Amérique du sud dont au moins 70 en Guyane.

Ils sont parmi les plus anciennes espèces de plantes, car ils existaient déjà semble-t-il à l'ére du Crétacé (au moins 80 millions d'années). Le palmier n'est en effet pas un arbre mais une herbe géante, plante monocotylédone au tronc régulier et fibreux. Le tronc qui est en fait une tige est appelé stipe. Il n'a pas non plus de branches mais des feuilles. L'awara, comme beaucoup d'espèces de palmiers en Guyane, est une espèce indigène qui semble avoir été introduite par les amérindiens.

Beaucoup de palmiers sont armés d'épines sur le stipe, comme c'est le cas pour l'awara. L'inflorescence ou la disposition des fleurs sur la tige se situe à la base de la palme. Le palmier awara est dit monoïque, c'est à dire qu'ils portent à la fois des fleurs mâles et femelles.

Les fruits des palmiers contiennent peu de graines, voire deux ou trois. Par contre, ils sont suffisamment charnus pour extraire du jus ou de la pâte à partir de la pulpe. C'est en particulier le cas pour l'awara.

En Guyane, il y a d'autres palmiers qui produisent des fruits comme les maripa, pinot, comou, patawa, counana, wassaï ... pour ne citer que les plus connus. Certains sont notamment utilisés pour fabriquer des jus ou sorbets dont le goût est excellent.

Le nom scientifique de l'awara est Astrocaryum vulgare (Von Martius, 1824). En créole, il est appelé awara ou wara. Les amérindiens Kali'na le nomment aussi "awala", tandis que les portugais l'appellent "tucuma-do-para".

Le Palmier awara (Astrocaryum vulgare)

Astrocaryum vulgare peut dépasser les 10 mètres de hauteur pour un diamètre d'environ 15 cm. Sa couronne est formée de 8 à 16 feuilles, chacune d'une longueur variant entre 4 à 6 m. Son tronc (tige ou stipe) est formé d'entre-noeuds de 20 à 40 cm qui sont armés d'épines noires, inégales, pouvant atteindre entre 10 et 25 cm.

Comme on peut le voir sur la carte à gauche de ce texte, l'awara se rencontre essentiellement sur la bande côtière où il est très commun, en forêts basses, sur des sols sableux, dans des bosquets ou en lisière de savanes. C'est l'une des rares espèces à pousser en touffes.

Outre la Guyane, Astrocaryum vulgare se rencontre en Amazonie brésilienne orientale et au Suriname.

Cliquez sur une photo pour l'agrandirCliquez sur une photo pour l'agrandir

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Le fruit de l'awara est de forme ellipsoïdale mesurant environ 4 à 5 cm de long pour un diamètre de 3 à 4 cm maximum et un poids de 20 g . Il est lisse et de couleur jaune-orangé à orange rouge. Il est notamment recommandé pour sa haute dose en vitamine A, mais il contient aussi de la vitamine C et sa pulpe a des propriétés anti-oxydantes.

Avec l'amande blanche contenue dans le fruit, on prépare une huile localement nommée huile "tcho tcho" qui est utilisée par les créoles dans la pharmacopée traditionnelle. Cette huile possède des vertus anti-inflammatoires. Elle est utilisée pour soigner les furoncles mais aussi, imbibée sur un coton pour soigner les maux de dent. Frictionnée sur le corps de personnes fiévreuses, elle favorise la transpiration.

En Amérique du Sud mais aussi en Guyane, le palmier awara est utilisée dans l'artisanat : les graines pour créer des bagues, boucles d'oreilles, bracelets ; les feuilles et les fibres dans la confection de paniers, de sets de table, de chapeaux ...

Le Palmier awara (Astrocaryum vulgare)

Enfin, et surtout si j'ose dire, les fruits de ce palmier sont utilisés dans le plat traditionnel guyanais : le bouillon d'awara. Il est mangé le dimanche de Pâques en famille ou/et avec des amis. Il est préférable d'être plusieurs pour le préparer car ce n'est pas le plat le plus simple.

Constitué d'un grand nombre d'ingrédients liés par la pâte du fruit d'awara délayée dans de l'eau chaude, il faut de nombreuses heures de préparation. Mais le résultat obtenu est unique et le goût fabuleux !

Du reste, on dit que celui qui a goûté ce plat, reviendra un jour en Guyane ...

Le Palmier awara (Astrocaryum vulgare)

Sources :

Présentation powerpoint des palmiers de Guyane par Jean-Jacques de Granville (IRD Guyane).

Pharmacopées traditionnelles en Guyane (IRD).

Guide des Palmiers de Guyane par Jean-Jacques Granville et Marc Gayot, édité par l'Office National des Forêts (ONF).

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16 décembre 2014 2 16 /12 /décembre /2014 08:16

En Guyane, il existe plusieurs espèces de bambous dont certaines ont été récemment introduites par les hmongs en provenance de Thaïlande. Mais l'espèce la plus répandue est celle que l'on peut voir autour des villes, des bourgs et des villages du littoral, et dans quelques coins de l'intérieur, est le Bambou commun ou Bambou de Chine. Les créoles l'appellent "banbou" ou "bwa banbou".

Son nom scientifique est Bambusa vulgaris (Schrad. ex J.C. Wendl, 1810). Il a plusieurs synonymes comme Bambusa sieberi (Griseb, 1864), Bambusa thouarsii (Kunth, 1830) ou encore Bambusa surinamensis (Ruprecht, 1839 ) et d'autres encore ...

Toutes les espèces de Bambou qu'on trouve en Guyane ont été importées. Le Bambusa vulgaris aurait été importé au XVIIIe siècle et provient du Sud de l'Asie. Le Bambou de Chine est le bambou le plus répandu dans les régions tropicales et subtropicales où il est cultivé. Ce bambou commun est facile à reconnaître car il forme une gigantesque structure en éventail visible à distance.

Le Bambou en Guyane (Bambusa vulgaris)

Le bambou est de la famille des graminées (Poaceae) comme certaines céréales telles que le blé, le riz, la canne à sucre, le maïs ou l'orge. Il comprend plus de 80 genres et plus de 1000 espèces dans le monde. Même si certaines espèces supportent des climats tempérés, le bambou est cependant vulnérable au froid, mais il s'acclimate à de nombreux sols et on peut même le trouver à de hautes altitudes du Tibet ou à de grosses chaleurs de l'Afrique subsaharienne.

