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  • : Marie-Odile et Philippe
  • : Ce blog a pour ambition de décrire nos balades à travers la Planète, nos vacances snorkeling, mais aussi et surtout, la vie en Guyane (petites histoires, monuments, faune et flore) ...
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Météo en Guyane

19 mai 2014 1 19 /05 /mai /2014 08:09

Au large de Kourou, à exactement 13 kilomètres soit un peu plus de 7 milles marins, trois îles presque paradisiaques vous attendent ... Mais ce ne fut pas toujours le cas. Il n'est pas simple de narrer en quelques lignes l'histoire de ces trois îles : île Royale, île Saint Joseph et île du Diable.

D'abord appelées îles du Triangle par les premiers navigateurs européens, puis îles au Diable en raison des courants marins très forts qui rendirent leur accès périlleux, elles doivent leur nom actuel à deux épisodes tragiques de la colonisation de la Guyane : l'expédition de Kourou en 1763 et l'instauration du Bagne sous la IIIème République.

Le Centre National d'Etudes Spatiales (CNES) est devenu propriétaires des îles du Salut en 1971 car celles-ci sont situées sous la trajectoire des lanceurs pour les lancements vers l'Est, ce qui constitue la grande majorité des lancements depuis le Centre Spatial Guyanais.

Les îles du Salut sont donc évacuées à chaque lancement vers l'Est dans le cadre de l'accomplissement de l'une des missions du CNES qui est d'assurer la sauvegarde des personnes et des biens.

Être propriétaire de ces îles implique aussi pour le CNES la nécessité de les entretenir. C'est ce que fait le CNES/CSG depuis qu'il est devenu propriétaire, et cela en accord avec d'autres organismes comme la DRAC (Direction Régionale des Affaires Culturelles), les Monuments Historiques et le Conservatoire du Littoral. Tout cela a bien sûr comme objectif principal de conserver et de valoriser ce patrimoine historique et culturel.

Administrativement, et bien que cela puisse surprendre, les îles du Salut son rattachées à la ville de Cayenne.

Les Îles du Salut en Guyane française

La tragique expédition de Kourou de 1763-1764 se solda par une hécatombe, environ 12 000 morts en un an, en raison des épidémies de fièvre jaune dues à l'insalubrité du climat guyanais, au manque de nourriture et d'eau potable. Des installations précaires et le manque d'organisation avaient décimé la plus grande partie des colons d'origine française, convoyés en Guyane pour peupler le territoire.

Les survivants trouvèrent refuge sur ces îles au climat plus favorable et dépourvues de moustiques, et les rebaptisèrent alors « îles du Salut ». Après les premiers colons, c'est aux esclaves noirs que fut confiée la lourde tâche de défricher ces territoires. Les rescapés ont été autorisés à rejoindre ceux du continent, pour fonder les premières communautés le long du fleuve Maroni.

Sur les 16.000 colons envoyés en Guyane, seulement 6000 survivent en 1765 et furent pour la plupart rapatriés en France. L'expédition de Kourou fut un échec retentissant.

Les Îles du Salut en Guyane française

A partir de 1792, la Guyane est terre de déportation politique sous tous les régimes, jusque sous le Second Empire. En même temps que s'effectuent les déportations, l'idée de transportation commence à germer. Il s'agit de transporter vers la Guyane les forçats des bagnes de Toulon, Brest et Rochefort.

En effet, avec l'abolition de l'esclavage en 1848 et l'opposition politique grandissante aux bagnes sur le territoire métropolitain, l'idée de substituer des bagnards aux esclaves se fait jour. Entre 1852 et fin 1856, 8000 condamnés sont envoyés en Guyane. En 1857, Napoléon III reçoit des rapports inquiétants sur la salubrité du bagne guyanais. En 1863, un deuxième lieu de transportation est créé en Nouvelle Calédonie.

Les îles du Salut sont réservées aux célébrités des Assises, aux déportés politiques, aux espions ainsi qu'aux fortes têtes. On ne s'évade pas des îles ...

L'île Royale accueillait l'administration ainsi que l'hôpital, l'île Saint-Joseph servait pour les « fortes têtes » et l'île du Diable pour les espions et les détenus politiques.

La pression des journalistes comme Albert Londres, les rapports alarmants des directeurs successifs de l'Administration pénitentiaire, le gouffre financier que ce bagne entraîne, aboutissent à la fermeture du bagne en 1938. Transportation et déportation vers la Guyane cessent mais la relégation est maintenue jusqu'en 1946.

Les bagnards quittent la Guyane sous la direction de l'Armée du Salut, les départs s'échelonneront jusqu'en 1953.

Vous pouvez cliquer sur les cartes postales anciennes du bagne ci-dessous pour les agrandir.

Les Îles du Salut en Guyane française
Les Îles du Salut en Guyane française
Les Îles du Salut en Guyane française

Aujourd'hui, les îles du Salut sont devenues un lieu de villégiature pour y passer un jour, un week-end ou une semaine. Grâce au Centre Spatial Guyanais qui y a installé un complexe hôtelier dans les locaux du bagne et à la restauration progressive des anciennes installations, les îles sont devenues un lieu agréable pour y séjourner en famille.

