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Météo en Guyane

17 mars 2015 2 17 /03 /mars /2015 11:55

Eugène Mélinon, comme il se faisait appeler, aura passé la majeure partie de sa vie en Guyane française où il aura exercé différentes fonctions dans l'administration. En effet, il aura été successivement jardinier-botaniste, commissaire-commandant, commandant de pénitencier pour finir Commandant supérieur de la colonie pénitentiaire du Maroni.

Il est surtout à l'origine, comme nous allons le voir, de la création de la ville de Saint Laurent du Maroni qui fut une commune pénitentiaire dont les habitants étaient bagnards ou gardiens ou bien fonctionnaires de l'administration pénitentiaire. Surnommé un peu plus tard "le Petit Paris", la commune qui ne vivait que par et pour le bagne était aussi le siège de l'administration pénitentiaire de la Guyane.

La commune de Saint Laurent du Maroni, en tant que telle, ne fut créée que le 9 novembre 1949. Un maire fut pour la première fois élu au suffrage universel alors qu'il était auparavant nommé par le gouverneur de la Guyane. Ce fut longtemps le directeur de l'administration pénitentiaire ou un fonctionnaire de haut rang de cette administration qui assumait cette fonction.

Eugène Mélinon joua un rôle majeur, comme nous allons le voir, dans le développement de cette commune durant la seconde moitié du XIX siècle, commune qui deviendra la deuxième ville la plus importante de Guyane avec plus de 40.000 habitants aujourd'hui.

Une rue de Saint Laurent du Maroni fut même baptisée du nom de Mélinon. Celle-ci a aujourd'hui été renommée rue Félix Eboué. Une chaloupe à vapeur de l'administration pénitentiaire fut aussi appelée "Mélinon" ...

Gros plan sur Mélinon Nicolas Joseph dit Eugène, Commandant supérieur du Maroni durant la seconde moitié du XIXe siècle

Vie privée :

Nicolas Joseph dit Eugène Mélinon est né le 7 mars 1818 à Aubréville (Département de la Meuse), fils de Nicolas, âgé de 31 ans, maçon et de Marie Marguerite Gaillard, sans profession, demeurant tous deux dans la commune d'Aubréville.

Il s'est marié le 28 septembre 1847 à Cayenne avec Marie Françoise Rousse, née le 1er octobre 1826 à Vicdessos (Département de l'Ariège), fille de François Rousse et de Marthe Claustre. Lors de son mariage, les parents de Nicolas Joseph alias Eugène Mélinon demeuraient à La Glacière sur la commune de Gentilly, près de Paris (Actuelle rue de la Glacière dans le 13e arrondissement de Paris).

Le couple Mélinon aura plusieurs enfants dont au moins trois sont nés à Mana : Emile Nicolas François né le 25 juin 1848, Hyacinthe Marie Victoire née le 30 décembre 1849 (mariée le 5 octobre 1872 à Saint Laurent du Maroni avec Charles Jean-Baptiste Jules Roux) et Eugène Ernest Saint Martin né le 11 novembre 1853 (fut officier d'infanterie de marine / Sous-lieutenant le 26 février 1880).

Sa carrière professionnelle en Guyane l'amènera d'abord à habiter Cayenne, puis Mana et enfin, la commune du Maroni qui deviendra Saint Laurent.

Veuf, il est décédé à son domicile au n° 20 de la rue Hoche à Cannes dans le département des Alpes-Maritimes le 3 octobre 1904 à l'âge de 86 ans.

Gros plan sur Mélinon Nicolas Joseph dit Eugène, Commandant supérieur du Maroni durant la seconde moitié du XIXe siècle

Activités professionnelles d'Eugène Mélinon :

Arrivé en Guyane en 1839 venant des bords de Seine, il sera officiellement nommé jardinier-botaniste du Gouvernement par décision du gouverneur de la Guyane du 3 février 1841. Cette décision précisait que M. Mélinon était chargé à compter du 6 février du service au jardin de naturalisation de Baduel et de celui de Cayenne en qualité de jardinier botaniste. Il devenait en même temps régisseur de l'habitation de Baduel. Il sera nommé officiellement jardinier botaniste le 16 juin 1841 en remplacement du titulaire M. Cosnard, décédé.

En février 1842, il devient botaniste agriculteur toujours au jardin de naturalisation de Baduel et y restera jusqu'à sa nomination comme Commissaire-commandant au quartier de Mana sur décision du gouverneur datée du 25 décembre 1846 avec prise de fonction au 1er janvier 1847.

