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Météo en Guyane

10 juin 2017 6 10 /06 /juin /2017 08:38

 

Située à l'angle de la rue Christophe Colomb et de la rue Félix Eboué, cette petite maison de style créole dans laquelle Félix Éboué aura passé une partie de sa jeunesse avant de partir en métropole en 1901 pour y poursuivre ses études est devenue aujourd'hui un musée dédié à la mémoire de ce grand homme. Rappelons en effet que les restes de Félix Eboué, premier résistant de la France d'Outre-Mer, ont été transférés au Panthéon le 20 mai 1949, en même temps que ceux de Victor Schoelcher.

Cette maison fut labellisée "Maison des Illustres" en 2011 par le Ministère de la Culture, ainsi que deux autres édifices en Guyane. Un petit article est dédié sur ce blog à cette labellisation des trois maisons de Guyane (pour lire l'article, cliquez "ICI"). La maison natale de Félix Éboué est composée d'un rez-de-chaussée, d'un étage et, comme la plupart des maisons créoles de l'époque, la cuisine était située dans la cour.

C'est son père, Yves Urbain Éboué, chercheur d'or, qui fit construire cette maison dans le centre de Cayenne après avoir acheté le terrain localisé au n° 37 de la rue Richelieu le 23 juillet 1883 à Mlle Elisa Pindard.

Yves Urbain Éboué naquît le 21 mai 1851, soit trois ans après l'abolition de l'esclavage, dans le quartier d'Approuague sur l'habitation La Joséphine, fils de Marie-Gabrielle Éboué, cultivatrice sur ladite habitation. Quant à la mère de Félix, Marie Joséphine Aurélie Léveillé, elle vit le jour le 2 janvier 1856 à Roura sur l'habitation Sainte-Anne (Davaux) où sa mère Palmire Léveillé était elle aussi cultivatrice.

Félix né le 26 décembre 1884 à Cayenne sera le quatrième d'une famille de cinq enfants : Yves Gilbert (1875-1895), Maximilien Alexandre (1877-1904, était commis-greffier au tribunal de Cayenne en 1903), Gabriel Joseph Edgard (1880-1911, garde particulier de placers : Tard-Venu, Enfin, Adieu-Vat, Deux-Frères ...), et la dernière Cornélie. Non mariés, les trois autres garçons mourront relativement jeunes, alors que la seule fille de la famille Éboué, Cornélie, née le 27 novembre 1890 à Cayenne, se mariera le 25 novembre 1916 à Cayenne avec Félix Albert Gratien.

L'aîné des garçons, Yves Gilbert né, comme ses frères Maximilien et Gabriel sous le nom de famille de leur mère "Léveillé", le 15 février 1875 à Roura, décèdera à l'âge de 20 ans le 10 juillet 1895 à Sinnamary où il était instituteur. Urbain Yves Éboué reconnaîtra officiellement ses trois garçons le 9 décembre 1881 à l'Etat-civil de la mairie de Cayenne.

Je ne vais pas reprendre ici le récit de la biographie de Félix Éboué qu'on retrouve dans de très nombreux articles sur Internet, y compris, mais d'une manière laconique, dans un petit article rédigé sur ce blog concernant le Monument érigé en son honneur, place des Palmistes à Cayenne. Un récent projet d'embellissement de ce monument, proposé par le Cercle Félix Éboué, a été réalisé par l'architecte André Barrat, petit-fils de Roland Barrat qui était alors maire de Cayenne lors de l'inauguration de la statue de Félix Éboué le 1er décembre 1957.

 

Maison natale de Félix Éboué à Cayenne (Guyane)

A sa mort le 14 juillet 1898, Urbain Yves Éboué lègue ses biens à sa veuve Marie-Joséphine Aurélie Léveillé et à ses enfants. Lors du décès de celle-ci le 23 mars 1926 à l'âge de 70 ans, les deux héritiers Éboué, Félix et Cornélie, vendent la maison familiale aux demoiselles Merckel le 2 avril 1927. Un peu plus tard, le 7 octobre 1929, celles-ci la cède aux enfants Lony. Mme Maurice Bernardine Lony épouse Bertrand en deviendra l'unique propriétaire le 8 mai 1848.