La carte ci-dessous montre bien la distribution géographique du bambou sur la planète. En fonction de l'endroit où il pousse, le bambou peut être très différent dans sa taille, sa forme et même sa couleur. Certains bambous peuvent en effet être noirs, dorés, rayés même si la majorité a une apparence d'un vert vif. Cette variation de l'apparence du bambou justifie sa large utilisation à des fins ornementales.

Le Bambou en Guyane (Bambusa vulgaris)

Le bambou commun (Bambusa vulgaris) est une herbe géante qui peut dépasser 15 mètres de hauteur. Ses tiges, appelées chaumes comme pour toutes les graminées, sont souvent droites mais peuvent aussi être courbées. Elles sont creuses et cloisonnées, et donc extrêmement légères. Leurs croissances sont rapides car elle peuvent pousser jusqu'à 1 cm par heure.

Les tiges sont segmentées par des joints solides appelés noeuds. Les entre-noeuds inférieurs mesurent entre 25 à 50 cm de long. Le diamètre de la tige varie entre 5 cm à 30 cm. Les chaumes portent des feuilles de taille et couleur différentes.

Le bambou de Chine possède des tiges souterraines appelées rhizomes, courts et épais, qui se composent de bourgeons et de racines. Ces rhizomes créent de nouveaux chaumes formant ainsi des touffes plus ou moins serrées. Une tige atteint sa dimension définitive en deux ou trois mois et ne grandira plus durant toute sa vie qui dure entre 20 à 40 ans.

La floraison est imprévisible et rare chez le Bambusa vulgaris. Elle n'intervient qu'environ tous les vingt ans. Lorsqu'une tige fleurit, elle donne un grand nombre de fleurs mais aucun fruit, donc pas de graines.

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La présence du bambusa vulgaris est souvent le signe d'implantations humaines. Même si cette plante est maintenant considérée en Guyane comme invasive, elle a dans le passé été bien utilisée dans la construction de cases ou d'objets usuels notamment par les amérindiens. Le bambou est maintenant peu utilisé en Guyane même si on trouve des nattes, des paniers ou même des clôtures en bambou dans certains villages amérindiens ou bushinengués. On brûle les chaumes secs au crépuscule dans les villages pour éloigner les moustiques.

Mais le bambou conserve ses titres de noblesse dans presque tous les pays tropicaux d'Asie mais aussi d'Afrique où il a de très nombreuses utilisations : Fabrication de meubles, d'objets décoratifs, d'échafaudage, de nattes, de stores, d'instruments de musique, d'artisanat, de canaux d'irrigation, de manches d'outils, de récipients ... etc.

Cependant, le bambou commun a une forte teneur en amidon et est donc plus souvent attaqué par les insectes que les autres espèces de bambou. Pour sa conservation, il a besoin d'un traitement si on souhaite l'utiliser sur le long terme.

On rencontre beaucoup cette espèce Bambusa vulgaris sur les différents sentiers de promenade sur la presqu'île de Cayenne comme le Montabo à Cayenne, le Rorota à Montjoly ou même le long de la Route des Plages à Remire-Montjoly.

Le Bambou en Guyane (Bambusa vulgaris)

Sources :

Protabase (www.prota.org) - fiche sur le Bambusa vulgaris.

Inventaire National du Patrimoine Naturel (INPN).

Inventaire et cartographie de la répartition des espèces invasives en Guyane : Rapport d'étude - DEAL (Mai 2013).

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15 juillet 2014 2 15 /07 /juillet /2014 09:44

Le calebassier est un petit arbre tropical de la famille des Bignoniacées, dont le fruit ligneux est utilisé comme récipient, sous le nom de calebasse ou coui. Son nom scientifique est Crescentia cujete (Linnaeus, 1753). Il a plusieurs synonymes dont Crescentia acuminata (Kunth).

L'arbre est originaire du nord de l'Amérique tropicale (Caraïbe, Mexique, Colombie ...). Il est très commun aux Antilles françaises. On le trouve dans les zones humides et est largement cultivé dans la plupart des pays tropicaux, y compris dans le nord de l'Amérique du Sud. On trouve ces petits arbres cultivés dans tous les villages de Guyane.

Cet arbre a le tronc court et les branches étalées. Sa hauteur varie entre 3 et 8 mètres. Son écorce est grisâtre, constituée de petites écailles. Ses feuilles à court pétiole, spatulées, fasciculées et luisantes peuvent mesurer entre 5 à 20 cm.

Le port étalé du calebassier, son tronc court dont le diamètre ne dépasse pas 20 cm et la disposition de ses feuilles lui confèrent une silhouette originale.

Nota : Il ne faut pas confondre les calebasses issues du calebassier (Crescentia cujete) de celles tirées des fruits de la plante du même nom, la Calebasse ou gourde (Lagenaria siceraria), plante rampante potagère de la famille des Cucurbitacées, originaire d'Afrique.

Le Calebassier (Crescentia cujete)

Les fleurs du calebassier, campanulées, se développent sur des branches âgées ou directement sur les jeunes troncs.

Elles sont de couleur jaune brun, éphémères et de forme originale, et ne fleurissent qu'une seule nuit. Leur parfum rappelle le camphre et l'huile de moutarde.

Le Calebassier (Crescentia cujete)

Les fruits, désignés sous le nom de calebasses, sont de grosses baies globuleuses rigides d'un vert tendre, plutôt ovoïdes, et pouvant peser jusqu'à 10 kg pour les plus grosses. Certaines calebasses peuvent atteindre 30 ou 40 cm.

L'enveloppe du fruit brunit lorsqu'elle sèche. Les fruits secs, coupés et vidés sont utilisés comme récipient aux Antilles et en Guyane. la pulpe, abondante et aigre, contient de l'acide cyanhydrique. Elle est impropre à la consommation mais est utilisée en médecine traditionnelle.

Le Calebassier (Crescentia cujete)

Les amérindiens coupaient en deux les fruits, les évidaient et en faisaient des récipients rigides appelés coui (prononcer "kwi") ou calebasse ("kalbas") en créole.

Ces calebasses étaient principalement utilisées pour faire des ustensiles de cuisine comme des bols, cuillères, paniers à oeufs, louches, etc… également dans les villages bushiningués le long du fleuve Maroni.

Maintenant on utilise ces calebasses comme objets de décoration qu'on vend dans des petites boutiques d'artisanat et sur les marchés. Elles sont sculptées, creusées, peintes et décorées. Certains en font même des luminaires (Cf. ce site Facebook d'un artiste belge qui transforme les calebasses en luminaires "ICI").

Le Calebassier (Crescentia cujete)

Au début du XXe siècle aux Antilles, la pulpe était utilisée en usage externe contre les coups de soleil, les "crabes" - crevasses de la plante du pied - les contusions et les blessures.

