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Météo en Guyane

25 novembre 2016 5 25 /11 /novembre /2016 09:02

Le nom de Félix Coüy est surtout connu de celles et ceux qui s'intéressent à la découverte de l'or en Guyane, car il a en effet été, avec l'amérindien d'origine brésilienne Paolino (ou Paoline), l'un des découvreurs de ce précieux métal au bord de la crique Arataye dans le quartier d'Approuague en juillet 1855.

Il faut simplement retenir que Si l'amérindien Joseph Paoline est celui qui a découvert quelques grammes d'or au bord de la rivière Arataye, Félix Coüy, le commissaire-commandant du quartier d'Approuague a, quant à lui, adressé un rapport au directeur de l'intérieur du "gouvernement" de la Guyane sur cette découverte en y joignant quelques échantillons. Quelques temps plus tard, il se verra confier, par décision du 1er août 1855, une mission d'exploration des terrains situés sur le bord de la crique Arataye, l'un des affluents du fleuve Approuague, avec pour objectif de relever avec exactitude l'emplacement des terrains aurifères.

Un commissaire-commandant avait à cette époque des missions plus ou moins identiques à un maire d'aujourd'hui, sauf qu'il n'était pas élu, mais nommé par le gouverneur. Il était assisté d'un Lieutenant-commissaire et parfois, sur demande du commissaire-commandant et en cas de besoin, d'un second lieutenant. Seule la ville de Cayenne avait un maire et des adjoints, mais eux-aussi désignés par le gouverneur.

De même, un quartier était un peu comme une commune actuelle mais sans autonomie de décision et de budget car complètement dépendant des services rattachés au gouverneur. Il faudra attendre l'application du décret du 15 octobre 1879 qui organisait en Guyane les municipalités, élues au suffrage universel, pour que les quartiers deviennent de véritables communes.

Gros plan sur Félix Coüy, commissaire-commandant du quartier d'Approuague en Guyane, au milieu du XIXe siècle

Félix Coüy est né à Nantes dans ce qui était à l'époque la Loire-Inférieure le 24 pluviôse an VII (12 février 1799), fils de Pierre Aimé Coüy, né le 20 avril 1767 à Nantes, Commis principal de la marine, et de Françoise Chamaillard (1766-1813). Félix avait un frère Alexandre Coüy qui restera durant treize ans maire de la ville de Cayenne entre 1867 et 1880.

Félix Coüy épousera Louise Jeannette Rouxel, née en 1801 à Cayenne, le 16 janvier 1826. Lors de son mariage à Cayenne, l'intéressé a déclaré exercer le métier de  Capitaine au long cours et de négociant. Il habitait alors rue Chaussée Sartines. Le couple aura un enfant, Elisabeth Caroline née le 15 décembre 1829 à Cayenne.

Louise Jeannette Rouxel, épouse de Félix Coüy, fille de Sophie Philippine Elisabeth Rouxel, décèdera le 2 septembre 1847 au domicile de son beau-père Jean-Joseph Pain, rue de Choiseul (actuelle avenue du Général de Gaulle) à Cayenne.

Elisabeth Caroline Coüy se mariera le 14 janvier 1848 à Cayenne avec Alexis Aimé Joseph Cerisier, né le 29 avril 1821 à Brest, chirurgien de la marine. Celui-ci sera nommé Chevalier de la légion d'honneur par décret du 30 octobre 1852. Ils auront deux enfants :

- Charles Aimé Marie Cerisier, né le 22 mars 1849 à Cayenne, marié à Emilie Françoise Neveu, sous-commissaire à la marine, fera une belle carrière dans l'administration coloniale où il terminera avec le grade de directeur de l'intérieur au Congo français, et recevra de nombreuses distinctions : chevalier de la légion d'honneur par décret du 20 juillet 1892, officier d'académie, commandeur de l'étoile noire du Bénin, médaille de 1ere classe en or à l'occasion de l'incendie de Cayenne en 1888, officier de l'ordre royal du Cambodge. Mis à la retraite en octobre 1892 pour cause d'infirmité contractée en service, il décèdera le 10 octobre 1906 à l'âge de 57 ans à sa maison de Saint-Maurice (Val de Marne). Son corps sera ramené à son domicile au 15 rue Molitor à Paris 16e et sera inhumé au cimetière de Billancourt.