Le Conseil général de la Guyane achètera cette maison le 20 février 1989 et entreprendra des travaux de restauration afin d'y reconstituer la vie de l'époque afin d'en faire un musée. Inauguré le 16 juillet 1994 à l'occasion du cinquantenaire de la mort de Félix Éboué, la maison sera fermée en 1999.

Occupée pendant un temps par l'Office de l'eau, la maison d'une surface de 140 m2 a subi d'importants travaux de réhabilitation et de sécurité en 2012 pour être symboliquement inaugurée 18 juin 2013. Son espace est entièrement dédié à la vie professionnelle et familiale de Félix Éboué, gouverneur général de l'Afrique Equatoriale Française, décédé au Caire (Egypte) le 17 mai 1944.

Bien que le mobilier ne soit pas celui de la famille Éboué, on y trouve beaucoup d'objets personnels du gouverneur général ainsi que de nombreuses photographies familiales,  offerts pour la plupart par sa veuve Mme Eugénie Éboué née Tell (1891-1972) qui mènera, après la mort de son mari, une belle carrière de parlementaire en Guadeloupe. Eugénie Éboué-Tell était la fille d'Herménégilde Tell, premier directeur noir de l'administration pénitentiaire en Guyane.

Photos de l'extérieur de la maison :

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Ce que l'on sait moins sur les parents de Félix Éboué, c'est qu'ils se sont mariés tardivement, bien après avoir eu leurs enfants, et dans l'urgence, le 24 octobre 1894 dans cette maison. En effet, Urbain Yves Éboué était gravement malade. La gravité et l'évolution de sa maladie ont entraîné leur décision de se marier dans les plus brefs délais.

Pour ce faire, le docteur en médecine Philippe Pain avait fourni un certificat attestant de la gravité de la maladie d'Urbain Yves Éboué et de son incapacité à se déplacer. Celui-ci précisait aussi que l'intéressé était "sain d'esprit, mémoire et entendement". Par ailleurs, une dérogation avait aussi été obtenue auprès du chef du service judiciaire, M. Maximilien Liontel, pour dispenser les futurs époux de la deuxième publication des bans du mariage. Contrairement à la loi à cette époque, une seule publication avait été en effet apposée à l'entrée de la mairie de Cayenne le dimanche 21 octobre 1894, soit trois jours avant leur mariage.

C'est donc le mercredi 24 octobre 1894 que Louis Hippolyte Henri Ursleur, maire et officier d'Etat-Civil de la commune de Cayenne, se déplaça à la maison des futurs époux. L'acte du mariage précise : "Nous transportant dans une maison sise en cette ville à l'un des angles des rues Christophe Colomb et Richelieu(1) où étant entré dans une salle au rez-de-chaussée, toutes portes et fenêtres ouvertes, ont comparu publiquement Urbain Yves Éboué ... et Marie Joséphine Aurélie Léveillé". Il ne sera pas établi de contrat de mariage. La mère du futur mari et celle de la future épouse, toutes les deux habitant Cayenne, étaient présentes lors ce mariage civil.

Finalement, Urbain Yves Éboué se sortira de cette grave maladie car il ne s'éteindra, comme déjà mentionné, que quatre ans plus tard le 14 juillet 1898 dans cette maison familiale.

(1) Sur proposition du maire de Cayenne, la rue Richelieu sera renommée Rue Félix Éboué le 14 juillet 1944, soit deux mois après le décès du gouverneur général.

Photos de l'intérieur de la maison :

Maison natale de Félix Éboué à Cayenne (Guyane)Maison natale de Félix Éboué à Cayenne (Guyane)Maison natale de Félix Éboué à Cayenne (Guyane)

Sources :

Archives Nationales d'Outre-Mer (Etats-civil).

Maison natale de Félix Éboué (Musée Alexandre Franconie).

Lieux patrimoniaux de Guyane : La maison Félix Éboué à Cayenne (par Tchisseka Lobelt et Marie-Georges Thébia).

Journal officiel de la guyane française.

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Rédigé et publié par Phil - dans Vie en Guyane
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