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4 octobre 2016 2 04 /10 /octobre /2016 12:06

Les premiers colons européens débarquèrent au XVIIe le long de l'Anse de Remire, à l'époque appelée Anse d'Armire. En 1643, les premières expéditions dirigées par Charles Poncet de Brétigny, décimées par les Amérindiens, se réfugièrent à Remire. Mais c'est avec l'arrivée des jésuites en Guyane qui s'installèrent sur un grand domaine en 1668 qui deviendra l'habitation Loyola (voir "ICI" l'article sur cette habitation esclavagiste) que se développera véritablement la paroisse de Remire, dont la fondation historique remonte à 1652.

 

Mars 1729

Au milieu du XVIIe et au début du XVIIIe siècle, des colons installent leurs habitations le long de cette Anse, sur ce qui est devenu aujourd'hui la Route des plages et ce, jusqu'au fleuve Mahury. Une paroisse fut érigée avec une église, un presbytère et quelques cases à l'endroit où se situait l'ancienne distillerie Prévot. On peut voir le nom de certains de ces colons sur l'extrait de la carte dessinée en mars 1729 par Jean-Baptiste Bourguigon d'Anville, premier géographe du Roi (carte ci-dessus).

Beaucoup plus tard, au milieu du XIXe siècle, la Paroisse de Remire migre à l'intérieur des terres, au pied du Mont Mahury. C'est un arrêté du gouverneur de la Guyane du 30 octobre 1847 qui fixera l'emplacement de la chapelle et du cimetière de la Paroisse. Cet arrêté fait référence à la circulaire ministérielle du 13 juin 1846 qui prescrit d'établir, en conseil privé, un programme des chapelles à construire successivement dans la colonie, pour assurer l'ordonnance du 18 mai 1846 sur l'instruction élémentaire et religieuse des esclaves. Le choix de Remire avait préalablement été décidé lors d'une réunion du conseil privé le 9 décembre 1846.

 

Église de l'Immaculée-conception dans le bourg de Remire-Montjoly

Église de l'Immaculée-conception dans le bourg de Remire-Montjoly

L'arrêté du 30 novembre 1847 précise que "la chapelle et le cimetière de la Paroisse de Remire seront placés sur une portion de terrain de l'habitation le Grand-Beauregard, situé à droite et au point culminant de la route du Dégrad des Cannes, à 200 mètres environ du ruisseau de Beauregard ; ledit terrain, ayant 134 mètres de façade sur la route précitée et mesurant en superficie 1 hectare 78 ares et 82 centiares". C'est l'Ordonnateur Cadeot qui signera cet arrêté pour le compte du gouverneur Pariset.

Pour ce faire, un nouvel arrêté du 8 février 1848 prescrira l'acquisition d'une terrain de cette habitation. Son article premier précise qu'il sera procédé, par expropriation pour cause d'utilité publique, à l'acquisition d'un terrain dépendant de l'habitation le Grand-Beauregard. Une commission sera créée le 7 mars 1848 afin de recevoir les réclamations relatives au terrain à prélever.

Cette église sera consacrée en 1851. Un presbytère sera construit à la même époque à côté de l'église. Un an plus tard, un arrêté du gouverneur Octave de Chabannes du 28 février 1852, indique qu'une école primaire pour les garçons (voir l'article "ICI") sera ouverte à la paroisse de Remire (quartier de l'Île-de-Cayenne), sous la direction de trois frères de l'Institut de Ploërmel. L'ouverture de cette école était prévue pour le lundi 1er mars 1852.

Extérieur de l'église de l'Immaculée-conception au bourg de Remire

Église du bourg de Remire (cliquer sur une photo pour l'agrandir).Église du bourg de Remire (cliquer sur une photo pour l'agrandir).Église du bourg de Remire (cliquer sur une photo pour l'agrandir).

Église du bourg de Remire (cliquer sur une photo pour l'agrandir).

L'habitation sucrière Beauregard, ou Grand-Beauregard, est le nouveau nom donné à l'ancienne habitation Loyola, tenue par les jésuites, et progressivement abandonnée suite à leur départ forcé de la Guyane en 1763. Cette habitation Loyola, comme les autres établissements des jésuites dans la colonie, fut saisie et rattachée au domaine royal.

Elle fut vendue à la famille Prépaud en 1766 et devint alors l'habitation Beauregard. Gaëtan Prépaud fut le syndic des créanciers des jésuites de Guyane. L'habitation s'aggrandit en absorbant l'habitation Montlouis (ou de la Haye) lors de son rachat en 1787 par son régisseur Bertrand Bajon. Le canal de Beauregard, qui existe encore aujourd'hui mais est à l'abandon, fut creusé en 1777 et reliait l'habitation à la crique de Cabassou, prolongeant la crique Fouillée.

L'habitation sera une nouvelle fois vendue et achetée par Etienne Franconie, puis en 1825, par les frères Guillaume et Emmanuel Dételle qui y développeront la culture du rocou. En 1843, sa superficie était de de 843 hectares avec 205 esclaves. Après l'abolition de l'esclavage de 1848, cette habitation perdra de son importance, puis des parties de son terrain seront parcellées et vendues. A partir de 1912, l'habitation, ou du moins ce qu'il en restait, deviendrat la propriété de la colonie et plus tard, des lots seront concédés à titre gratuit et provisoire.

Intérieur de l'église du bourg de Remire

Eglise du bourg de Remire en GuyaneEglise du bourg de Remire en GuyaneEglise du bourg de Remire en Guyane

Photos anciennes du bourg de Remire (autour des années 1900)

Eglise du bourg de Remire en GuyaneEglise du bourg de Remire en GuyaneEglise du bourg de Remire en Guyane

Sources :

ANOM (IREL)

Bulletins officiels de la Guyane française

Journal officiel de la Guyane française

Article de Marie-Claude Thébia du 28 septembre 2013 dans Guyane 1ière sur le livre d'Eugène Epailly "Beauregard, une habitation sucière et ses esclaves dans la colonie de la Guyane de 1775 à1891"

Site internet de la mairie de Remire-Montjoly (histoire)

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1 novembre 2015 7 01 /11 /novembre /2015 09:43

La Révérende Mère Anne-Marie Javouhey, Supérieure générale de la Congrégation des sœurs de Saint Joseph de Cluny dont elle fut la fondatrice, a créé le village de Mana le long de la rivière du même nom. Ce village va progressivement se développer avec le support des quelques européens arrivés en Guyane avec elle fin août 1828. Environ 98 personnes feront partie de l'expédition dont des sœurs, des cultivateurs et leurs familles et des ouvriers. Le gouvernement leur accordera alors des aides pour cette installation (transport gratuit jusqu'à Mana, diverses allocations et prestations en argent ou nature, mise à disposition de 15 hectares de terrain défichés ...). La communauté bénéficia aussi des quelques installations et du cheptel abandonnés par les trois familles jurassiennes qui restaient de la dernière tentative de colonisation sur les bords de la Mana en 1824.

Progressivement, la Mère Anne-Marie Javouhey rachètera des esclaves et en récupéra suite à l'application de la loi du 4 mars 1831 sur l'interdiction de la traite dans les colonies françaises. Un des évènements importants porté au crédit de la Mère Anne-Marie Javouhey est la libération définitive de 185 noirs le 21 mai 1838, leur permettant ainsi de prendre rang dans la société.

En avril 1838, la Mère Anne-Marie Javouhey rédige un rapport sur l'Etablissement de Mana qu'elle adresse à l'Amiral Victor-Guy Duperré, Ministre de la marine et des colonies dont voici un extrait :"Le nombre total de cases s'élève à 150, formant deux larges rues perpendiculaires à la rivière. Le village contient en outre deux vastes magasins, plusieurs grands hangars, une petite sucrerie, un manège, un atelier de forge, des logements pour les divers employés du poste, une maison pour la Supérieure, la communauté, un hôpital, une église ; les deux derniers bâtiments ne peuvent être considérés que comme provisoires".

L'église dont fait mention la Mère Anne-Marie Javouhey dans son rapport d'avril 1838 était trop petite et s'apparentait plus à une chapelle qu'à une église. Elle décidera donc de faire construire une véritable église. Les travaux commenceront dès la fin de l'année 1838.