Toujours sur une décision du gouverneur Pariset, également datée du 25 décembre 1846, la première mission du nouveau Commissaire-commandant Mélinon en arrivant à Mana fut de récupérer une partie des terres qui avaient été concédées sur arrêté ministériel du 28 septembre 1835 à l'Etablissement de Mana tenu par la Congrégation des Sœurs de Saint Joseph de Cluny. M. Mélinon avait été désigné par le gouverneur pour être l'assistant de M. Chavane, chef de bataillon commandant le détachement du 3ième régiment d'infanterie de marine en Guyane, pour accomplir cette délicate mission.

Mélinon Eugène devait aussi récupérer officiellement tous les registres d'Etat-civil et autres documents ainsi que les archives de l'Etablissement. Tous ces documents devaient lui être remis par la Supérieure des soeurs de Saint Joseph de Cluny ainsi que par Louis Javouhey, cousin germain de la Révérente Mère Anne-Marie Javouhey (celle-ci avait quitté la Guyane à l'été 1843), et qui exercait à Mana la fonction d'officier d'Etat-civil et de police judiciaire.

La Congrégation des Soeurs de Saint Joseph de Cluny  conservait cependant les terres qui lui avaient été précédemment affectées par des arrêtés locaux des 13 décembre 1828 et 2 mars 1831. Ces terres représentaient environ 15 hectares sur la rive gauche du fleuve Mana et étaient attenantes au bourg.

Le Commissiare-commandant Mélinon assurera officiellement son service au quartier de Mana jusqu'au 22 février 1855. A compter du 24 février 1855, Mélinon Nicolas Joseph dit Eugène est nommé Agent général de culture et de colonisation. Il sera notamment chargé de mettre en place une ferme modèle à Baduel près de Cayenne.
 

 

Gros plan sur Mélinon Nicolas Joseph dit Eugène, Commandant supérieur du Maroni durant la seconde moitié du XIXe siècle

Ses activités au sein de l'Administration Pénitentiaire au Maroni :

Un arrêté du 22 août 1857 signé du gouverneur Baudin, contre-amiral, charge M. Mélinon, Agent général des cultures et de colonisation, de réaliser un essai de colonisation pénitentiaire sur la rive droite du fleuve Maroni à hauteur de la Pointe Bonaparte.

Sur le nouvel établissement créé, M. Mélinon assurait les fonctions de commandant de pénitencier tout en restant titulaire de son emploi d'Agent général de culture et de colonisation. Un supplément de salaire et une indemnité pour frais de bureau lui seront alloués durant cette mission.

Deux ans plus tard, et afin de remercier M. Mélinon pour le développement considérable qu'avait pris la colonie agricole pénitentiaire du Maroni, et voulant lui donner un témoignage de sa haute satisfaction pour le zèle et l'aptitude supérieure dont il avait fait preuve dans la création et l'organisation de cet établissement, le gouverneur Baudin le nommera commandant supérieur de la colonie agricole du Maroni et des établissements secondaires qui en dépendaient, avec effet au 1er mai 1859.

M. Mélinon poursuivra ses activités de Commandant supérieur du Maroni jusqu'en janvier 1881 où il sera officiellement mis à la retraite par décision ministérielle du 4 novembre 1880. Il est à noter qu'il avait été nommé Président de la commission municipale le 1er septembre 1880 par le gouverneur, chargé d'administrer la commune du Maroni avec le titre de Maire.

Gros plan sur Mélinon Nicolas Joseph dit Eugène, Commandant supérieur du Maroni durant la seconde moitié du XIXe siècle

Outre ses activités officielles dans l'administration pénitentiaire, Eugène Mélinon n'oubliera jamais son premier métier de botaniste et adressera à différents organismes de recherche depuis la Guyane ou lors de ses congés en métropole un grand nombre d'espèces de plantes qu'il aura récoltées.

Ainsi, au tout début de sa carrière, un petit article paru dans "L'Echo du Monde Savant" du samedi 18 juillet 1840 parle de lui en ces termes : " Un jeune voyageur, Eugène Mélinon, qui est parti de Cayenne le 1er janvier 1840, a fait parvenir au Museum deux caisses pleines de plantes. On y remarque surtout des orchidées, des aroïdées et quelques individus de la famille des palmiers. Espérons que ce voyageur plein de zèle n'en restera pas là."

En juillet 1842, E. Mélinon ramènera au Museum un Cabiaï vivant mais celui-ci mourra en février 1843. En décembre 1875, il figure toujours comme Correspondant du Museum national d'histoire naturelle, donateur de collections.

Nicolas Joseph dit Eugène Mélinon avait été nommé Chevalier de la Légion d'honneur le 23 août 1858, et plus tard, par décret du 11 juillet 1880, Officier de ce même ordre.

Gros plan sur Mélinon Nicolas Joseph dit Eugène, Commandant supérieur du Maroni durant la seconde moitié du XIXe siècle

Sources :

Bulletins officiels de la Guyane française (Manioc.org)

Ministère de la culture (B. L)

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Rédigé et publié par Phil - dans Personnages de Guyane
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