- et Louise Léontine Alexandrine Cerisier, née le 25 janvier 1857 qui décèdera un an plus tard, soit le 27 janvier 1858.

Elisabeth Caroline Coüy épouse Cerisier décèdera le 20 avril 1857 à l'âge de 27 ans, à son domicile, au numéro 40 de la rue de Choiseul à Cayenne.

Gravure extraite de l'ouvrage "La Guyane Française, Notes et souvenirs d'un voyage exécuté en 1862-1863 par Frédéric Bouyer, Capitaine de Vaisseau".

Gravure extraite de l'ouvrage "La Guyane Française, Notes et souvenirs d'un voyage exécuté en 1862-1863 par Frédéric Bouyer, Capitaine de Vaisseau".

Félix Coüy sera nommé lieutenant-commissaire-commandant du quartier de l'Approuague le 22 avril 1833. Il restera commissaire-commandant quasiment sans interruption jusqu'au 7 juillet 1860, date de sa révocation par le gouverneur. Parallèlement, Félix Coüy sera membre du Conseil Colonial de la Guyane dont il assurera la vice-présidence à partir de 1835. Dans le quartier d'Approuague, il était le propriétaire de l'habitation esclavagiste La Ressource. 135 esclaves seront recensés dans cette habitation lors de l'abolition de l'esclavage de 1848.

Alors qu'il est commissaire-commandant dans le quartier d'Approuague, il est nommé Chevalier de la Légion d'honneur par ordonnance du roi du 16 octobre 1842. On trouve deux traces de ses écrits : Un Rapport fait par Félix Coüy, membre du Conseil colonial, sur son voyage au Surinam, Démerary et aux Antilles françaises, du 10 juillet 1844, et une Notice sur la Guyane par Félix Coüy, habitation La Ressource, rivière d'Approuague, le 3 mai 1849.

Bien que le décès de Félix Coüy fut officiellement enregistré à l'Etat-civil du quartier d'Approuague le 29 octobre 1863, il fut en réalité assassiné le 15 octobre de cette même année alors qu'il se rendait sur son placer "Impératrice Eugénie", au bord de la rivière Arataye, par un petit groupe de cinq personnes qui avaient monté un véritable guet-apens. L'auteur et ses complices furent identifiés, interpellés et jugés par la Cour d'assises de Cayenne en novembre 1866 :

- L'auteur du crime qui donna les coups de couteau, le brésilien Païva, 49 ans, sera condamné à la peine de mort,

- L'instigateur, Pierre Honoré Antoine Béranger, né à Bouyon dans les Alpes-Maritimes, 49 ans, chercheur d'or, sera condamné aux travaux forcés à perpétuité,

- Trois amérindiens émerillons du quartier d'Approuague : Séguine (30 ans), Massouaye (30 ans) et Charles (19 ans) seront respectivement condamnés pour les deux premiers à 20 ans de travaux forcés, et le plus jeune à 5 ans.  

Ni Félix Coüy, ni Joseph Paoline ne profitèrent de leur découverte qui entraîna en Guyane une véritable ruée vers l'or. En effet, Joseph Paoline mourut quelques années plus tard le 19 décembre 1871, sans ressources, à l'hôpital militaire de Cayenne à l'âge d'environ 60 ans.

 

Gros plan sur Félix Coüy, commissaire-commandant du quartier d'Approuague en Guyane, au milieu du XIXe siècle

Sources :

Bulletins officiels de la Guyane Française.

Archives Nationales d'Outre-Mer (ANOM).

Geneanet (Coüy Félix).

Décret colonial concernant l'organisation municipale à la Guyane française du 30 juin 1835.

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Rédigé et publié par Phil - dans Personnages de Guyane
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