La tisane des feuilles est utilisée par les créoles en Guyane comme diurétique. Le jus obtenu avec les jeunes fruits est conseillé contre les diarhées et les dérèglements intestinaux.

Les créoles de l'Oyapock recommandent, a contrario, la décoction des feuilles comme purgatif. Ils préparent aussi avec la pulpe des jeunes calebasses tombées avant maturité une tisane abortive.

Le Calebassier (Crescentia cujete)
Le Calebassier (Crescentia cujete)

Sources :

http://www.mi-aime-a-ou.com/Crescentia_cujete_L.php.

http://fleurs-fruits-feuilles-de.com/crescentia_cujete.php.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Calebasse

Pharmacopées traditionnelles en Guyane (Créoles, Wayapi, Palikur) - IRD Editions.

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31 mai 2014 6 31 /05 /mai /2014 08:40

Arbre de la famille des Moracées, il est originaire d'Océanie où il est notamment cultivé pour son fruit comestible appelé fruit à pain. On le retrouve maintenant un peu partout sous les tropiques. Son nom scientifique est Artocarpus altilis (Parkinson) - forsberg, 1941 ou Artocarpus incisa. Les brésiliens le nomment : "árvore-do-pão" ou "fruta-pão" alors que les espagnols l'appellent "Fruta de pan" et les anglo-saxons "Breadfruit". Localement, son appellation créole est "Fouyapen".

Il existe une autre variété de "Artocarpus altilis var seminifera" qui est appelé châtaignier pays. Ce dernier est une variété à graines et se différencie du fruit à pain par un port moins élégant , des feuilles moins découpées et un fruit recouvert d'épines molles. Les graines brunes s'apprécient une fois bouillies. Mais ce n'est pas de cette espèce qu'il s'agit dans ce petit article dédié uniquement au fruit à pain (Artocarpus altilis var. non seminifera).

Proche du jacquier (Artocarpus heterophyllus), arbre peu cultivé en Guyane excepté par les Hmongs, l'arbre à pain peut mesurer jusqu'à 25 mètres de hauteur avec de grosses branches, peu nombreuses, et l'extrémité se terminant par un bouquet de feuilles. Celles-ci sont très grandes, jusqu'à 60 cm, découpées en lobes profonds, rigides et d'une couleur vert luisant.

L’arbre à pain (Artocarpus altilis)

Le fruit à pain peut mesurer entre 15 cm et 25 cm et peser entre 1 kg et 3 kg. Il a une peau épaisse composée de nombreuses auréoles verdâtres et rugueuses qui deviennent lisses lorsque le fruit est à maturité. Sa pulpe est blanche et d'aspect farineux. L'arbre porte des fleurs mâles (épis jaune spongieux, pendant et cylindrique) et des fleurs femelles (inflorescence presque ronde).

Ce fruit est plus proche des féculents comme la pomme de terre, le manioc ou encore l’igname. A maturité le fruit prend une forme oblongue. On sait qu'il est arrivé à maturité et bien qu’il soit encore vert et dur, quand sa sève laiteuse blanche coule à l’extérieur du fruit.

Le fruit à pain est utilisé en cuisine sous différentes formes comme le gratin, la purée ou encore en beignet ou même en frites. Il faut faire bouillir le fruit avec du sel pour accompagner les viandes ou légumes. Certains l'utilisent pour faire des gâteaux. Riche en amidon, le fruit est consistant et laisse un léger goût sucré.

Riche en fibres et pauvre en graisse, le fruit à pain est excellent pour le transit intestinal. Il est aussi une bonne source de vitamine C.

L’arbre à pain (Artocarpus altilis)

L'arbre à pain a été introduit aux Antilles en provenance de Tahiti d'où il aurait été ramené par William Bligh (1754-1817). Une première tentative échoua en raison de la mutinerie du Bounty en 1789 car le capitaine avait rationné l'eau au profit de sa cargaison composée notamment de plants d'arbres à pain. Les mutins jetèrent les arbres à pain par dessus bord.

La seconde tentative permit son introduction d'abord à Saint-Vincent puis en Jamaïque qu'en 1792 où l'objectif de planter ces arbres à fruits abondants et nourrissants était de nourrir les esclaves. C'est à partir de là que l'arbre à pain fut introduit aux Antilles.

Il fut introduit en Guyane française en 1795 par le botaniste Joseph Martin responsable des Jardins du Roi à Cayenne.

L’arbre à pain (Artocarpus altilis)

Par ailleurs, l'arbre à pain sert aussi à la confection de remèdes créoles. Aux Antilles françaises, il est utilisé contre les brûlures de la peau sous forme d'emplâtre constitué par le fruit mûr, bien cuit. Le latex de l'arbre à pain est parfois aussi utilisé sur les blessures ouvertes et les démangeaisons.

En Guyane, il est parfois utilisé pour faire baisser la tension artérielle en buvant une tasse par jour du liquide obtenu par décoction des feuilles dans l'eau bouillante.

L’arbre à pain (Artocarpus altilis)

Sources :

Fruits des Caraïbes par le CIRAD (Fruits des Antilles)

Arbre à pain - Wikipedia

http://www.futura-sciences.com/magazines/nature/infos/dico/d/botanique-arbre-pain-4554/

http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/jatba_0370-3681_1940_num_20_221_6062 (L'arbre à pain et ses congénères)

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7 mai 2014 3 07 /05 /mai /2014 16:24

Ce petit article est consacré à un arbre surprenant qu'on trouve en Guyane mais pas seulement, il est appelé l'arbre à boulets de canon. Il est originaire du nord de l'Amérique du Sud, d'Amérique tropicale et du sud des Caraïbes.

Son nom scientifique est Couroupita guianensis (Aublet, 1775). Les anglo-saxons le nomment "Cannonball tree" et les brésiliens "Abrico de Macao" ou "Castanha de Macao". Localement en Guyane, il est appelé "Kouroupitoumou".

Il a de nombreux autres noms vernaculaires comme "Boulet de canon" ou "arbre à bombes" ou encore "Abricot des singes". Les espagnols le nomment "Arbol Santo" ou "Bala de Cañón".

Cet arbre est de la famille des Lecythidacaea. Son nom commun vient du fait que ses fruits ronds qui poussent directement sur le tronc ressemblent à des boulets de canon.

L’arbre à boulets de canon (Couroupita guianensis)

L'arbre à boulets de canon est un arbre à feuillage persistant. Il peut atteindre la hauteur de 35 mètres, avec des tiges terminées par des feuilles disposées en rosette.