Eglise Saint Joseph de Mana (Guyane)

Entièrement en bois, la construction de l'église sera quasi finalisée fin 1840. Dans une de ses lettres datée de mars 1840, la Mère Anne-Marie javouhey déclare que "notre belle église vient d'être couverte" et en août 1840 qu'elle "devrait être achevée pour la Toussaint". L'église sera officiellement bénie par le préfet apostolique Paul Guillier en septembre 1841 à l'occasion de la visite à Mana du nouveau gouverneur de la Guyane, le Capitaine de vaisseau Charmasson. Celui-ci, dans le compte-rendu de sa visite à Mana écrira :"l'église qui vient d'être bénie par le préfet apostolique est suffisamment spacieuse pour recevoir une population croissante".

Quant à l'ornementation et à l'ameublement de l'église, elles ne se firent que progressivement au fur et à mesure que les finances de la communauté le permirent. Même la Mère Anne-Marie Javouhey qui avait quitté la Guyane en juin 1843 ne vit pas son église complètement terminée.

Cette très belle église, restaurée à plusieurs reprises depuis sa construction, a subi quelques modifications au fil du temps comme on peut le voir sur la photo à gauche du texte qui date de la fin du XIX° siècle. Cette photographie est extraite de l'ouvrage intitulé "Notice sur la Guyane" rédigé par Eugène Bassières, commissaire adjoint pour la Guyane à l'occasion de l'Exposition universelle de 1900 à Paris.

Comme cette église menaçait ruine en 1909, on voulut la démolir pour en élever une nouvelle. Mais la population de Mana s'y opposa avec cet argument que c'était la Chère Mère qui l'avait fait bâtir, et que personne ne ferait mieux qu'elle. Finalement, l'architecte ayant examiné les fondations assura qu'elles étaient solides, et on se contenta de faire seulement quelques réparations.

L'église fera l'objet de quatre autres restaurations notamment entre 1930 et 1970. De plan rectangulaire, l'église se compose d'une nef, de collatéraux et d'un chœur à chevet plat. Au-dessus de l'entrée, se trouve un grand clocher carré surmonté d'une croix. Entre 1940 et 1945, un bagnard nommé Bourgeois repeindra entièrement l'église avec une équipe d'autres forçats et notamment le ciel étoilé du plafond et un Christ au-dessus du cœur.

Mais la restauration la plus importante de l'édifice, aussi bien intérieure qu'extérieure, se déroulera entre 2005 et 2007.

Ces deux clichés montrent l'église avant sa restauration (photo de gauche) et après. Vous pouvez agrandir les photos en cliquant dessus.Ces deux clichés montrent l'église avant sa restauration (photo de gauche) et après. Vous pouvez agrandir les photos en cliquant dessus.

Ces deux clichés montrent l'église avant sa restauration (photo de gauche) et après. Vous pouvez agrandir les photos en cliquant dessus.

La restauration la plus importante de l'édifice, aussi bien intérieure qu'extérieure, se déroulera en effet entre septembre 2005 et mars 2007. Classée Monument Historique par arrêté du 22 septembre 1987, l'église, propriété de la commune de Mana, a nécessité l'avis, le suivi et le contrôle de Pierre Bortolussi, architecte en chef des monuments historiques.

L'ensemble des travaux a concerné : restauration des extérieurs et intérieurs, de la charpente du clocher, de la nef et des collatéraux, réfection de la couverture en bardeaux de wapa, révision du bardage à clins, restauration de la voûte lambrissée, peinture des parois et des structures, nettoyage et raccords en recherche des décors peints, traitement anti-termites de toutes les pièces en bois, mise en conformité des installations électriques et installation d'un paratonnerre, réfection en recherche du parvis.

Pour l'anecdote, le grattage des murs durant la dernière restauration a permis de retrouver la couleur bleue d'origine de l'église. Cette information a été recoupée par certains habitants et surtout par la communauté des sœurs de Saint Joseph de Cluny. On peut donc dire que l'église de Mana a retrouvé sa magnifique couleur d'antan ...

Photos de l'extérieur de l'église :

Cliquez sur une photo si vous désirez l'agrandirCliquez sur une photo si vous désirez l'agrandirCliquez sur une photo si vous désirez l'agrandir
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Cliquez sur une photo si vous désirez l'agrandir

Photos de l'intérieur de l'église :

Eglise Saint Joseph de Mana (Guyane)Eglise Saint Joseph de Mana (Guyane)Eglise Saint Joseph de Mana (Guyane)
Eglise Saint Joseph de Mana (Guyane)Eglise Saint Joseph de Mana (Guyane)Eglise Saint Joseph de Mana (Guyane)

Un autre bâtiment en bois en prolongement de l'église sera également construit afin d'y loger les sœurs de la congrégation. Ce bâtiment deviendra plus tard le presbytère. ll est lui-même classé Monument historique par arrêté du 12 juin 1989. Cet édifice menaçant ruine en raison de son état de délabrement général lié notamment aux termites, fut lui-aussi restauré à partir de septembre 2010 également sous le contrôle de l'architecte en chef des monuments historiques.

La nouvelle église entièrement restaurée a été inaugurée le dimanche 18 mars 2007 en présence de Monseigneur Emmanuel Lafont, évêque de la Guyane, du sénateur maire de Mana Georges Patient et d'Antoine Karam, alors président du Conseil régional ainsi que de diverses personnalités du département.

Photos anciennes de Mana :

Eglise Saint Joseph de Mana (Guyane)Eglise Saint Joseph de Mana (Guyane)
Eglise Saint Joseph de Mana (Guyane)Eglise Saint Joseph de Mana (Guyane)

Sources :

Bulletins officiels de la GF.

Site Web de Manioc.org (Recueils des lettres de la Révérende Mère Anne-Marie Javouhey).

Base Mérimée du ministère de la culture.

Anne-Marie Javouhey : fondatrice de la congrégation des sœurs de Saint Joseph de Cluny (1779-1851) par Geneviève Lecuir-Nemo - novembre 2003.

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26 mars 2015 4 26 /03 /mars /2015 17:27

Kaw est un petit village créole situé en plein cœur de la réserve naturelle des marais de Kaw. Le bourg est administrativement rattaché à la commune de Régina depuis 1946. Composé d'une cinquantaine d'habitants, la population vit principalement de la chasse, de la pêche mais aussi du tourisme. On ne peut accéder au village que par barque ou pirogue.

On y trouve une église, une école primaire, un dispensaire, un foyer rural et une agence postale. Une centrale solaire photovoltaïque a été installée en 1982 mais a dû être totalement réhabilitée en 2009. Les savanes inondables de Kaw représentent un site important pour la conservation de nombreuses espèces comme les hoazins (grands oiseaux arboricoles), les caïmans (noirs, à lunettes, gris et rouges) et les oiseaux d'eau (Jacanas, aigrettes, hérons cocoï, martins pêcheurs ...).

Quant à l'église Saint André, elle fait partie de la paroisse Saint Dominique de Roura. Il n'y a en effet pas de prêtre de manière permanente à Kaw. C'est le curé de la paroisse Saint Dominique qui assure la messe une fois par mois.

Eglise Saint André de Kaw (Guyane)

En 1836, Kaw constituait l'un des quatorze quartiers (équivalents des communes mais sans conseil municipal élu) de la Guyane avec 28 habitations et une population de 1961 habitants dont 1829 esclaves. Le commissaire-commandant Louis-Marie Bruneau nommé par le gouverneur faisait office d'officier d'Etat-civil. Il était le propriétaire exploitant de l'une des deux sucreries du quartier à l'époque. L'autre sucrerie était située sur l'habitation Favard dont on peut encore voir quelques vestiges aujourd'hui.

En 1847, M. Barrat demeurant à Nantes obtient une concession d'un terrain situé à droite de la rivière de kaw en amont de cette rivière et du nouveau canal de Kaw. M. Barrat, représenté à Cayenne par M. Clément Malin son fondé de pouvoirs, était déjà le propriétaire de l'habitation Les Sables au quartier de Kaw et de l'habitation St Pérey sur le quartier d'Approuague.

En échange de ce nouveau terrain, M. Barrat offre 2000 francs au domaine colonial pour contribuer aux travaux du canal de kaw au fleuve Approuague et cède gratuitement un terrain de 6 hectares au domaine colonial en vue de la construction de l'église du quartier et de divers établissements qui doivent l'entourer.

Un arrêté du 11 septembre 1849 signé par le gouverneur Pariset fixe les circonscriptions des paroisses de la Guyane française. Cet arrêté a été pris sur avis du préfet apostolique Jean Dossat pour la délimitation des paroisses dont les églises sont terminées ou en cours de construction. Pour Kaw, la circonscription s'étend sur tout le quartier.

