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Météo en Guyane

22 janvier 2015 4 22 /01 /janvier /2015 17:40

Les palmiers font partie de la famille des Arecacées et compte plus de 2500 espèces dans le monde principalement dans les régions intertropicales. On trouve 459 espèces en Amérique du sud dont au moins 70 en Guyane.

Ils sont parmi les plus anciennes espèces de plantes, car ils existaient déjà semble-t-il à l'ére du Crétacé (au moins 80 millions d'années). Le palmier n'est en effet pas un arbre mais une herbe géante, plante monocotylédone au tronc régulier et fibreux. Le tronc qui est en fait une tige est appelé stipe. Il n'a pas non plus de branches mais des feuilles. L'awara, comme beaucoup d'espèces de palmiers en Guyane, est une espèce indigène qui semble avoir été introduite par les amérindiens.

Beaucoup de palmiers sont armés d'épines sur le stipe, comme c'est le cas pour l'awara. L'inflorescence ou la disposition des fleurs sur la tige se situe à la base de la palme. Le palmier awara est dit monoïque, c'est à dire qu'ils portent à la fois des fleurs mâles et femelles.

Les fruits des palmiers contiennent peu de graines, voire deux ou trois. Par contre, ils sont suffisamment charnus pour extraire du jus ou de la pâte à partir de la pulpe. C'est en particulier le cas pour l'awara.

En Guyane, il y a d'autres palmiers qui produisent des fruits comme les maripa, pinot, comou, patawa, counana, wassaï ... pour ne citer que les plus connus. Certains sont notamment utilisés pour fabriquer des jus ou sorbets dont le goût est excellent.

Le nom scientifique de l'awara est Astrocaryum vulgare (Von Martius, 1824). En créole, il est appelé awara ou wara. Les amérindiens Kali'na le nomment aussi "awala", tandis que les portugais l'appellent "tucuma-do-para".

Le Palmier awara (Astrocaryum vulgare)

Astrocaryum vulgare peut dépasser les 10 mètres de hauteur pour un diamètre d'environ 15 cm. Sa couronne est formée de 8 à 16 feuilles, chacune d'une longueur variant entre 4 à 6 m. Son tronc (tige ou stipe) est formé d'entre-noeuds de 20 à 40 cm qui sont armés d'épines noires, inégales, pouvant atteindre entre 10 et 25 cm.

Comme on peut le voir sur la carte à gauche de ce texte, l'awara se rencontre essentiellement sur la bande côtière où il est très commun, en forêts basses, sur des sols sableux, dans des bosquets ou en lisière de savanes. C'est l'une des rares espèces à pousser en touffes.

Outre la Guyane, Astrocaryum vulgare se rencontre en Amazonie brésilienne orientale et au Suriname.

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Le fruit de l'awara est de forme ellipsoïdale mesurant environ 4 à 5 cm de long pour un diamètre de 3 à 4 cm maximum et un poids de 20 g . Il est lisse et de couleur jaune-orangé à orange rouge. Il est notamment recommandé pour sa haute dose en vitamine A, mais il contient aussi de la vitamine C et sa pulpe a des propriétés anti-oxydantes.

Avec l'amande blanche contenue dans le fruit, on prépare une huile localement nommée huile "tcho tcho" qui est utilisée par les créoles dans la pharmacopée traditionnelle. Cette huile possède des vertus anti-inflammatoires. Elle est utilisée pour soigner les furoncles mais aussi, imbibée sur un coton pour soigner les maux de dent. Frictionnée sur le corps de personnes fiévreuses, elle favorise la transpiration.

En Amérique du Sud mais aussi en Guyane, le palmier awara est utilisée dans l'artisanat : les graines pour créer des bagues, boucles d'oreilles, bracelets ; les feuilles et les fibres dans la confection de paniers, de sets de table, de chapeaux ...

Le Palmier awara (Astrocaryum vulgare)

Enfin, et surtout si j'ose dire, les fruits de ce palmier sont utilisés dans le plat traditionnel guyanais : le bouillon d'awara. Il est mangé le dimanche de Pâques en famille ou/et avec des amis. Il est préférable d'être plusieurs pour le préparer car ce n'est pas le plat le plus simple.

Constitué d'un grand nombre d'ingrédients liés par la pâte du fruit d'awara délayée dans de l'eau chaude, il faut de nombreuses heures de préparation. Mais le résultat obtenu est unique et le goût fabuleux !

Du reste, on dit que celui qui a goûté ce plat, reviendra un jour en Guyane ...

Le Palmier awara (Astrocaryum vulgare)

Sources :

Présentation powerpoint des palmiers de Guyane par Jean-Jacques de Granville (IRD Guyane).

Pharmacopées traditionnelles en Guyane (IRD).

Guide des Palmiers de Guyane par Jean-Jacques Granville et Marc Gayot, édité par l'Office National des Forêts (ONF).

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Rédigé et publié par Phil - dans Flore de Guyane
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