Les fleurs sont orange, écarlates ou roses formant des grappes mesurant 3 m de longueur. Elles donnent de gros fruits sphériques d'environ 20 cm de diamètre, contenant de nombreuses graines, entre 200 à 300 entourées d'une gelée blanche à l'odeur fétide. L'odeur nauséabonde est libérée lorsque le fruit s'écrase à terre et s'ouvre.

Comme les cocotiers, ces arbres ne devraient pas être plantés à proximité des chemins ou des zones de circulation, car ses fruits lourds peuvent tomber soudainement lorsqu'ils arrivent à maturité au bout de deux ans et demi environ. S'installer pour pique-niquer sous un tel arbre ne serait pas vraiment une bonne idée. Faut-il rappeler que les chutes de noix de coco tuent chaque année environ 150 personnes dans le monde ...

L’arbre à boulets de canon (Couroupita guianensis)

Les fleurs éphémères de cet arbre, elles aussi directement rattachées au tronc sont magnifiques. Elles se présentent en grappes et sont très parfumées.

Les fleurs ont une forme assez spécifique pour ne pas dire étrange avec un grand disque staminal, nectarifère avec des crochets et des étamines roses.

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Très planté dans les temples en Inde où il a été introduit à la fin du XIXème siècle, cet arbre est appelé « nagalingam ». Il est considéré comme sacré par les hindous puisque sa fleur ressemble à un Nâga, un serpent sacré sur le shiva lingam.

Il se trouve souvent planté en Asie avec des dénominations comme Shorea robusta ou encore Pentacme siamensis.

L’arbre à boulets de canon (Couroupita guianensis)

Comme déjà précisé, on trouve l'arbre à canon en Amérique centrale et du Sud : Brésil, Colombie, Costa Rica, Venezuela, Bolivie, Pérou, Guyana, Suriname et en Guyane française. Il est assez répandu et ne fait pas l'objet d'une protection particulière.

Cet arbre est souvent planté dans des jardins tropicaux et regardé comme une curiosité. Certains pays utilisent son bois pour fabriquer des meubles.

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L’arbre à boulets de canon (Couroupita guianensis)

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1 mai 2014 4 01 /05 /mai /2014 11:09

Le Fromager, aux très nombreux noms vernaculaires comme kapokier ou bois coton ou arbre à Kapok ou encore arbre aux amoureux, est une espèce d'arbre géant de la famille défunte des Bombacacées, pour faire dorénavant partie de la famille grouillante des Malvacées. Dans la famille Bombacaceae, il y avait d'autres grands géants comme le Baobab, le Balsa et le Cacao rivière ...

Le nom scientifique du fromager est Ceiba pentandra ((L.) Gaertn, 1791) ou encore Ceiba thonningii. Les anglo-saxons l'appellent "Kapok tree" ou "Silk-cotton tree" ou simplement parfois "Cotton tree". Les espagnols le nomment "Arbol del algodon" ou "Ceiba roja" et les brésiliens "Sumauma".

Roi de la forêt, le fromager est aussi appelé kankan tii en langue Sranan tongo des Bushiningués du Suriname et de la Guyane, de chaque côté du fleuve Maroni.

D'après le petit livret de l'ONF référencé dans "Sources" à la fin de cet article, le nom de "Fromager" évoque la ressemblance du bois tendre et jaunâtre avec le fromage.

L'arbre Fromager ou kapokier (Ceiba pentandra)

Cet arbre sacré, aussi bien en Afrique qu'en Amérique du Sud et dans les Antilles, peut dépasser les 60 mètres de hauteur. Son tronc lisse développe avec l'âge d'énormes contreforts épineux. Les branches horizontales sont en général étagées et très étalées. Les fleurs apparaissent avant l'apparition des feuilles. La pollinisation est réalisée par les chauves-souris.

Le fruit est une capsule elliptique, ligneuse, pendante, de 10 à 30 cm de long. Il s'ouvre par 5 valves et laisse apparaître un duvet blanchâtre, cotonneux qu'on appelle le kapok et des graines brunes. Le vent entraîne au loin les flocon de kapok ainsi que les graines.

Le Kapok est une fibre végétale imputrescible, isolante qui était autrefois utilisé pour le rembourrage des coussins, des oreillers, des matelas ... et aussi utilisé comme isolant phonique et thermique. Mais son usage a connu un grand déclin après l'introduction des fibres synthétiques.

L'arbre Fromager ou kapokier (Ceiba pentandra)

Ce fromager ci-dessus où l'on voit Marie-Odile qui, malgré son mètre soixante dix, apparaît si petite, est celui qu'on rencontre sur le sentier de l'ancienne habitation Loyola à Remire-Montjoly en Guyane. Cet arbre a certainement vu passer à ses pieds des moments de vie de l'histoire contemporaine de la Guyane !

Après avoir dépassé les vestiges de l'habitation, et en suivant le sentier grimpant qui mène au point de vue sur la mer, vous tombez directement sur le "pied" de cet énorme fromager. Etant en pleine forêt, il est impossible de le prendre sur toute sa hauteur.

Au début du XX ième siècle, les forestiers coloniaux ont planté des fromagers partout en Afrique car l'exploitation du kapok constituait jusqu'au début des années 1960 une marchandise d'exportation intéressante mais aujourd'hui, le négoce est axé sur le bois d'œuvre uniquement.

En effet, le bois de Fromager est utilisé sous le nom de Fuma ou Ceiba pour la production de contreplaqué, de cageots, de caisses et de menuiseries légères. Le bois est de couleur blanc crème, avec une densité de 0,32 et un grain grossier.

L'arbre Fromager ou kapokier (Ceiba pentandra)

Sur l'image ci-dessus, vous pouvez voir le fromager bifide (séparé en deux) qu'on peut trouver sur l'îlet la Mère en face des plages de Remire-Montjoly (97354).

Outre l'exploitation du bois, les feuilles, les fleurs et les fruits peuvent se consommer cuits en sauce. Les graines riches en huile fournissent un tourteau pour le bétail (Certains tourteaux sont utilisés en alimentation animale car ils constituent la principale source de protéines et contiennent également de la cellulose, qui n'est digestible que par les ruminants).