Eglise Saint André de Kaw (Guyane)

Le gouverneur Pariset prend un autre arrêté le 30 mars 1850 qui nomme les membres du conseil de fabrique de la paroisse de Kaw. Le gouverneur par interim de la Guyane, Charles de Muyssart avait fixé le 20 juillet 1825 un règlement pour la fabrique de l'église de Cayenne. Dans son article premier, ce règlement explique le rôle et le fonctionnement des fabriques des églises de Guyane.

Ainsi, l'article 1 de ce Règlement stipule : "Les fabriques sont chargées de veiller à l'entretien et la conservation des églises, d'administrer tous les biens et revenus ci-après désignés qui sont affectés à l'exercice de la religion; afin de pourvoir à tout ce qui est nécessaire à la célébration de l'office divin et au maintien de sa dignité ...".

L'article 3 de ce Règlement précise que dans toutes les paroisses de la colonie, le conseil sera composé de cinq membres pris parmi les notables habitants : ils devront être catholiques et être domiciliés dans la paroisse. Il est aussi indiqué que si la paroisse dépasse les 5000 âmes, alors le nombre de conseillers sera de neuf, dont obligatoirement le Procureur général.

Les cinq membres du Conseil de fabrique pour la paroisse de Kaw dans l'arrêté du 30 mars 1850 ont été désignés sur proposition du préfet apostolique : MM. Léopold Léger, Laurent Lavanne, Firmin Brasset, Victor, et Edouard Barrat. Sont aussi membres de doit du conseil de fabrique , le curé de la paroisse et le commandant de quartier. Ce conseil doit être renouvelé tous les trois ans.

Eglise Saint André de Kaw (Guyane)

Pendant quelques années après la construction de l'église, les prêtres qui desserviront la paroisse ne seront pas en poste à Kaw. Ils viendront régulièrement assurer les offices religieux mais sans demeurer sur place. Ce fut le cas pour l'abbé Joseph Guyodo en 1854 qui venait de Cayenne. Ordonné prêtre en 1847, il entre trois ans plus tard au noviciat de la Congrégation du Saint-Esprit pour finalement s'embarquer pour la Guyane. D'abord missionnaire, il sera nommé Curé de Cayenne avant de devenir le Préfet apostolique de la Guyane en 1885.

Par lettre de committimus du Préfet apostolique de Guyane, Mgr Jean Dossat, datée du 21 avril 1862, le gouverneur nommera Léon Roy, curé de la paroisse de Kaw.

Autres photos de l'Eglise Saint André de Kaw :

Eglise Saint André de Kaw (Guyane)Eglise Saint André de Kaw (Guyane)Eglise Saint André de Kaw (Guyane)
Eglise Saint André de Kaw (Guyane)Eglise Saint André de Kaw (Guyane)Eglise Saint André de Kaw (Guyane)

Sources :

Bulletins officiels de la Guyane (Manioc.org)

Règlement pour la fabrique de l'église de Cayenne (Avril1869)

R.P GUYODO de la Congrégation du Saint Esprit et du Saint Cœur de Marie par L.H (1901)

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1 février 2015 7 01 /02 /février /2015 17:46

Après avoir rédigé un petit article sur la belle église Saint Louis de style créole de Tonnégrande, nous allons présenté son "alter ego" en quelques sorte, car il s'agit de l'église Notre Dame de l'Immaculée Conception de Montsinéry. Rappelons en effet que Montsinéry-Tonnégrande constitue depuis 1879 une seule et même commune. D'abord nommée Tonnégrande-Montsinéry, il faudra attendre l'année 1969 pour que le nom soit inversé et que la commune devienne Montsinéry-Tonnégrande, suite au développement plus important de Montsinéry.

La construction de l'église actuelle du Quartier de "Mont-Sinéry" aurait débuté en 1860. Différents travaux y auront été effectués jusqu'en 1902. D'abord vouée à Saint Jean-Baptiste jusqu'en 1913, elle est maintenant dédiée à Notre Dame de l'Immaculée Conception depuis cette date.

Située au centre du bourg, face à la rivière Montsinéry, elle appartient à la commune. L'église a été classée Monument Historique par arrêté du 31 août 1995.

Eglise Notre Dame de l'Immaculée Conception de Montsinéry (Guyane)

Une autre église, ou plus exactement une chapelle, existait déjà sur l'habitation esclavagiste Risquetout, d'après un plan datant de 1848 qui indique l'emplacement de la chapelle, celui du presbytère et de la maison du maître ainsi que les cases des esclaves. Lors de l'abolition de l'escavage, il y avait 84 esclaves sur cette habitation de près de 1600 hectares.

Le décret abolissant l'esclavage dans les colonies françaises date du 27 avril 1848. Il ne sera promulgué officiellement en Guyane que le 10 juin suivant avec effet au 10 août 1848, jour réel de l'émancipation des esclaves en Guyane.

Depuis 1845, le propriétaire de l'habitation Risquetout est Emmanuel Mallet. Ce dernier, né à Brest (Finistère) le 30 octobre 1811, a fait une partie de sa carrière dans la marine car il était Capitaine au long cours. Il sera aussi un temps Commissaire-commandant du quartier de Mont-Sinéry en succédant à cette fonction à Lalanne Joseph Célestin.

Emmanuel Mallet vendra en juillet 1848 une partie de son terrain bâti pour l'implantation d'un bourg officialisé par un acte de vente dressé par Maître Condery, notaire à Cayenne. Marié avec Marie-Louise Anaïs Lalanne, E. Mallet décédera à l'hôpital militaire de Cayenne le 8 avril 1860.

Lors du recensement de tous les esclaves sur le quartier de Mont-Sinéry, on comptera jusqu'à 827 esclaves donnant droit à une indemnité au 10 août 1848. Les colons propriétaires d'esclaves seront en effet indemnisés en recevant 30 francs par esclave.

Photos de l'église Notre Dame de l'Immaculée-Conception de Montsinéry :

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Un arrêté du 11 septembre 1849 fixe la circonscription des paroisses de la Guyane française après avis du préfet apostolique, Mgr Jean Dossat, pour la délimitation des paroisses dont les églises sont terminées ou en cours de construction. Pour Mont-Sinéry, c'est tout le quartier qui est concerné.

Un autre arrêté du 11 septembre 1849 porte nomination des membres des fabriques des églises d'Approuague, de Roura, du Canal Torcy, de Mont-Sinéry et de Kourou. A Mont-Sinéry, les membres désignés sont : Messieurs GOT Joseph, Corriau Cyprien, Damas-Coutard, de Langlade, et Lanne Pierre.

Les conseillers des fabriques sont pris parmi les habitants catholiques résidant dans la paroisse et nommés, pour la première fois, par le commissaire général de la République sur la proposition de l'ordonnateur, concertée avec le préfet apostolique.

Une école tenue par les frères de l'Instruction Chrétienne dits frères de Ploërmel ouvrira en octobre 1850 à Mont-Sinéry. Quatre frères étaient prévus pour l'enseignement, mais seuls les frères Lyphard-Marie (1825-1888) et Héraclius (1830-1879) ouvrirent l'école. En plus de l'enseignement, les élèves étaient initiés aux travaux agricoles sur un terrain proche de l'école.

Le 2 janvier 1851, le frère Lyphard-Marie confie à l'Abbé de la Mennais, fondateur de la congrégation des frères de Ploërmel, ses difficultés sur l'école de Mont-Sinéry : " Depuis plus de deux mois que nous avons commencé la classe, nous n'avons pu encore ramener tous les enfants, quoique cependant nous en avons déjà une quarantaine ".

Eglise Notre Dame de l'Immaculée Conception de Montsinéry (Guyane)

Sources :

B.O.G.F - 1849

Les Frères de l'Instruction Chrétiennes en Guyane (1843-1910) par le F. Philippe Friot

Bulletin municipal de Montsinéry-Tonnégrande n° 4 de Juin 2011 (Habitation Risquetout)

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27 décembre 2014 6 27 /12 /décembre /2014 16:32

La première pierre de cette église a été posée le mercredi 3 septembre 1862 en présence du Gouverneur de la Guyane Tardy de Montravel, du Directeur de l'intérieur Favard, du Chef du service judiciaire Baudouin, du Médecin en chef Chapuis ainsi que de plusieurs membres du clergé, et autres fonctionnaires et chef de service.

