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Météo en Guyane

11 novembre 2016 5 11 /11 /novembre /2016 08:56

Cette œuvre en bronze massif poli patinée noir, réalisée par le sculpteur bordelais Alain Cantarel, représente un orpailleur avec sa batée. Elle se trouve dans le grand hall de l'aéroport international Félix Éboué, à gauche avant l'entrée dans la salle d'enregistrement des passagers et des bagages, a priori depuis le 18 décembre 2008. L'initiative de sa réalisation et le choix de l'œuvre ont été faits par le Club Soroptimist de Cayenne, club service qui a aussi récolté les dons pour l'achat de cette sculpture, moderne et stylisée aux formes épurées.

Bien qu'il n'y ait apparemment aucun lien avec l'administrateur colonial et grand résistant durant la seconde guerre mondiale qui donna officiellement son nom début 2012 à cet aéroport international auparavant appelé "Rochambeau", Félix Éboué, fils de la Guyane, était aussi le descendant direct d'un orpailleur. Son père, Yves Urbain Éboué, commença son activité professionnelle comme chercheur d'or sur le placer "Enfin" avant de devenir directeur-adjoint du placer "Dieu merci", non loin de la commune de Saint-Elie.

L'objectif affiché de cette œuvre est de marquer le lien historique liant l'activité de l'orpaillage avec nombre de familles guyanaises, mais aussi de faire prendre conscience de la nécessité de respecter l'Environnement.

En effet, sur le socle en bronze de cette œuvre, sont inscrits en lettres d'or ces mots :" l'or, c'est la vie, mais la vie c'est de l'or, protégeons notre environnement".

 

"L'orpailleur", une oeuvre d'art en bronze poli, à l'aéroport international Félix Éboué (Guyane)

L'exploitation de l'or en Guyane a débuté au milieu du XIXe siècle lorsque l'amérindien d'origine brésilienne, Joseph Paolino (ou Paoline), découvrit en juillet 1855 des pépites en bordure de la crique Arataye, un des affluents du fleuve Approuague, à l'est de Cayenne. Suite à cette découverte, le commissaire-commandant du quartier de l'Approuague, Félix Couy, fut chargé par le gouverneur de la Guyane de l'époque, Louis Adolphe Bonard, par une décision du 1er août 1855, de diriger une expédition d'exploration des terrains aurifères situés sur les bords de la rivière Arataye.

D'abord localisée dans cette zone géographique avec la création en 1857 d'une première "Compagnie de l'Approuague", la recherche aurifère s'étendit plus tard au centre et à l'ouest de la Guyane. Nombre de familles guyanaises investirent dans la recherche de l'or en obtenant des concessions aurifères (placers) notamment durant le dernier quart du XIXe siècle et le premier quart du XXe siècle.

Si l'exploitation de l'or n'a pas cessé en Guyane depuis sa découverte, elle a pris depuis les années 1990 une tournure dramatique avec le développement de l'orpaillage illégal sur le territoire guyanais, principalement d'origine brésilienne. Les effets sont  dévastateurs pour l'environnement mais aussi au plan sanitaire et social : empoisonnement au mercure des populations amérindiennes, rivières polluées, déforestation sauvage de grandes superficies, dérangement de la faune, destruction des écosystèmes aquatiques, rejet de déchets divers ...

Depuis presque quinze ans, des opérations de lutte contre l'orpaillage illégal sont menées en Guyane. D'abord appelée "Opération Anaconda" en 2002, cette lutte était opérée par la seule gendarmerie nationale.  A partir de février 2008, les forces armées se joignirent aux gendarmes pour combattre ce fléau sous le nouveau nom "d'Opération Harpie". Plus d'un millier de militaires, dit-on, participent à cette opération qui obtient, jour après jour, de nombreux succès (interpellation d'étrangers en situation irrégulière, destruction des moyens logistiques). Mais la tâche est énorme par rapport aux maigres moyens mis en œuvre et à l'immense superficie concernée par ce désastre  ...

"L'orpailleur", une oeuvre d'art en bronze poli, à l'aéroport international Félix Éboué (Guyane)

Le  premier Club Soroptimist international fut créé aux Etats-Unis à Oakland le 3 octobre 1921, puis en France à Paris en janvier 1924 par Suzanne Noël. Quant à l'organisation de l'Union Française des Clubs Soroptmimist international, elle date de janvier 1930 alors que la Fédération européenne vit le jour deux ans plus tôt en 1928.

En Guyane, c'est Raymonde Henriot qui fonda le 1er Club Soroptimist International de Cayenne le 6 novembre 1976. Puis quatre autres clubs suivirent : Kourou le 9 novembre 1991, Arouman de Guyane le 29 mai 2009, et Saint-Laurent-du-Maroni le 13 septembre 2013.

Pour reprendre les termes de l'encart paru début novembre 2016 dans le quotidien France-Guyane sur l'historique du mouvement, le Soroptimist International est une voix universelle pour les femmes, une voix pour une éducation durable. Il s'engage pour : la promotion du statut de la femme, le maintien d'un haut niveau de moralité, l'égalité, le développement et la paix, le principe des droits de l'homme pour tous.

Mouvement interprofessionnel, non politique et non confessionnel, le Soroptimist International est à l'origine de nombreuses actions caritatives et éducatives à travers la planète, et notamment en Guyane via ses quatre clubs.

 

"L'orpailleur", une oeuvre d'art en bronze poli, à l'aéroport international Félix Éboué (Guyane)

Sources :

Historique du Club Soroptimist de Cayenne paru début novembre 2016 dans le quotidien France-Guyane.

Bulletins officiels de la Guyane Française.

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Rédigé et publié par Phil - dans Vie en Guyane
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