L'arbre Fromager ou kapokier (Ceiba pentandra)

Le Fromager est connu partout sous les tropiques humides comme un arbre sacré ou un arbre de vie et il est donc protégé. En Guyane et en particulier chez les bushiningués ou noirs marrons, le fromager abrite les esprits des anciens. On ne peut le détruire qu'après avoir effectué un certain nombre de cérémonies pour apaiser la colère des anciens. C'est notamment ce qui s'est passé en 2006 à Maripasoula où le grand fromager de 45 mètres près de la rive du fleuve Maroni a dû être abattu pour des raisons de sécurité. Les agents de l'ONF avaient en effet constaté que l'arbre était creux et moribond.

Chez les indiens Wayapi de Guyane, le tronc du fromager symbolise l'échelle qui permet à l'apprenti chamane d'accéder au monde des esprits qu'il veut domestiquer. Les esprits du fromager sont les esprits jaguars. Les Wayapi utilisent l'écorce du fromager préparée en décoction comme plante médicinale pour combattre la fièvre (fébrifuge) en lavage externe.

Chez les Palikur, autre communauté amérindienne de Guyane, cette "plante" (écorce écrasée et préparée en macération pour le bain) est un fortifiant magique pour les enfants.

Certaines autres peuplades d'Amérique du Sud et des Antilles utilisent également le fromager comme plante médicinale.

L'arbre Fromager ou kapokier (Ceiba pentandra)

En Guyane, on trouve le fromager un peu partout en forêt ou au bord des routes mais il est surtout sur les rives des fleuves et notamment aux abords des villages où, grâce à sa très grande taille, il sert de repère aux voyageurs.

Toutes les populations du fleuve en Guyane respecte le fromager. Le ciel de case (Maluana) est découpé dans les contreforts des grands fromagers et placé sous la toiture en coupole du tukusipan (carbet collectif des indiens Wayana) pour éloigner les animaux indésirables ainsi que leurs esprits. Il est toujours décoré de dessins représentants des animaux mythiques.

Sources :

Drôles d'arbres de Guyane de l'Office National des Forêts (ONF Sylvétude).

Ceiba pentandra - Wikipédia.

Pharmacopées traditionnelles en Guyane aux IRD Editions (Paris, 2004).

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24 avril 2014 4 24 /04 /avril /2014 17:22

Le genre Monstera comprend 22 espèces de plantes de la famille des Aracées, originaires des régions tropicales d'Amérique. Il a été décrit par Michel Adanson.

Ce sont des lianes sempervirentes, pouvant grimper dans les arbres jusqu'à 20 m de hauteur. Ces lianes produisent des racines aériennes qui renforcent l'accrochage de la plante sur son support et qui peuvent aussi rejoindre le sol pour s'y replanter.

Monstera adansonii, une plante grimpante dangereuse ?

Cette liane grimpante possède des feuilles perforées, ovales ou elliptiques, de 19 cm à 55 cm de longueur et de 8 cm à 28 cm de largeur, au bout aigu. Leur base est tronquée ou cunéiforme.

Son pétiole, qui mesure de 10 cm à 45 cm, est glabre. Ses fleurs bisexuées, de couleur jaunâtre, sont groupées en spadices axillaires et cylindriques, mesurant de 4,5 cm à 18 cm, pour un diamètre au maximum de 2 cm. Les spadices possèdent une spathe convolutée mesurant de 10 cm à 28 cm à l'apex acuminé et blanchâtre.

Il s'agit d'une plante épiphyte assez courante de la forêt primaire. Une plante épiphyte est une plante qui pousse en se servant d'une autre plante comme support ; ce n'est pas une plante parasite.

Monstera adansonii, une plante grimpante dangereuse ?

En nous promenant tout au bout de la pointe Montravel à Remire-Montjoly sur un petit sentier, nous sommes tombés sur ce vieux panneau abimé dont l'objet est de mettre en garde sur la plante grimpante dont le nom scientifique est Monstera adansonii (Schott, 1830) de la famille des Aracées. Effectivement, en regardant autour de nous, nous étions complètement entourés par cette plante. Son nom créole est "Séguine"

Ce panneau indique que cette plante contient une sève brûlante qui, au contact de la peau, peut entraîner des lésions nécrosées ... Rien de bien réjouissant pour des promeneurs du dimanche comme nous le sommes ! Mais n'exagérons pas non plus, il n'y a rien d'alarmant car il est possible de manipuler les feuilles dans la mesure où l'on ne touche pas à la sève.

Monstera adansonii, une plante grimpante dangereuse ?

On rencontre Monstera adansonii dans les forêts humides de l'Amérique néotropicale du Mexique jusqu'au Brésil, ainsi qu'aux Antilles. Elle croît jusqu'à 1 000 mètres d'altitude.

Pour information, et en langue Wayapi, l'une des communautés amérindiennes de Guyane, cette plante est appelée : Ka'a pupu, c'est-à-dire ka'a qui signifie "plante" et pupu pour "faire des cloques". Cela se traduit par "la plante qui provoque des cloques"...

Monstera adansonii, une plante grimpante dangereuse ?

Sources :

Monstera adansonii - Wikipedia

Pharmacopées traditionnelles en Guyane aux Editions IRD

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21 avril 2014 1 21 /04 /avril /2014 08:32

Dans mon précédent article sur les bois précieux de Guyane sur ce blog, je précisais à la fin que je consacrerai un autre article dédié au bois de rose, tellement il y a des choses à dire sur l'exploitation historique de ce bois exotique.

Le bois de rose est un arbre de la famille des Lauracées, présent principalement dans les trois Guyane et plus généralement en Amazonie. En Guyane, sous ce nom générique de Bois de rose, on désigne principalement deux espèces, le mâle (Aniba parviflora) et la femelle (Aniba rosaeodora).

Le bois de rose mâle est un bois dur, compact et principalement employé en ébénisterie. Le bois de rose femelle (Aniba rosaeodora - Ducke, 1930) a une utilisation variée notamment en ébénisterie, en pharmacie mais aussi et surtout pour la production d'huile essentielle qui entre dans la composition de parfums mondialement connus.

Les anglo-saxons appellent ce bois de rose "brazilian rosewood" et "rosewoodtree" et les brésiliens "Pau-rosa". Son nom "bois de rose" vient de l'odeur rafraîchissante, douce et agréable qu'il dégage. C'est un arbre des forêts primaires qui peut atteindre 30 m de hauteur et 50 cm de diamètre.

L'huile essentielle est obtenue par distillation des copeaux de bois de rose à la vapeur d'eau. Le rendement est d'environ 5 % soit 5 kg d'huile pour 100 kg de copeaux.

L'arbre bois de rose en Guyane (Aniba rosaeodora)

Pour être complet sur la répartition géographique de Aniba rosaeodora, il faut préciser qu'outre les trois "Guyane" (Guyana, Surinam et Guyane française), on le trouve aussi au Venezuela, en Colombie, Equateur, au Pérou et bien sûr au Brésil (Amapa, Amazonas et Parà).