Toutes ces personnalités étaient partis de Cayenne ce même jour dès 6 heures et demie à bord de l'aviso à vapeur Le Surveillant, commandé par l'enseigne de vaisseau Eyriaud, pour arriver deux heures plus tard à Tonnégrande où ils furent accueillis par des embarcations diverses de gens du quartier qui criaient et entonnaient des chants d'allégresse.

Sur le quai, le Gouverneur fut accueilli par le sieur Jean-Baptiste Phanor Pain, Commissaire-commandant du quartier de Tonnégrande qui lui exprima sa profonde reconnaissance ainsi que celle de la population. Le préfet apostolique l'abbé Dossat, à la tête de son clergé, accompagna le Gouverneur au carbet qui servait d'église jusqu'alors. Ce carbet avait été construit cinq ans auparavant par les habitants de Tonnégrande sous l'impulsion de leur curé le Père Durand.

Un autre carbet en feuilles avait été élevé sur la partie des fondations de la nouvelle église et un petit autel avait été joliment décoré pour supporter la cérémonie de la pose de la première pierre et la plaque de cuivre sur laquelle était gravée une inscription commémorative.

Eglise Saint-Louis de Tonnégrande (Guyane)

Après que le gouverneur eut pris place dans l'assistance, Monseigneur Dossat remercia le chef de la colonie non seulement d'avoir récompensé le dévouement du Père Durand et la bonne conduite des habitants du quartier en leur accordant cette église après laquelle ils soupiraient depuis plusieurs années, mais encore d'avoir bien voulu abandonner ses hautes occupations pour venir, à l'exemple de saint Louis, son auguste patron, présider lui-même à cette pieuse cérémonie avec les principaux fonctionnaires de la colonie...

Après cette allocution, Monseigneur Dossat commença la cérémonie de la pose de la première pierre. Après le chant du Gloria in excelsis, le gouverneur descendit dans les fondations et, recevant des mains du préfet apostolique le marteau et la truelle, il posa le premier fondement de l'édifice. Toutes les hautes personnalités présentes vinrent à leur tour participer au scellement de la pierre.

A l'issue de la messe qui fut célébrée après la cérémonie dans l'église provisoire, un déjeuner de trente six couverts fut servi dans un autre élégant carbet décoré de fleurs sauvages sur la place du bourg que le Père Durand avait fait élever.

Après que le gouverneur eut porté un toast à l'abbé Durand, fondateur du bourg, à son dévouement et à sa persévérance, ce fut au tour du préfet apostolique de remercier chaleureusement le gouverneur.

A quatre heures et demie, et après avoir visité le bourg, le gouverneur ainsi que le préfet apostolique et tous les fonctionnaires qui l'avaient accompagné s'embarquèrent sur l'aviso Le Surveillant pour regagner Cayenne.

Eglise Saint-Louis de Tonnégrande (Guyane)

Le terrain sur lequel fut construit le bourg de Tonnégrande appartenait à la famille Bonnefoy et aux époux Voisin-Bonnefoy, propriétaires de l'Habitation Gibraltar qui, par un acte sous seing privé le 18 mars 1856, promettait la vente d'une terrain au lieu-dit "Aouara" à Monseigneur Dossat, préfet apostolique.

Par un arrêté du 30 mars 1857, le contre-amiral Auguste Baudin, gouverneur de la Guyane, autorisa le directeur de l'intérieur à acquérir pour le compte du gouvernement une portion de terrain du quartier de Tonnégrande pour y créer un bourg. Un acte de vente officiel devant le notaire Joseph Dechamp de Cayenne sera signé le 9 juin 1857 entre les époux Voisin-Bonnefoy, Etienne Bonnefoy, Joseph Bonnefoy et l'administration pour une parcelle de 5 ha 23 a et 10 ca.

Les travaux d'arpentage qui durèrent quatre jours avaient été conduits sur les indications du Père Durand par l'arpenteur juré du gouvernement Louvrier Saint-Mary. En 1857, le commissaire-commandant le quartier de Tonnégrande était Jean Théophile Pain. Il démissionnera de ses fonction le 12 janvier 1860, date de la décision d'acceptation de sa démission par le gouverneur. C'est son frère Jean-Baptiste Phanor Pain qui lui succédera et qui sera donc présent lors de la pose de la première pierre de cette église Saint-Louis.

Un arrêté du 29 juin 1857 érige en paroisse la chapelle construite au quartier de Tonnégrande par les soins du clergé et des habitants du quartier sur le dit terrain, acheté par l'administration. Cette chapelle était en fait un simple carbet recouvert en feuilles construit en 1856. Une Décision du 8 juillet 1857 nomme l'abbé Durand curé de la paroisse.

Le Révérend Père Antoine Durand fut le premier desservant de la cure de Tonnégrande. Né le 23 avril 1823 à Pont-Beauvoisin (Savoie), fils de Antoine et de Marie Berthet, le Père Durand arriva en Guyane le 23 décembre 1855 et décédera dix plus tard, le 11 mars 1865 à l'hôpital militaire de Cayenne. Il est enterré au cimetière paroissial de Tonnégrande.

Eglise Saint-Louis de Tonnégrande (Guyane)

Un premier projet d'église, jugé trop cher, n'avait pas été validé par le gouverneur. C'est un second projet au montant de 17000 francs qui sera accepté par le ministre de la marine après quelques petits changements dans les plans. L'église sera construite en pans de bois avec remplissage en briques et couverte en ardoises de bois dite de bardeaux. Après la pose de la première pierre le 3 septembre 1862, elle sera inaugurée et consacrée deux ans plus tard, le 6 avril 1864 lors d'une cérémonie officielle.

Elle connaîtra deux restaurations importantes, l'une en 1968 et l'autre en 1982. Tombant en ruine, elle sera fermée en mars 2010 par arrêté municipal. Des travaux importants de restauration seront réalisés à partir de juin 2011 avec l'appui financier de la mairie de Montsinéry-Tonnégrande, du Conseil Régional, du Conseil Général et d'une souscription publique (mécénat populaire).

L'inauguration de la restauration de l'église Saint-Louis de Tonnégrande s'est déroulée le dimanche 9 septembre 2012 en présence de M. Patrick Lecante, maire de la commune de Montsinéry-Tonnégrande, de Monseigneur Emmanuel Lafont, évêque de Guyane, de M. Denis Labbé, préfet de la Région Guyane, de M. Rodolphe Alexandre, président du Conseil Régional et de M. Alain Tien-Liong, président du Conseil Général.

Eglise Saint-Louis de Tonnégrande (Guyane)

Le bourg de Tonnégrande fut donc construit quelques années avant celui de Montsinéry. C'est en effet un arrêté du gouverneur du 12 juillet 1860 qui prescrit qu'un bourg soit fondé dans le quartier de Montsinéry.

Le décret portant organisation de municipalités à la Guyane française du 15 octobre 1879 prescrit que la Guyane sera organisée en dix communes de plein exercice et donne les dénominations de celles-ci. Ainsi, une commune est créée sous le nom de Tonnégrande-Montsinéry, formée de la réunion des deux quartiers actuels de Tonnégrande et de Montsinéry, tout en indiquant que le chef-lieu sera le bourg de Tonnégrande.

Il faudra attendre 1969 pour que le nom de cette commune soit inversé et devienne Montsinéry-Tonnégrande, suite au développement plus important de Montsinéry.

 

Eglise Saint-Louis de Tonnégrande (Guyane)

Tombe de l'abbé Antoine Durand au cimetière de Tonnegrande :

Eglise Saint-Louis de Tonnégrande (Guyane)Eglise Saint-Louis de Tonnégrande (Guyane)Eglise Saint-Louis de Tonnégrande (Guyane)

Sources :

Archives départementales de Guyane - Feuille de la Guyane française n° 36 du samedi 6 septembre 1862, p. 188-189 : Pose de la première pierre de l'église de Tonnégrande (Quelques extraits).

Bibliothèque numérique Caraïbe - Amazonie : Manioc.org (B.O.G.F).

Le site Internet de la mairie de Montsinéry-Tonnégrande (http://montsinery-tonnegrande.mairies-guyane.org/)

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25 novembre 2014 2 25 /11 /novembre /2014 08:06

Il s'agit de l'église dédiée à Saint Laurent qui fait l'objet de ce petit article. Cette église, située avenue du Colonel Chandon et propriété de la commune, est classée Monument Historique par arrêté du 16 août 1995. La nouvelle église paroissiale du Bon Pasteur de Saint Laurent du Maroni, plus grande que la précédente, a été construite et finalisée en 2006.

