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Météo en Guyane

1 septembre 2016 4 01 /09 /septembre /2016 12:08

 

Issu d'une vieille famille créole installée en Guyane dès le XVIII° siècle, Jean Marie Louis Hippolyte de Saint- Quentin est né le 5 juin 1814 à Paris, fils de Narcisse Isidore Edouard de Saint-Quentin né à Abbeville le 23 décembre 1775 dans la Somme et décédé le 29 septembre 1838 à Cayenne à son domicile rue Dauphine (sous-commissaire à la marine à Cayenne / lieutenant-colonel des milices / juge de paix), et de Louise Elisabeth Victoire d'Audiffredy, née le 15 janvier 1780 à Cayenne et décédée le 15 janvier 1864 à Cayenne.

Ses parents avaient été amenés à s'installer en France à la suite de l'occupation portugaise de la Guyane en 1809, ce qui explique sa naissance à Paris en 1814.

Hippolyte de Saint-Quentin s'est marié le 6 octobre 1847 à Marigot sur l'Île de Saint-Martin (Antilles françaises) avec Caroline Dormoy, née le 23 avril 1810 à Marigot (Saint-Martin) et décédée le 25 mai 1871 à Cayenne. Elle était la fille de Pierre Charles Dormoy, né le 12 juillet 1748 à Paris et décédé le 12 mai 1817 sur l'habitation Lotterie, située au quartier du Colombier (Saint-Martin) et de Louise Bertier.

Son portrait ci-dessus (peinture à l'huile) est l'œuvre de Paul Merwart, peintre de la marine et des colonies, vers 1902, c'est-à-dire quelques mois avant le décès d'Hyppolite de Saint-Quentin. Ce tableau est la propriété du Musée Franconie à Cayenne.

Caroline Dormoy avait été mariée en premières noces avec Louis Joseph Maurras, commerçant, né le 19 mai 1810 à Marseilles et décédé le 19 mai 1838 au bourg de Marigot (Saint-Martin). Un enfant, François Charles Maurras, était né de cette union.

Avec son épouse Caroline Dormoy, Hippolyte de Saint-Quentin eut six enfants :

  • Jeanne Hippolyte de Saint-Quentin, née le 26 août 1840 à Marigot, mariée le 8 février 1866 à Cayenne avec Charles Philippe Lestrade (1829-1889), officier d'infanterie de marine.
  • Émile Édouard de Saint-Quentin né le 16 novembre 1841 à Marigot, décédé le 30 septembre 1896 à La Trinité (Martinique), marié avec Nelly Caroline Calixte Durant Saint-Amand, née le 6 mai 1859 à Brest (Finistère), décédée le 15 juin 1898 à Cayenne. Emile Edouard a été receveur de l'enregistrement à Basse-Terre (Guadeloupe), à Gorée et à Cayenne ; il était aussi agent de la Cie transatlantique à Cayenne.
  • Robert Gabriel de Saint-Quentin, né à Marigot le 21 avril 1845, décédé le 20 juin 1876 à Toulon (Var), sous-commissaire de la marine en Cochinchine.
  • Félix Emmanuel de Saint-Quentin,né le 17 juillet 1847 à Marigot (Saint-Martin), marié le 17 février 1873 à Cayenne avec Marie Félicité Quintrie-Lamothe (1852-1897). Il était commissaire de la marine à Cayenne. Il est décédé en mer en 1874.
  • Hippolyte de Saint-Quentin, né en 1850,
  • Adèle Marie Émilie de Saint-Quentin, née le 10 juillet 1851 à Cayenne, mariée le 21 juillet 1869 à Cayenne avec Paul Eucher Auguste Quintrie-Lamothe, né le 9 mars 1844 à Saint-Anne (Guadeloupe), caissier à la Banque de Guyane.

Hippolyte de Saint-Quentin avait cinq frères qui étaient également établis en Guyane. Avec sa nombreuse descendance et celle de ses frères, il était devenu à la fin de sa vie le véritable patriarche de la famille.

Il s'éteignit le 2 juin 1902 à Cayenne à l'âge de 88 ans à son domicile du n° 3 de la rue Maissin entouré des siens. Ses obsèques eurent lieu le lendemain à Cayenne, le mardi 3 juin à 7 heures du matin, en présence d'une foule nombreuse et d'une importante délégation officielle composée de magistrats, de fonctionnaires, d'officiers et de nombreux agents des diverses administrations.

Les cordons du poêle étaient tenus par Henri Ursleur, député de la Guyane, Henry Richard, maire de Cayenne, Théodule Le Blond, consul des Pays-Bas, Henri Marchand, chef de l'imprimerie, Edouard Antier, administrateur de la Banque, et Alfred Cor, chef du service des douanes. Le gouvernement de la Guyane était représenté par Emile Merwart, secrétaire général de la colonie et président du comité de patronage du musée local.