De nombreuses autres espèces à travers le monde ont aussi ce même nom de bois de rose. C'est notamment le cas au Brésil, en Inde, à Madagascar, en Asie, en Afrique ou en Océanie. Ce sont pour la plupart des Palissandres ou d'autres espèces du genre Dalgerbia comme Dalgerbia maritima ou encore Dalgerbia sissoo. D'autres espèces du genre Pterocarpus de la famille des Fabacées sont aussi appelés à tort "bois de rose" comme par exemple les deux arbres Pterocarpus angolensis ou Pterocarpus indicus ...

L'arbre bois de rose en Guyane (Aniba rosaeodora)

Rapide historique de l'exploitation guyanaise du bois de rose :

Le premier exploitant du bois de rose en Guyane serait un nommé Alexandre Samain, ingénieur civil, qui aurait réussi vers 1875 à extraire l'huile essentielle. Il devient par la suite en 1881 propriétaire d'une distillerie à Cayenne. L'intérêt pour ce produit vient sans-doute de l'essor européen de l'industrie de la parfumerie et de la savonnerie.

Entre 1884 et 1913, les débuts sont hésitants jusqu'au décollage à partir de 1913 jusqu'en 1929, notamment grâce à l'appui déterminant de Jean Galmot (1879-1928) qui va redonner un coup d'accélérateur suite à son retour en Guyane en 1913, en favorisant l'exploitation de l'huile essentielle de bois de rose pour le compte des Etablissements Antoine Chiris pour lesquels il était fondé de pouvoir et associé.

Entre 1913 et 1926, la Guyane s'empare de cette exploitation et notamment dans le bassin de l'Oyapock et de l'Approuague. Les exportations sont alors passées de 14 tonnes par an en 1919 à environ 107 tonnes en 1926.

Entre 1929 et 1975, c'est le déclin progressif de cette activité florissante en raison de débouchés restreints mais aussi de la concurrence du Brésil qui fait chuter les prix et donc la production de Guyane s'effondre et de l'arrivée de nouveaux produits de synthèse comme le linalol. Le prix à l'exportation de l'essence du bois de rose passe de 150 F/kg en 1924 à 33F/kg en 1931. La fluctuation des prix a joué un rôle dans la disparition de cette industrie qui est devenue une activité économique précaire. De nombreux petits entrepreneurs ont alors fait faillite.

A l'époque, les coins les plus exploités en Guyane ont été la région d'Approuague-Kaw jusqu'à une période récente et aussi celle de Montsinéry et Roura. Au début du siècle, les distilleries étaient principalement localisées à Cayenne. Régina demeura en ce temps là la capitale du bois de rose.

Enfin et surtout, l'exploitation intensive du bois de rose pour son huile essentielle a fini par épuiser gravement la ressource par abattage des arbres. Albina rosaeodora est devenu très rare en Guyane et menacé d'extinction.

Le 9 avril 2001, un arrêté ministériel interdit l'exploitation de nombreuses espèces végétales menacées en région Guyane dont le bois de rose. En 2010, à la demande du Brésil, l'espèce Aniba rosaeodora est inscrite sur l'annexe II de la CITES (Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction). L'annexe II comprend une liste des espèces qui, bien que n'étant pas nécessairement menacées d'extinction, pourraient le devenir si le commerce de leurs spécimens n'était pas étroitement contrôlé. Des mesures internationales de protection du bois de rose avaient déjà été prises par la FAO en 1986, et par l'UICN en 1997 qui l'avait déjà déclaré "espèce en danger".

L'arbre bois de rose en Guyane (Aniba rosaeodora)

Bien que l'exploitation de cette espèce semble bien contrôlée au Brésil, c'est encore le seul pays producteur d'huile essentielle de bois de rose dans le monde. La diminution de la production brésilienne a fait monter les prix.

Aujourd'hui certains producteurs guyanais continuent à s'approvisionner en huile essentielle de bois de rose auprès de ceux qui disposent de plantations antérieures à l'arrêté ministériel de 2001 ou auprès d'abatteurs illégaux d'arbres Aniba rosaeodora, mais cela reste un volume très confidentiel.

Un projet initié en 2010 par le CIRAD Guyane "Anib@rosa", et financé par le FEDER (Union européenne) a pour objectif de fournir les bases pour la mise en place d’une filière durable de production d’huile essentielle de bois de rose en Guyane en levant des verrous réglementaires et techniques. Pour ce faire, des parcelles pilotes ont d'abord été mises en place avec des outils de suivi et de traçabilité avant de procéder à des replantations importantes.

Les bénéficiaires seront les producteurs agricoles, les distillateurs, les utilisateurs d'huile essentielle mais en fait, c'est la Guyane toute entière qui profitera du nouveau dynamisme autour de ce produit et de ses retombées économiques.

L'arbre bois de rose en Guyane (Aniba rosaeodora)L'arbre bois de rose en Guyane (Aniba rosaeodora)

Sources :

Parc naturel régional de la Guyane : Brochure sur l'Exposition itinérante sur le bois de rose

Site du CIRAD : http://anibarosa.cirad.fr/le-projet/le-contexte

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6 avril 2014 7 06 /04 /avril /2014 08:39

Dans la série "Drôles d'arbres de Guyane" pour reprendre le titre d'un livret édité par l'Office National des Forêts (ONF Sylvétude), l'arbre Sablier ou Pet du diable est assez étonnant. Il a de nombreux autres noms vernaculaires comme Bombardier, Bois diable, Sablier des Antilles ou Arbre à Dauphins à l'île de la Réunion.

En effet, on trouve cet arbre dans les régions tropicales du Nord et en Amérique du Sud, et plus particulièrement en Amazonie. Son nom scientifique est Hura crepitans (L., 1753). Les anglo-saxons lui ont aussi donné plusieurs noms : Sandbox tree, possumwood, dynamite tree et même Monkey no climb ... En langue espagnole, il est appelé "Jabillo"

Hura crepitans est une espèce d'arbre vénéneux de la famille des Euphorbiacées. Comme beaucoup d'espèce de cette famille, il possède dans ses tissus, et en abondance, une substance laiteuse nommée latex, très toxique.