A l'origine occupée par les amérindiens Kali'nas (anciennement Galibis), la pointe Bonaparte située à environ 30 km de l'embouchure du fleuve Maroni fut utilisée bien plus tard par les orpailleurs pour embarquer à destination de leurs placers. Ce n'est qu'en 1852 que le commandant Mélinon, agent des cultures, décida avec des "nouveaux libres" (anciens esclaves) de défricher la forêt autour du Degrad, face à la Guyane hollandaise, sur l'emplacement qui deviendra plus tard la ville de Saint Laurent du Maroni. Quelques transportés apporteront aussi ultérieurement leur aide à cette nouvelle installation du bagne.

La colonie agricole pénitentiaire créée par arrêté du 22 août 1857 sur les bords du Maroni prit le nom de Saint Laurent, sur la proposition du directeur des établissements pénitentiaires, et sur la décision du gouverneur de la Guyane le contre-amiral Auguste Laurent François Baudin prise le 10 février 1858.

Durant l'année 1858, tous les services centraux de l'administration pénitentiaire furent installés à Saint Laurent du Maroni et notamment le camp de la transportation, les bureaux, les maisons pour les personnels (gardiens et employés), un hôpital ... Cette petite ville magnifique prit alors le surnom de "Petit Paris".

Ce n'est que le 16 mars 1880 qu'un décret du président de la République Jules Grévy fit de Saint-Laurent la commune pénitentiaire du Maroni, donnant alors à l'administration pénitentiaire des pouvoirs autonomes par rapport à Cayenne, chef-lieu de la Colonie. Le 7 mai 1880, un arrêté du gouverneur de la Guyane Marie Alfred Armand Huart promulguait ce décret portant organisation de la commune pénitentiaire du Maroni.

Eglise de Saint Laurent du Maroni (Guyane)

La première chapelle de Saint Laurent du Maroni a été finalisée le 16 mars 1858 lors de la visite de la Mère supérieure des filles de Saint Paul. Construite en bois, elle était située face au fleuve et placée sous le patronage de Saint Laurent.

Cette église fut démontée en 1869 et remontée dans le parc des travaux des services pénitentiaires pour servir d'atelier. Une autre église fut construite entre 1868 et 1872 à l'emplacement de l'actuelle mairie. Tout en bois, l'édifice fut cependant assez rapidement dévoré par les termites. Un arrêté du gouverneur de la Guyane du 22 Octobre 1880 détermine les bâtiments appartenant à la commune municipale du Maroni qui doit en assurer l'entretien et les réparations. Parmi ces bâtiments, figurent le presbytère et l'église.

L'église actuelle a été construite en 1889 à la limite du quartier officiel face au village. L'originalité de cet édifice réside dans sa structure métallique avec remplissage de briques, et posé sur un soubassement en granit. C'est le seul édifice construit selon ce modèle en Guyane.

C'est l'administration pénitentiaire qui avait commandé cette ossature métallique composée de 36 pieds de fonte à l'entreprise Lelubez de Paris, spécialisée dans la construction de charpentes, de ponts et de maisons en fer démontables pour les colonies. Le nom du fondateur est marqué sur un pilier à gauche de l'entrée garnie de briques (Cf la photo à gauche du texte).

Les dimensions de l'église et son clocher s'inscrivent dans l'architecture religieuse de cette époque. Le plan de l'église est rectangulaire à chevet plat, avec une entrée par un clocher porche. Le clocher est soutenu par quatre colonnes de fonte formant un porche supportant un fronton triangulaire.

Cette église plutôt exigüe devait accueillir la population pénale et civile de Saint Laurent, mais cette dernière ne voulait pas être mélangée aux bagnards. Aussi seules les femmes condamnées furent autorisées à assister aux offices.

Photographies extérieures :

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Photographies intérieures :

Eglise de Saint Laurent du Maroni (Guyane)Eglise de Saint Laurent du Maroni (Guyane)Eglise de Saint Laurent du Maroni (Guyane)
Eglise de Saint Laurent du Maroni (Guyane)Eglise de Saint Laurent du Maroni (Guyane)Eglise de Saint Laurent du Maroni (Guyane)

A l'origine, l'église était entourée d'une galerie périphérique portée par des piliers en fonte, comme on peut le voir sur la gravure et sur l'une des cartes postales anciennes ci-dessous. Mais cette galerie fut fermée et transformée en bas-côté au début du XXe siècle car les paroissiens de Saint Laurent du Maroni ne supportaient plus de voir les "libérés" y trouver refuge pour s'abriter et pour dormir.

Comme on peut le voir sur la dernière carte postale, située à droite, la galerie périphérique de l'église a déjà été fermée.

Eglise de Saint Laurent du Maroni (Guyane)Eglise de Saint Laurent du Maroni (Guyane)Eglise de Saint Laurent du Maroni (Guyane)

Sources :

www.manioc.org

Ministère de la culture - Base Mérimée

Site de la mairie de Saint Laurent du Maroni - Dépliant-église.pdf ("Laissez-vous conter l'église Saint-Laurent").

Dessin ci-dessus de Francis Lagrange daté de 1946, qui signait ses peintures "FLAG", ancien bagnard qui fut assigné à Saint laurent du Maroni après avoir quitté le pénitencier des Îles du Salut. Il fut libéré en 1946.

Dessin ci-dessus de Francis Lagrange daté de 1946, qui signait ses peintures "FLAG", ancien bagnard qui fut assigné à Saint laurent du Maroni après avoir quitté le pénitencier des Îles du Salut. Il fut libéré en 1946.

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7 novembre 2014 5 07 /11 /novembre /2014 07:46

La chapelle de l'île Royale se situe sur le plus grand des trois îlots d'origine volcanique constituant les Îles du Salut. Ces îles sont à environ 7 milles marin (13 km) de Kourou.

Si vous voulez lire un bref résumé de l'histoire de ces îles, cliquez "ICI" ou voir quelques photographies, c'est "". Les Îles du Salut sont la propriété du Centre National d'Etudes Spatiales depuis 1965 car situées sous la trajectoire des lanceurs lors des lancements vers l'Est, ce qui oblige le CNES à évacuer ces îles par précaution. Elles sont administrativement rattachées à la commune de Cayenne.

Cette chapelle a été construite en 1854 sur le projet du sous-ingénieur colonial Leboucher et inaugurée l'année suivante à l'époque du bagne en Guyane où de nombreux pénitenciers furent alors créés sur tout le littoral et notamment aux Îles du Salut.

"J'ai mission de vous faire vivre une vie nouvelle, en France, vous êtes des criminels, ici, je ne veux voir que des hommes repentants ". C'est ainsi que s'adresse le commissaire général de la Guyane, Sarda-Garriga*, aux premiers condamnés à leur arrivée aux Iles du Salut le 10 mai 1852 à dix heures du soir. Ils sont 298 et 3 déportés politiques, partis de Brest le 31 mars 1852 à bord de la frégate l'Allier.

Cette chapelle de l'île Royale, restaurée à plusieurs reprises, est classée Monument Historique par arrêté du 05 Décembre 1979, modifié par arrêté du 27 juin 2000.

Sarda-Garriga* : Joseph Napoléon Sébastien Sarda Garriga, dit Sarga-Garriga, a pour parrain Joseph Bonaparte, frère de l’Empereur. Il sera commissaire général de la Guyane de 1851 à 1853, année de sa destitution de ses fonctions par Napoléon III.

La chapelle de l’Île Royale (Îles du Salut en Guyane)

Une deuxième campagne de travaux en 1894 permettra de réaliser le pignon Nord et le clocher. La chapelle est composée d'une ossature et d'une charpente en bois. Sa façade est construite en blocs de latérite taillés. Sur les faces latérales, des chaînes en pierres de taille alternent avec des parois en bois constituées de lames ventilantes ou des claustras en briques (Cf. la photo ci-dessous).

Son plan correspond à celui qui était utilisé pendant toute la seconde moitié du XIXe siècle pour la construction des églises de Guyane (Rectangle comprenant une nef, des collatéraux et un chœur charpenté), comme par exemple l'église d'Iracoubo.