Les travaux, conduits sous maîtrise d'ouvrage CNES en collaboration avec les services de la DRAC et des Bâtiments de France, ont notamment permis de restaurer la maison Dreyfus sur l'île du Diable, la maison du directeur devenue musée du bagne, le carbet Seznec, les 27 cellules du quartier des condamnés, la chapelle de l'île Royale ... et bien d'autres encore.

Le complexe immobilier est géré par la société SOTHIS, titulaire d'un bail commercial avec le CNES. La capacité hôtelière est de 54 chambres, une possibilité de dormir en hamac dans un dortoir, ou de faire du camping avec commodités.

L'embarquement pour les îles se fait quotidiennement à partir des Balourous dans le vieux Kourou, face au marché aux poissons. Il est possible de faire l'aller et retour dans la journée. Arrivé aux îles, vous pouvez choisir de passer la matinée sur l'île saint Joseph. Pour des raisons de sécurité, l'île du Diable n'est pas ouverte au public.

Les Îles du Salut en Guyane française
Les Îles du Salut en Guyane française

Actuellement trois sites sont classés au titre des Monuments Historiques :

- L'ancien hôpital, les façades et toitures, le sous-sol voûté et ses cachots et les pièces renfermant des dessins humoristiques sur l'île Royale.

- La chapelle, en totalité, y compris les décorations peintes.

- La Maison de Dreyfus sur l'île du Diable.

Ces trois sites sont fermés au public en dehors des visites guidées pour des raisons de préservation du patrimoine.

D'autres installations, sans être directement classées, ont été inscrits sur l'Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques (ISMH) dans la mesure où elles présentent un intérêt d'histoire ou d'art suffisant pour rendre désirable la préservation. C'est notamment le cas pour :

Sur l'île Royale

- le quartier des directeurs (les édifices, les abords, la terrasse, murs de soutènement ...),

- le quartier des surveillants,

- le quartier des condamnés à mort,

- l'ancien poste de police,

- le magasin du port

Sur l'ïle du Diable

- le quartier des détenus

Sur l'île Saint Joseph

- la Roche gravée de Pointe Marie-Galante

Les Îles du Salut en Guyane française
Les Îles du Salut en Guyane française

Les infrastructures touristiques se trouvent sur la plus grande des îles, l'île Royale, d'une superficie de 28 hectares et sur laquelle on peut trouver : Hôtel, restaurant, sanitaires, hébergements, musée, camping .... Il est aussi possible de se baigner dans la mer en relative sécurité à l'Anse Legoff depuis le quai ou se baigner dans la piscine des bagnards à marée haute.

L'île Saint Joseph, d'une superficie de 20 hectares, reçut dans un premier temps des "politiques" puis, est devenue à partir de 1904 l'île de la réclusion où l'on enfermait les fortes têtes. Elle fût du reste appelée "La silencieuse" ou "la damnée" ou même "la mangeuse d'homme". L'accès est aujourd'hui entièrement libre même s'il n'y a aucune infrastructure à part des vestiges du bagne. Comme sur l'île Royale, il y a un chemin qui fait le tour de l'île.

L'île du Diable, d'une superficie de 14 hectares, est d'un accès difficile en raison de l'absence d'infrastructure portuaire. Par mer agitée, il est très difficile et dangereux d'accoster. Excepté la maison de Dreyfus qui a fait l'objet d'une restauration, il n'y a que peu de vestiges du bagne. Alfred Dreyfus y fut débarqué en avril 1895 où il restera quatre années avant d'être rapatrié en France pour son nouveau procès.

Les Îles du Salut en Guyane française
Les Îles du Salut en Guyane française

D'origine volcanique, les îles du Salut, à la végétation luxuriante, sont principalement recouvertes de cocotiers. On trouve aussi des singes écureuils ou "saïmiris" principalement sur l'île Royale, des iguanes verts ainsi que de nombreux agoutis.

Comme il n'y a pas de source naturelle, l'eau est amenée régulièrement aux frais du CNES qui se charge aussi de récupérer les déchets à raison de deux bennes par mois. L'hôtelier se charge de ramasser chaque jour les déchets générés par l'auberge et les touristes.

Les îles du Salut sont l'une des destinations les plus touristiques de la Guyane et le nombre de visiteurs augmente chaque année (55.000 en 2009). Ils viennent par la vedette des îles, par transports privés, mais aussi avec les paquebots de croisière en escale ...

Si vous voulez vous voir davantage de photos des îles du Salut, vous cliquez "ICI" pour accéder à l'album sur ce blog.

Pour regarder les plans (1938) de chaque île, cliquez directement dessus afin de les agrandir Pour regarder les plans (1938) de chaque île, cliquez directement dessus afin de les agrandir Pour regarder les plans (1938) de chaque île, cliquez directement dessus afin de les agrandir

Pour regarder les plans (1938) de chaque île, cliquez directement dessus afin de les agrandir

Sources :

Îles du Salut - Wikipedia

Livret sur les Îles du Salut édité par la Délégation à la Communication du CNES et le service des Relations Extérieures et de la Communication du Centre Spatial Guyanais.

Le CNES et les Îles du Salut (Dossier de presse - Novembre 2010).

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Rédigé et publié par Phil - dans Vie en Guyane
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