L'arbre Sablier ou Pet du diable (Hura crepitans)

Cet arbre massif et majestueux peut mesurer plus de quarante cinq mètres de hauteur et son diamètre atteindre les 1 m 50. Mais la particularité de cet arbre est qu'il a sur son tronc très droit et son écorce grise de grosses épines coniques comme on peut très bien le voir sur la photographie ci-dessous. Les feuilles sont persistantes, légèrement dentées et à leur base échancrées en forme de cœur. Hura crepitans est une plante monoïque (fleurs mâles et femelles en des endroits différents d'un même pied) aux fleurs rouges.

L'arbre Sablier ou Pet du diable (Hura crepitans)

La toxicité de ce latex est telle qu'il est parfois utilisé par les amérindiens pour pêcher en endormant les poissons dans la rivière même si leur préférence se porte sur la liane "hali-hali". Cette substance laiteuse toxique possède en effet des propriétés ichtyotoxiques (cliquer sur "définition") qui permettent d'empoisonner l'eau pour pêcher.

On rapporte aussi que certains indiens caraïbes enduisaient la pointe de leurs flèches avec ce latex toxique afin qu'il se diffuse dans le corps de leur victime. La flèche était réalisée de telle façon qu'elle se cassait à l'intérieur du corps provoquant une mort lente mais assurée.

L'arbre Sablier ou Pet du diable (Hura crepitans)

Le fruit du Hura crepitans ressemble à une mandarine ou à une petite citrouille avec ses 12 carpelles disposées radiallement. La particularité de ce fruit est qu'il explose à maturité d'où l'un des noms anglo-saxons de "Dynamite tree", parfois attribué à cet arbre, et au qualificatif latin "crepitans". En explosant, les graines situées dans les carpelles sont disséminées sur de grandes distances favorisant ainsi le peuplement de cet arbre (De nombreux arbres Huri crepitans sur le site de l'Habitation Loyola à Remire-Montjoly).

Les carpelles sont utilisées dans l'artisanat pour réaliser des colliers ou des boucles d'oreilles. Les graines qui se trouvent dans les carpelles sont aussi vénéneuses mais cependant consommées par les aras et les singes. Les graines sont purgatives mais leur usage est dangereux car elles contiennent aussi des substances toxiques (huile purgative, de l'acide gallique, une toxialbumine, et des tanins).

L'ingestion de deux à trois graines par l'homme provoque des troubles digestifs. En cas d'intoxication plus sévère, apparaît alors une tachycardie, des troubles de la vision, une confusion mentale et des convulsions qui peuvent précéder le décès.

L'arbre Sablier ou Pet du diable (Hura crepitans)
L'arbre Sablier ou Pet du diable (Hura crepitans)

Le bois est très lourd et compact, et ses racines assez superficielles. Le bois est utilisé pour fabriquer des boîtes, allumettes, du contre-plaqué et des meubles courants. Il est sensible à l'attaque des termites et à la pourriture et doit donc être traité. Son grain est moyen à grossier et a une densité de 0,45.

En Guyane et au Brésil, il est commercialisé sous le nom de : Açacu ou Assaçu.

L'arbre Sablier ou Pet du diable (Hura crepitans)

Sources :

Hura crepitans - Wikipedia

Site Web sur les bois "Xycol"

http://www.mi-aime-a-ou.com/Hura_crepitans.php

http://medecinetropicale.free.fr/cours/intoxplante.pdf

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24 février 2014 1 24 /02 /février /2014 09:00

Qui n'a pas entendu parler en Guyane du fameux bois bandé qui aide à retrouver une puissance sexuelle en perte de vitesse ou complètement disparue chez les hommes ou à retrouver la libido chez les femmes. En fait, il paraît qu'après avoir ingurgité le breuvage magique, l'homme et le femme retrouvent tous les deux leur libido. Cela semble donc très prometteur pour partager ensemble un moment de tendresse ....

Ce petit arbre, de la famille des Olacacées, qui ne dépasse pas 5 mètres et que l'on trouve en Amazonie, donc aussi bien au Brésil qu'en Guyane, a pour nom scientifique Ptychopetalum olacoides. Au Brésil, il est connu sous plusieurs noms communs comme le Muira puama, le Muiratam ou encore le Marapuama. Les anglo-saxons l'appellent le "Potency wood" alors qu'en Guyane mais également aux Antilles, il n'a que pour seule appellation "Bois Bandé".

Les effets du Bois Bandé de Guyane, mythe ou réalité ...
LE BOIS BANDE ANTILLAIS

Cependant, il ne faut surtout pas le confondre avec le Richeria grandis, arbre de la famille des Euphorbiacées, qui pousse dans les Caraïbes et auquel on prête également à son écorce des vertus aphrodisiaques. Bien que commercialisé sous différentes formes, les vertus du bois bandé antillais sont sujettes à caution car aucune donnée pharmacologique n'atteste de son action de stimulateur de désir sexuel contrairement au bois bandé amazonien.

Bon je vais sans doute me faire des ennemis, mais tout compte fait, comme cette décoction magique se boit le plus souvent sous forme de rhum arrangé, l'effet du rhum a lui seul peut aussi bien, à dose raisonnable, avoir un effet vasodilatateur utile ! Il faut se méfier tout de même car une trop grosse dose de rhum pourrait avoir l'effet contraire à celui attendu ... A bon entendeur !

LES EFFETS DU PTYCHOPETALUM OLACOIDES

Le Bois bandé ou Muira puama est un aphrodisiaque utilisé depuis très longtemps et notamment par les brésiliens et les guyanais. Ses racines et son écorce sont utilisées en médecine traditionnelle. Les extraits de ce breuvage ont, dois-je le rappeler, des effets bénéfiques sur le tonus sexuel, l'érection et la libido.

Les effets du Bois Bandé de Guyane, mythe ou réalité ...

Bon, évidemment, il faut respecter les doses prescrites car il peut y avoir des effets secondaires gênants. En effet, en cas d'abus, l'utilisateur peut se retrouver dans une situation embarrassante de priapisme (Si vous ne connaissez pas ce mot, cliquez dessus, il va vous renvoyer à sa définition).

J'ai quand même un peu de mal à m'imaginer me rendre aux urgences de l'hôpital, toute honte bue, et demander à l'infirmière de garde de me déverser des glaçons tout autour de mes attributs virils ... Bon, cela ne risque pas de m'arriver car je dois sans doute être le seul en Guyane à n'avoir pas essayé ce produit miracle. Ne vous méprenez pas, ce n'est certes pas en raison d'une surestimation de mes capacités qui, je le crains, sont bien ordinaires mais plutôt par peur de l'effet secondaire ci-dessus explicité !

En Guyane, vous entendez tellement de rumeurs sur les effets et surtout les excès que ce bois bandé peut provoquer que j'ai tout simplement décidé personnellement de m'en abstenir ...