Le chœur est encadré par deux sacristies. L'entrée principale est protégée par un porche reposant sur des piliers. Les peintures sont l'œuvre du bagnard faussaire Francis Lagrange entre 1938 et 1940. Les fresques recouvrent environ 100 m2 sur les murs et 40 m2 sur des planches, notamment dans le chœur et sur la tribune.

Mais la fermeture définitive du bagne en Guyane en 1946 va se traduire par un manque d'entretien de cette chapelle alors livrée à l'appétit des insectes xylophages mais aussi à la bêtise de quelques vandales. Tout s'est progressivement dégradé, y compris les fresques murales.

Rongés, les panneaux peints par Francis Lagrange avaient été démontés en 1983 et entreposés dans des caisses dans une villa de Kourou dans l'attente d'une future restauration.

La chapelle de l’Île Royale (Îles du Salut en Guyane)

C'est l'Association AGAMIS (Association pour Gérer l'Architecture et le Musée des Îles du Salut) qui a été le maître d'ouvrage pour la restauration de la chapelle de l'île Royale. Cette association de loi 1901, créée en 1999, regroupe à la fois le CNES (Centre National d'Etudes Spatiales) et le Conservatoire du Littoral (CDL).

En 1995, le Conservatoire du Littoral a acquis l'ancienne maison du directeur du bagne sur l'île Royale, maintenant aménagée en Musée. Le fait d'être propriétaire sur les îles permet au Conservatoire du Littoral de percevoir, sur tous les visiteurs qui se rendent aux Îles du Salut, un droit d'accès d'environ 1,50 euros, recouvré par les douanes auprès des différentes sociétés assurant le transport maritime, et reversé à l'association AGAMIS pour financer les opérations de valorisation et d'animation sur ces îles.

Par le biais d'AGAMIS, le CNES a aussi pu mobiliser des crédits plus importants en provenance de la DRAC (Direction Régionale des Affaires Culturelles) et de l'Europe (FEDER). Ces crédits ont notamment permis de financer la restauration de la chapelle de l'île Royale et de réaliser de multiples petits travaux d'entretien comme le remontage de murets ou l'entretien des sentiers et chemins ...

La chapelle de l’Île Royale (Îles du Salut en Guyane)

Sous la supervision de l'architecte des bâtiments de France, les travaux de restauration de la chapelle, commencés début 2002, ont nécessité d'importantes recherches historiques et la participation de spécialistes comme les compagnons du devoir. La première tranche de travaux a concerné le gros œuvre tel que le dallage, les piliers, le clocher, les peintures les menuiseries, les grilles, le vitrail... La charpente et la toiture avaient déjà été restaurées en 1994.

Une nouvelle tranche de travaux a touché principalement la restauration des peintures et en particulier des fresques de Francis Lagrange qui étaient entreposées depuis 1983 dans des caisses. Ce sont les artisans de l'Atelier Bis à Paris qui se sont installés dans une villa de Kourou durant six semaines pour restaurer, non sans mal, les peintures du faussaire bagnard. Il a aussi fallu repeindre le plafond lambrissé de la chapelle. Vingt somptueux bancs en Angélique ont aussi été fabriqués dans le cadre de cette restauration.

L'inauguration de la chapelle restaurée a eu lieu le 17 mars 2007 en présence du directeur du Centre Spatial Guyanais, du président de l'association AGAMIS, de l'architecte des monuments historiques et de l'Inspecteur général des monuments historiques.

La chapelle de l’Île Royale (Îles du Salut en Guyane)

Un petit mot sur Francis Lagrange, un faussaire incorrigible ...

Né le 29 mars 1900 à Lille, Francis Lagrange a présenté très tôt des dons pour la peinture. Malheureusement, il a utilisé son talent pour exécuter à plusieurs reprises des faux, et en particulier des copies de tableaux de la cathédrale de Rouen, ce qui lui vaudra d'être jugé et condamné à dix ans de travaux forcés. Il arrivera au bagne de Saint Laurent du Maroni en 1931. Son diminutif pendant sa détention était "FLAG".

Ayant tenté de s'évader en 1938, il fut condamné à une peine de réclusion sur l'île Saint Joseph. Il échappa à l'enfer des cachots en peignant les logements des surveillants et bénéficia d'une nourriture normale.

A l'expiration de sa peine, on l'envoya sur l'île Royale où là-aussi, il mit à profit ses talents pour décorer la chapelle à la demande de l'évêque de Cayenne, et quelques fresques de l'hôpital. Il continua cependant à contrefaire des documents avec la complicité des gardiens, ce qui lui permit d'obtenir quelques "douceurs".

Il quitte les îles du salut en 1943 pour être assigné à résidence à Saint Laurent du Maroni. Libéré en 1946, il vivota en peignant quelques tableaux et en reproduisant des cartes postales. On lui doit une série de 25 "tableaux" décrivant les conditions de vie au bagne, tableaux exposés au Musée Franconie à Cayenne.

Sollicité par un hollandais, il fabrique de faux florins et sera incarcéré durant trois ans à Paramaribo (Surinam) pour émission de fausses monnaies. A l'expiration de sa peine, il reviendra à Cayenne et se mettra en ménage avec une créole.

Ayant rencontré William Murray, un américain qui construisait l'aéroport de Rochambeau en Guyane, celui-ci l'amena aux Etats-Unis où "FLAG" exposera quelques œuvres et publiera un livre autobiographique : Flag on Devil's Island.

Il termina sa vie en Martinique, après être rentré des États-Unis sans la moindre fortune, avant de décéder le 10 août 1964 à Fort-de-France dans l'indifférence générale.

La chapelle de l’Île Royale (Îles du Salut en Guyane)

Sources :

Ministère de la culture - Base Mérimée

www.bagnedeguyane.fr - Figures du bagne / Francis Lagrange

Latitude 5 : Une chapelle Royale par Anne Bellanova - Mars 2004

Latitude 5 n° 76 - Avril 2007 - Restaurer par Karol Barthelemy

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23 octobre 2014 4 23 /10 /octobre /2014 07:20

Iracoubo est un village d'environ 2000 habitants situé à une centaine de kilomètres de Cayenne, et à 92 km de Saint Laurent du Maroni. La ville la plus proche est Sinnamary qui est à 29 km.

Iracoubo a été bâti le long du fleuve du même nom sur l'Habitation Le Souvenir, propriété de Mme veuve Jacquet (Une habitation à l'époque était une exploitation agricole esclavagiste. Dans les archives, on retrouve la présence de 22 esclaves sur cette Habitation). En 1848, l'administration achète la propriété à Mme veuve Jacquet pour y construire une paroisse.

Simple hangar à coton à l'origine prêté par la veuve Jacquet pour y célébrer les offices religieux, la première église était dédiée à Sainte Rose de Lima. A son arrivée en 1886 à Iracoubo, le Père Raffray trouve ce local trop chaud, mal ventilé et mal équipé. Il décide de construire une nouvelle église, celle que l'on visite aujourd'hui.

En effet, lorsque l'on traverse ce village, il ne faut surtout pas rater l'église Saint Joseph qui se trouve en bordure de la RN1 en direction de Saint Laurent du Maroni. Classée monument historique par arrêté du 8 juin 1978 notamment en raison de ses fresques murales intérieures de la fin du XIXe siècle, cette petite église qui appartient à la commune d'Iracoubo, a une histoire bien singulière.

Eglise Saint Joseph d’Iracoubo (Guyane)

Les Travaux de construction de l'église commenceront en 1887 pour se terminer en 1893, soit une durée de 6 ans. Les fonds alloués par le clergé et le gouvernement, environ 12100 francs, se révèleront rapidement insuffisants. Il fallut donc la mobilisation des habitants qui participèrent en offrant des dons divers comme de l'argent, des matériaux ou même de la main d'œuvre. Le Père Raffray lui-même offrit 5000 francs.

Une fois l'église construite, le Père Raffray prend en assignation un bagnard nommé Pierre Huguet, affecté au camp d'Iracoubo, qui va recouvrir par des fresques naïves les 600 m2 de surface intérieure. Outre le chœur, Pierre Huguet va s'attacher à peindre aussi le plafond, les piliers, la nef, et les chevets. Son style est simple, naïf, minutieux et coloré.

Le plan de l'église avait été réalisé par le service des Ponts et chaussées. Les structures porteuses sont en bois de Guyane et les murs constitués de remplissage en briques. A l'origine, la toiture était en bardeaux alors qu'elle est aujourd'hui recouvertes de tôles.