PS : Autrefois, "tenir les cordons du poêle" , c'était tenir les cordons reliés au drap funéraire qui recouvrait le cercueil.

Cayenne, le Gouvernement (Hôtel du gouverneur qui abrite aujourd'hui les services rattachés au Préfet de la Guyane).

Cayenne, le Gouvernement (Hôtel du gouverneur qui abrite aujourd'hui les services rattachés au Préfet de la Guyane).

Ayant obtenu son baccalauréat en avril 1831, avec de grandes connaissances en latin et en grec, il revint en Guyane pour se préparer à une carrière dans l'administration de l'Etat. Nommé surnuméraire au service de l'Enregistrement en 1836 (surnuméraire : a dû attendre une place vacante pour être titularisé), Il fut appelé à servir durant plusieurs années en Guadeloupe et notamment sur l'Île de Saint-Martin.

N'aspirant qu'à revenir en Guyane, il n'obtint satisfaction qu'en 1848 pour ne plus jamais quitter Cayenne. Durant les vingt années qui suivirent, il prit une part active à l'administration de la colonie, devenant pour les gouverneurs qui s'y succédèrent un conseiller précieux et écouté. Etant revenu à Cayenne comme receveur au bureau des enregistrements, il gravit progressivement les échelons de son grade pour prendre la direction du 1er bureau de l'enregistrement (bilan de la propriété immobilière du pays).

C'est au titre de conservateur des hypothèques, et en remerciement de ses services, qu'il fut nommé Chevalier de la légion d'honneur par décret impérial du 11 août 1869. Alors qu'il pouvait prétendre à prendre sa retraite à cette date, Hippolyte de Saint-Quentin ne s'y résolut qu'au 1er juillet 1883. Mais s'estimant être encore disponible pour sa Guyane, il poursuivit ses activités pendant presque encore vingt ans notamment à la bibliothèque Franconie.

Cette bibliothèque, provenant à l'origine de la collection privée des livres de feu M. Alexandre Franconie, fut donnée à la colonie par son fils Gustave, alors député de la Guyane. Amené avec d'autres notables à organiser cet établissement entre 1883 et 1889, il en devint le bibliothécaire officiel en 1889 et ce, jusqu'à sa mort, succédant à M. Jeanneney, professeur au collège de Cayenne.

Doté d'une grande érudition étendue par d'innombrables lectures, il ne pouvait y avoir de meilleur choix qu'Hippolyte de Saint-Quentin comme responsable de cette bibliothèque installée dans l'immeuble Franconie. Pour en savoir davantage sur l'histoire de la famille Franconie, cliquez "ICI".

 

L'immeuble Franconie est situé sur la droite de la carte postale (Le Musée local était installé au rez-de-chaussée du Secrétariat général, il l'est encore aujourd'hui).

L'immeuble Franconie est situé sur la droite de la carte postale (Le Musée local était installé au rez-de-chaussée du Secrétariat général, il l'est encore aujourd'hui).

Outre l'intérêt qu'il portait à l'étude et à la grammaire du parler créole, Hippolyte de Saint-Quentin était aussi un artiste car il avait le goût du dessin et de la peinture. Il avait ainsi dessiné au crayon "sur nature" dans la geôle de Cayenne fin 1861 le portrait du fameux bandit D'Chimbo dit le Rongou qui fut exécuté sur la place publique du marché le 14 janvier 1862 à six heures et demie du matin. Il offrira plus tard ce portrait au musée local dont le premier conservateur sera M. Eugène Bassières (devenu aujourd'hui Musée départemental Alexandre Franconie) qui était alors en cours de réalisation.

Mais le vénérable doyen, comme il était parfois nommé, s'était aussi intéressé à la science héraldique (blasons et armoiries), à cette époque encore peu répandue. C'est grâce à ses compétences dans ce domaine qu'il put utilement conseiller le peintre des colonies Paul Merwart, chargé par son frère Emile, alors gouverneur par intérim de la Guyane, à dessiner le blason de Cayenne qui fut officiellement présenté le 25 septembre 1901 lors de la première réunion du comité de patronage du Musée local. Le blason de Cayenne que l'on peut voir en haut à gauche de ce paragraphe dans sa version originale est visible au Musée Franconie.

Dans le cadre du comité de patronage du musée local, Hippolyte de Saint-Quentin présidera une commission chargée de dresser une liste des noms à commémorer à Cayenne, liste devant aller du XV° au XIX° siècle.

Gros plan sur Hippolyte de Saint Quentin, conservateur des hypothèques à Cayenne durant la seconde moitié du XIX° siècle.

Sources :

Geneanet (Famille de Saint-Quentin).

ANOM (Etat-civil).

Musée Franconie de Cayenne (Portrait d'H.de Saint-Quentin).

Nécrologie d'H. de Saint-Quentin (jogf).

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Rédigé et publié par Phil - dans Personnages de Guyane
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