AUTRES EFFETS PHARMACOLOGIQUES UTILES

Vous trouvez les préparations de cette potion magique directement en vente sur Internet dans des boutiques en ligne ou chez des herboristes soit sous forme de gélules ou de tisanes mais aussi localement au marché de Cayenne, sous forme de rhum arrangé.

Les effets du Bois Bandé de Guyane, mythe ou réalité ...Les effets du Bois Bandé de Guyane, mythe ou réalité ...Les effets du Bois Bandé de Guyane, mythe ou réalité ...

Cependant, ce breuvage est un puissant vasodilatateur qui contient de nombreux composés chimiques ayant certaines autres propriétés pouvant aussi stimuler le système nerveux central et l'appétit (lequel ?).

D'après le site Web spécialisé sur les plantes tropicales médicinales "Rain tree", le Muira pama (bois bandé) a, outre son action aphrodisiaque sur les hommes comme sur les femmes, d'autres principes actifs puisqu'il :

- soulage la dépression,

- améliore la mémoire,

- protège les cellules du cerveau,

- abaisse la tension artérielle,

- empêche les ulcères,

- soulage la douleur,

- réduit la fatigue.

Je me demande bien pourquoi je n'ai pas essayé beaucoup plus tôt ce produit miracle. Je vais en parler à mon épouse, il faut absolument que j'en achète rapidement. Elle sera certainement d'accord car cette potion semble, si l'on en croit les indications du site Web très sérieux cité plus haut, calmer aussi les nerfs ...

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17 février 2014 1 17 /02 /février /2014 14:31

Ce samedi matin 15 février 2014, nous sommes allés avec mon épouse faire un petit tour au marché, non pas au marché près du port de Cayenne, mais du nouveau marché localisé sur le parking de l'Hyper U, appartenant à la famille Ng Kon Tia. Je dis "nouveau marché" même s'il a déjà maintenant quelques années d'existence.

Sur ce marché, on trouve des producteurs locaux, principalement alimentaires. En passant devant un marchand de fleurs tenu par un Hmong du village de Cacao, nous nous sommes extasiés devant toutes ces fleurs exotiques magnifiques.

Parmi celles-ci, il y avait beaucoup de balisiers de la famille des Heliconiacea. On trouve en effet en Guyane de nombreuses espèces cultivées, mais aussi des espèces sauvages qui poussent dans les savanes et au bord des marécages. Nous avons pris quelques photos qui vont vous permettre, comme nous, d'apprécier ces jolies fleurs ..

Des fleurs exotiques de Guyane au marché de Cayenne

FAMILLE DES HELICONIACEA

La famille des Héliconiacées est une famille des plantes monocotylédones. Elle comprend environ 80-200 espèces du genre Héliconia. Ce sont des plantes herbacées vivaces des régions tropicales. Pour certaines espèces, la pollinisation est assurée par les oiseaux-mouches. Issus de cette famille, plusieurs variétés et hybrides sont cultivés pour la production de fleurs coupées à cause de leurs inflorescences colorées et résistantes. Toutes les espèces (Heliconia spp.) sont aussi appelées "Balisiers".

Des fleurs exotiques de Guyane au marché de Cayenne
Des fleurs exotiques de Guyane au marché de Cayenne
Des fleurs exotiques de Guyane au marché de Cayenne
Des fleurs exotiques de Guyane au marché de Cayenne
Des fleurs exotiques de Guyane au marché de Cayenne
Des fleurs exotiques de Guyane au marché de Cayenne

FAMILLE DES ARACEAE

Anthurium est un genre de plantes de la famille des Araceae comportant de 600 à 800 espèces, voire 1000 espèces : c'est un des genres les plus importants et les plus complexes de la famille. De nouvelles espèces sont décrites chaque année. Les espèces ont une distribution néotropicale : la plupart croissent dans les forêts tropicales humides d'Amérique centrale et d'Amérique du Sud mais quelques-unes poussent dans des milieux semi-arides.

Des fleurs exotiques de Guyane au marché de Cayenne
Des fleurs exotiques de Guyane au marché de Cayenne
Des fleurs exotiques de Guyane au marché de Cayenne

FAMILLE DES ZINGIBERACEA

La famille des Zingibéracées est une famille de plantes monocotylédones qui comprend 700 espèces réparties en une cinquantaine de genres. Ce sont des plantes herbacées pérennes, productrices d'huiles essentielles, des régions tropicales. Dans cette famille, l'Alpinia comprend environ 400 espèces répandues dans les régions tropicales.

Des fleurs exotiques de Guyane au marché de Cayenne
Des fleurs exotiques de Guyane au marché de Cayenne
Des fleurs exotiques de Guyane au marché de Cayenne
Des fleurs exotiques de Guyane au marché de Cayenne

Dans la famille des Zingibéracées, on trouve également ces magnifiques fleurs appelées "Roses de porcelaine". Cette fleur est incomparable tant sa texture est coriace et sa couleur nacrée.

Des fleurs exotiques de Guyane au marché de Cayenne
Des fleurs exotiques de Guyane au marché de Cayenne

FAMILLE DES AMARANTHACEA

La famille des Amaranthaceae est une famille de plantes dicotylédones qui comprend plus de 800 espèces réparties en environ 75 genres. Ce sont des arbustes ou des plantes herbacées, des régions tempérées à tropicales, largement répandues. Le genre Celosia cristata (communément appelée amarante crête de coq) est une plante annuelle appartenant au genre Celosia de la famille des Amaranthaceae dans la classification phylogénétique, parfois considérée comme une variété de Celosia argentea. Cette plante (comme toutes les célosies) est originaire principalement des régions tropicales et tempérées d'Amérique et d'Asie.

Des fleurs exotiques de Guyane au marché de Cayenne
Des fleurs exotiques de Guyane au marché de Cayenne

BOUQUETS PREPARES DE DIFFERENTES FLEURS

Sur le marché de Cayenne, comme chez n'importe quel fleuriste, on peut créer son propre bouquet ou acheter un bouquet déjà préparé comme vous pouvez le voir ci-dessous :

Des fleurs exotiques de Guyane au marché de Cayenne
Des fleurs exotiques de Guyane au marché de Cayenne

Sources :

Pour l'identification scientifique des fleurs, je me suis appuyé sur l'excellent livre "Mon jardin tropical" d'Aline Ternisien et Fabrice Le Bellec paru chez Orphie dans la série Guide de jardinage.

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Rédigé et publié par Phil - dans Flore de Guyane
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