Le 6 janvier 1893, l'église est officiellement bénie par Mgr Louis Pignol, préfet apostolique de Guyane. Cependant, dès le 15 février 1890, on y baptisa deux Amérindiens. L'église s'agrandit et s'embellit entre 1891 et 1894 grâce aux dons des paroissiens et des aides du gouvernement.

L'église a été restaurée entre Septembre et Décembre 2008 avec les subsides du Conseil général de la Guyane, et notamment : la charpente et l'ossature de l'élévation Sud et de l'auvent ; des reprises ponctuelles des maçonneries en briques pleines enduites badigeonnées ; couverture en tôle galvanisée ; reprise du bardage du clocher et des pignons des bas-côtés ; reprise en recherche des jalousies ; réfection des six persiennes ; peinture.

Photos de l'église Saint Joseph, vues de l'extérieur :

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Photos de l'église Saint Joseph, vues de l'intérieur :

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Père Prosper Raffray :

Le Père Prosper, Pierre, François Raffray est né le 25/09/1859 à La Landec dans les Côtes du Nord (Aujourd'hui département des Côtes d'Armor - 22) de Fançois Raffray, laboureur, et de Perrine Robert, ménagère.

Ordonné prêtre, l'Abbé Raffray a été affecté en Guyane où il a d'abord été nommé à Montsinéry durant quelques mois comme desservant avant d'être affecté à la paroisse d'Iracoubo le 1er avril 1886.

L'intéressé a élevé dans ce village une maison curiale (presbytère) et une église paroissiale. Il est aussi connu pour avoir obtenu de très bons résultats dans la colonisation agricole.

Le gouverneur de la Guyane de l'époque, Julien Georges Lamy, lui remettra les insignes de Chevalier de la légion d'honneur lors d'une cérémonie officielle le 31 janvier 1934.

Le Père Raffray a marqué la commune d'Iracoubo où il sera resté 50 ans. La population lui vouera un véritable culte et, à son décès à Cayenne le 13 février 1936, son corps sera rapatrié à Iracoubo à la demande des habitants. Il sera enterré dans le petit cimetière près de son église.

Le bagnard Pierre Huguet :

Pierre Huguet est né le 10 juin 1850 à Clermont-Ferrand où il exerçait le métier de peintre en bâtiment. Il fut condamné aux travaux forcés, et à la relégation, le 20 mars 1889 par la Cour d'assises de la Seine pour vol qualifié. Son pourvoi ayant été rejeté le 2 mai 1889, d'autant plus qu'il avait déjà commis auparavant quelques infractions comme un abus de confiance, un faux en écriture, et une escroquerie à Saumur ...

Le matricule 23.492 faisait partie des sujets à surveiller de près lorsqu'il était aux Iles du Salut, malgré sa petite taille (1m62), ses cheveux châtains et son front dégarni et un gros "nez" selon sa fiche signalétique.

L'intéressé a tenté à de nombreuses reprises de s'évader entre 1891 et 1900 mais fut repris autant de fois. il semble que la dernière fois en 1900 fut la bonne car on n'entendit plus parler de lui. Des rumeurs ont alors circulé indiquant qu'il avait réussi à gagner le Venezuela, alors que d'autres ont affirmé qu'il avait été dévoré par les requins ... L'administration pénitentiaire l'a officiellement considéré comme évadé le 4 août 1900.

Le Père Raffray le prit en assignation en lui offrant le gîte et le couvert au presbytère en échange de ses coups de pinceau durant les six années que durèrent les travaux de peinture. Sorte de revanche sur le destin, des milliers de visiteurs s'arrêtent chaque année dans cette petite église d'Iracoubo contempler l'œuvre de l'artiste- bagnard !

Ce n'est qu'en 1977 que Pierre Huguet est sorti de l'anonymat. Jusqu'à cette date, la décoration de l'église n'était que l'œuvre d'un bagnard inconnu. C'est Jean-Michel Moreau, architecte des bâtiments de France qui, et après des recherches approfondies, attribuera ce travail au bagnard Huguet.

Eglise Saint Joseph d’Iracoubo (Guyane)

Sources :

Ministère de la culture - Base Mérimée

www.guyane-Guide.com (L'église d'Iracoubo)

www.infomagazine.com (L'église peinte par le bagnard clermontois)

www.iracoubo.fr (Eglise Saint Joseph I Mairie d'Iracoubo)

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19 juillet 2014 6 19 /07 /juillet /2014 14:52

La commune de Roura est formée de deux bourgs principaux : le bourg créole et le village Hmong de Cacao. Le bourg de Roura est situé à 27 km de Cayenne sur la rive droite de l'Oyak, à proximité du fleuve Mahury.

C’est en 1675 que la commune de Roura vit le jour grâce à une vingtaine de pères jésuites installés sur le flanc de la montagne de Roura. Ils y édifièrent une chapelle avec l’aide des esclaves noirs et indiens, qu’ils élevèrent par la suite à la dignité de paroisse.

Il semble possible que l'appellation de ce quartier provienne de la déformation du nom d'origine d'une peuplade indienne, "les Arouas" qui y vivaient à l'époque. La localité fut érigée en paroisse en 1725.

Le bourg de Roura fut désenclavé en 1991 avec la construction du pont sur le fleuve Mahury. Auparavant, il était nécessaire d'emprunter le bac "La Gabrielle" pour traverser le fleuve Mahury.

 

L'église Saint Dominique à Roura (Guyane)

L'église de Roura fut créée vers la fin du 17ème siècle par les Jésuites. Portant d’abord le nom de la « Nativité de Notre Dame », elle sera définitivement baptisée « Saint Dominique », en l’honneur du Saint patron de la commune, fêté le 8 août. Elle fut restaurée une première fois au 19e siècle.

Le bâtiment, partiellement en briques maçonnées, surplombe la berge de la rivière Oyak. Elle a été rénovée en 2009 conjointement avec la Mairie de Roura et la Fondation du Patrimoine. Pour concrétiser financièrement cette restauration d'un coût d'environ 90 000 euros, la Fondation du Patrimoine et la municipalité de Roura ont lancé en 2009 un appel au mécénat populaire.

Si vous voulez agrandir les photos ci-dessous, cliquez dessus.

L'église Saint Dominique à Roura (Guyane)

Photos de l'extérieur de l'église Saint Dominique

L'église Saint Dominique à Roura (Guyane)L'église Saint Dominique à Roura (Guyane)
L'église Saint Dominique à Roura (Guyane)L'église Saint Dominique à Roura (Guyane)
L'église Saint Dominique à Roura (Guyane)L'église Saint Dominique à Roura (Guyane)

Photos de l'intérieur de l'église Saint Dominique

L'église Saint Dominique à Roura (Guyane)L'église Saint Dominique à Roura (Guyane)
L'église Saint Dominique à Roura (Guyane)L'église Saint Dominique à Roura (Guyane)
L'église Saint Dominique à Roura (Guyane)L'église Saint Dominique à Roura (Guyane)

Environnement immédiat de l'église Saint Dominique

Installée sur une jolie petite place surplombant la rivière Oyak, l'église Saint Dominique est entourée de la maison du Parc Naturel Régional de Guyane, de l’ancienne mairie de Roura devenue médiathèque et du presbytère, toutes des maisons créoles récemment réhabilitées.

L'église Saint Dominique à Roura (Guyane)L'église Saint Dominique à Roura (Guyane)
L'église Saint Dominique à Roura (Guyane)L'église Saint Dominique à Roura (Guyane)
L'église Saint Dominique à Roura (Guyane)L'église Saint Dominique à Roura (Guyane)

Sources :

http://www.roura.gf/tourisme-et-decouverte/patrimoine/vestiges-archéologiques/

Matoury - Wikipedia

http://guyane.coconews.com/actualite-guyane/eglise-de-saint-dominique-souscription-pour-sa-restauration.html

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23 mai 2014 5 23 /05 /mai /2014 07:12

L'église paroissiale Saint-Sauveur de Cayenne, construite par le Gouverneur d'Orvilliers (Claude Guillouet d'Orvilliers devint gouverneur de Guyane de 1716 à 1720, puis de fin 1722 jusqu'à sa mort en 1729) sur la Place d'Armes, à quelques pas du couvent des jésuites, actuellement occupé par les services du Préfet de la Guyane, avait été démolie après que les jésuites aient quitté la Guyane en 1763. Les églises et presbytères tombaient en ruine.

Dans l'ouvrage intitulé " Voyage du Chevalier Des Marchais en Guinée, Isles voisines et à Cayenne, faits en 1725, 1726 et 1726 - Tome 3 " rédigé par le Révérend Père Labat de l'Ordre des Frères Prêcheurs, on y décrit l'église Saint Sauveur telle qu'elle était en 1726 : "La Place d'Armes est en bas du fort. L'église paroissiale forme un des côtés de la place. Elle n'est que de bois, mais grande, bien percée, fort propre et fort ornée. La charpente passe pour un chef d'œuvre pour le pays".

Il ne restait plus à Cayenne qu'une succursale, l'église Saint Nicolas, mais beaucoup trop petite. Aussi, le Révérend Père Nicolas Guillet, préfet apostolique, envisagea d'en construire une plus grande, mesurant trente mètres de long et vingt mètres de large avec l'aide de fidèles, soit en argent, soit en journées de travail afin de permettre à tous de contribuer selon leurs possibilités à la construction de cette nouvelle église.

Le Baron Pierre Bernard Milius, administrateur de la Guyane, approuva cette suggestion et promit la contribution du Gouvernement pour un dixième, soit en argent, soit en matériaux.

Les dons affluèrent et les travaux commencèrent. Le 9 août 1823, eut lieu la cérémonie de la pose de la première pierre. L'Eglise fut achevée le 12 avril 1833.

Cette gravure ci-dessus est d'Edouard Riou, dessinateur et peintre (1838-1900), plus connu pour les illustrations des livres de Jules Verne, mais qui là, illustra le récit du voyage en Guyane du Capitaine de frégate Frédéric Bouyet en 1862-1863.

Cette gravure ci-dessus est d'Edouard Riou, dessinateur et peintre (1838-1900), plus connu pour les illustrations des livres de Jules Verne, mais qui là, illustra le récit du voyage en Guyane du Capitaine de frégate Frédéric Bouyet en 1862-1863.

L'horloge date de 1871. Les rosaces et vitraux de couleur ont été placés en 1874. Le Maître-autel, la chaire et le confessionnal en bois de wacapou et provenant de la chapelle du Pénitencier de l'îlet la Mère furent transférés à la nouvelle église de Cayenne en 1876.

Les autres vitraux et grisailles, au-dessus des portes et fenêtres, ont été également placés par le Père Emonet (Le Révérend. Père Ambroise Emonet fut nommé préfet apostolique de la Guyane en 1873 où il séjourna jusqu'à son départ en 1881).

Les statues des saints Pierre et Paul, qui ornaient les deux côtés du chœur avaient été placés à cet endroit en 1882, à l'époque où les murailles ont été peintes à l'intérieur en imitation de marbre rose.

L'orgue de l'époque venait des ateliers Merklin-Schutz et avait été installé en 1861. De grandes transformations et agrandissements ont été faits successivement par le Père Fabre puis le Père Renault.

Le sarcophage du R.P. Guyodo, ancien Préfet apostolique de la Guyane est enchâssé en partie dans le mur de la chapelle Saint Benoît. Le père Guyodo après 41 ans passés en Guyane partit au Gabon où il mourut en 1897. En reconnaissance de ses bienfaits, les Guyanais firent revenir son corps en Guyane où il fût inhumé le 19 juin 1900 lors d'une cérémonie en l'église paroissiale Saint Sauveur.

Le sarcophage du R.P. Guyodo, ancien Préfet apostolique de la Guyane est enchâssé en partie dans le mur de la chapelle Saint Benoît. Le père Guyodo après 41 ans passés en Guyane partit au Gabon où il mourut en 1897. En reconnaissance de ses bienfaits, les Guyanais firent revenir son corps en Guyane où il fût inhumé le 19 juin 1900 lors d'une cérémonie en l'église paroissiale Saint Sauveur.

Le lundi 25 septembre 1933, débarquant du paquebot "Antilles", le premier évêque de Guyane, Mgr Pierre-Marie Gourtay posa les pieds sur le sol guyanais. Le R.P Renault, supérieur ecclésiastique, et quelques autres vétérans du clergé, s'étaient rendus à bord du paquebot pour saluer l'évêque. Ils reviendront avec lui sur la chaloupe que le Gouverneur avait gracieusement mis à sa disposition.

Avec une affluence considérable et sous de nombreuses bannières d'or, le cortège s'est avancé majestueusement à travers les rues, passant sous un élégant arc de triomphe drapé de tarlatane, enguirlandé de mousse et de roses où se détache en lettres d'or " La ville de Cayenne à son premier Evêque ".

L'église changera de statut et deviendra cathédrale. Elle sera consacrée le 9 novembre 1934 par Mgr Gourtay.

Nota : Pierre Marie Gourtay, né le 7 mai 1874 à Châteaulin, fut sacré évêque à Quimper le 25 mars 1933 par Mgr Duparc. Il arriva en Guyane le 25 septembre 1933. Il mourut d'épuisement le 17 septembre 1944 à Cayenne à l'âge de 70 ans.

La cathédrale Saint Sauveur à Cayenne (Guyane)La cathédrale Saint Sauveur à Cayenne (Guyane)

En 1952, la cathédrale fait l'objet d'un agrandissement. L'édifice est agrandi d'un coeur polygonal en béton armé, sous la direction de l'ingénieur Toubi. Au cours des travaux, les ouvriers trouvèrent une cassette de plomb enchâssée contenant 21 pièces de monnaies dont la plus ancienne date de Napoléon 1er et vingt sceaux de l'époque de Charles X.

Entre 1952 et 1954, le plafond, les vitraux, les planchers de la tribune sont remplacés. Les 29, 30 et 31 Mars 1957, différentes cérémonies en présence d'éminentes personnalités locales civiles et militaires seront organisées pour fêter officiellement l'érection du Vicariat de la Guyane en Diocèse de Cayenne (29 février 1956) et l'inauguration de la Cathédrale agrandie et restaurée. Mgr Alfred Marie, évêque de Cayenne, accueillera pour l'occasion Mgr Kuypers, évêque de Paramaribo.

La cathédrale Saint Sauveur à Cayenne (Guyane)

Dans la nuit du 18 au 19 février 1992, le mauvais temps causa l'effondrement partiel de la toiture de la Cathédrale et le grave endommagement, par inondation, des grandes orgues. Celles-ci furent en partie reconstruites un peu plus tard par Dominique Lalmand, artisan et facteur d'orgue à Dôle dans le Jura sur la demande de l'association des Amis de l'Orgue de Cayenne en 2003, et réinstallées par tranches à partir de 2008 dans la cathédrale (grand orgue à tuyaux entièrement mécanique : 41 jeux sur 4 claviers et pédalier).

Propriétaire de l'édifice, le Conseil Général a engagé un important programme de restauration. Le clocher de la cathédrale Saint-Sauveur a été restauré au cours des années 2000 et 2001. La toiture, qui était à la fin du 19e siècle en tôle ondulée, a été remplacée par de la tôle nervurée. La façade principale à l' est comporte un portique percé de baies en plein cintre et surmonté d' un toit terrasse à garde-corps à balustre Les murs extérieurs de l'édifice ont été réhabilités en 2004-2005. La dernière tranche du programme a concerné l'intérieur de la cathédrale dans le cadre du contrat de projet 2007-2013 signé avec l'Etat et le Conseil Régional.

Par ailleurs, les bancs de la cathédrale qui dataient des années 1930, réalisés à l'époque par le Frère UBALD, maître ébéniste, à Chevilly-Larue aux ateliers du Grand Séminaire de la congrégation de Saint-Esprit, ont été remis en état (décapage, consolidation de certaines pièces, ponçage et enduit de deux couches de vernis) par des subventions privées.

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Situé à l'angle des rue François Arago et de l'avenue Charles-de-Gaulle, la cathédrale Saint Sauveur de Cayenne a été classée Monument historique par arrêté du 9 mars 1999 (classement en totalité, clocher et porche). L'actuel évêque du diocèse de Cayenne est Mgr Emmanuel Lafont depuis le 18 juin 2004.

La cathédrale Saint Sauveur à Cayenne (Guyane)

Sources :

Cathédrale Saint Sauveur de Cayenne - Wikipédia.org

http://www.cg973.fr/Cathedrale-Saint-Sauveur

Gravures récupérées sur le site WWW.manioc.org

Extrait des Annales des Pères du Saint-Esprit - Décembre 1933

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Rédigé et publié par Phil - dans Eglises de Guyane
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